{"id":957,"date":"2025-03-25T05:56:08","date_gmt":"2025-03-25T04:56:08","guid":{"rendered":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/?p=957"},"modified":"2025-06-03T08:56:44","modified_gmt":"2025-06-03T06:56:44","slug":"voquer-xvii-471b-diderot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/?p=957","title":{"rendered":"VOQUER (XVII, 471b) [Diderot]"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"957\" class=\"elementor elementor-957\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-e98a12a e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"e98a12a\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-fc821ec elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"fc821ec\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>\u00a0<\/p><p><em>** \u00e0 Marie Leca-Tsiomis **<\/em><\/p><p>Voil\u00e0, Marie, un mot de la langue des arts qui n\u2019est pas fran\u00e7ais et un mot fran\u00e7ais qui n\u2019est pas un mot de la langue de l\u2019art des potiers de terre. <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-906-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">VOQUER<\/a> et VOGUER : une vedette d\u2019adresse en ouverture et une autre sous forme de renvoi de mot en conclusion. La premi\u00e8re doit s\u2019effacer au profit de la seconde : Diderot corrige le dictionnaire de Tr\u00e9voux. Et pourtant, Marie, \u00ab voquer \u00bb s\u2019av\u00e8re bien \u00eatre et un mot fran\u00e7ais et un terme de potiers, contrairement \u00e0 \u00ab voguer \u00bb attest\u00e9 pour la marine et la chapellerie \u00a0uniquement. Diderot s\u2019est manifestement tromp\u00e9 mais l\u2019objectif de VOQUER proposant VOGUER r\u00e9sidait-il peut-\u00eatre moins dans la correction d\u2019une \u00e9ventuelle erreur que dans l\u2019occasion de ridiculiser un dictionnaire concurrent qui en prendra cependant bonne note dans sa derni\u00e8re \u00e9dition. Quoi qu\u2019il en soit, VOQUER est \u00e0 l\u2019image du domaine encyclop\u00e9dique des potiers de terre : un article qui n\u2019aboutit sur rien dans un domaine lui-m\u00eame non abouti.<\/p><h3><strong>Enjeux<\/strong><\/h3><p>VOQUER est un des nombreux articles anonymes de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> dont l\u2019attribution \u00e0 Diderot ne fait plus de doute depuis tes r\u00e9cents et beaux travaux (voir Marie Leca-Tsiomis, RDE, 55\u00a0: 2020 et 56\u00a0: 2021 \u2013 mais pour qui les rappell\u00e9-je\u00a0?). Pr\u00e9tendument mot de la langue des arts suivant le dictionnaire de Tr\u00e9voux, \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 pas m\u00eame un mot de la langue fran\u00e7aise selon l\u2019\u00e9diteur principal de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. Le reproche est fort puisque le <em>Dictionnaire universel fran\u00e7ois et latin, vulgairement appel\u00e9 dictionnaire de Tr\u00e9voux<\/em> pr\u00e9tend dans sa page de titre contenir \u00ab\u00a0<em>la signification et la d\u00e9finition tant des mots de l\u2019une &amp; de l\u2019autre langue, avec leurs diff\u00e9rens usages, que des termes propres de chaque \u00e9tat &amp; de chaque profession. [\u2026]. L\u2019explication de tout ce que renferment les sciences et les arts, soit lib\u00e9raux, soit m\u00e9chaniques, avec des remarques d\u2019\u00e9rudition et de critique\u00a0; le tout tir\u00e9 des plus excellens auteurs, des meilleurs lexicographes, \u00e9tymologistes &amp; glossaires, qui ont paru jusqu\u2019ici en diff\u00e9rentes langues<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; il a toutefois inscrit dans sa nomenclature un mot que le monde des arts ne conna\u00eet pas et que la langue fran\u00e7aise ne reconna\u00eet pas. Voici ce qu\u2019\u00e9crit Diderot dans ses trois lignes d\u2019article\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-906-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">VOQUER<\/a>, ce mot n\u2019est pas fran\u00e7ois, quoiqu\u2019il se lise dans le <span class=\"italic\">Tr\u00e9voux<\/span>\u00a0; c\u2019est\u00a0<span class=\"italic\">voguer<\/span>\u00a0que disent les Potiers de terre &amp; autres ouvriers.\u00a0<span id=\"A17-e15b2bbcd92d:84d4b8:b3e5a3\" class=\"renvoi\" data-hl=\"false\"><span id=\"A17-e15b2bbcd92d:84d4b8:890c2e\" class=\"indication_renvoi\" data-hl=\"false\"><span class=\"italic\">Voyez<\/span><\/span>\u00a0<span id=\"A17-e15b2bbcd92d:84d4b8:320197\" class=\"article_vise\" data-hl=\"false\"><span class=\"ref_enccre\" data-targetid=\"v17-803-1\"><span class=\"smallcaps\">Voguer<\/span><\/span><\/span><\/span>.<\/p><\/blockquote><p>VOQUER fonctionne formellement comme un \u00ab\u00a0article-renvoi\u00a0\u00bb, comme on en trouve par dizaines dans l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. Ce genre d\u2019articles porte tr\u00e8s rarement la signature de son auteur\u00a0; son contenu n\u2019en justifiant pas forc\u00e9ment la n\u00e9cessit\u00e9. Il s\u2019agit d\u2019articles extr\u00eamement courts qui agissent comme simples relais entre une vedette et une autre sur laquelle le lecteur ne s\u2019\u00e9tait pas spontan\u00e9ment port\u00e9 pour parvenir \u00e0 la d\u00e9finition qui l\u2019int\u00e9ressait. Les cas typiques sont ceux d\u2019un mot pointant vers son synonyme (\u00ab\u00a0BALANCEMENT, s. m. <em>Voyez<\/em> OSCILLATION\u00a0\u00bb (t. II, p. 29a)), d\u2019un mot renvoyant \u00e0 un autre de sens connexe (\u00ab\u00a0PHLOGISTIQUE, s. m. (<em>Chimie<\/em>.) c\u2019est la m\u00eame chose que le feu \u00e9l\u00e9mentaire. <em>Voyez<\/em> <em>l\u2019article<\/em> FEU\u00a0\u00bb (t. XII, p. 520b)), d\u2019un mot renvoyant au m\u00eame mot mais dans une variante orthographique (\u00ab\u00a0CHIMIE, <em>voyez<\/em> CHYMIE\u00a0\u00bb (t. III, p. 339a)), de l\u2019artisan \u00e0 son art (\u00ab\u00a0DINANDIER, s. m. <em>Voyez<\/em> DINANDERIE\u00a0\u00bb (t. IV, p. 1011b)), ou encore de l\u2019adjectif \u00e0 son substantif (\u00ab\u00a0FORTUN\u00c9, adj. <em>voyez<\/em> FORTUNE\u00a0\u00bb (t. VII, p. 207a)). Bien que juste un peu plus d\u00e9velopp\u00e9 que les autres, VOQUER exprime parfaitement l\u2019intention de cette classe d\u2019objets encyclop\u00e9dique\u00a0: tout en n\u2019omettant aucune entr\u00e9e, on conduit efficacement son lecteur au but. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, je ne t\u2019apprends rien. VOQUER est n\u00e9anmoins plus sournois aussi. On n\u2019entre pas seulement par une vedette sur laquelle rien ou presque rien n\u2019est dit pour se voir renvoyer vers une autre o\u00f9 tout sera dit ou presque\u00a0: par l\u2019inscription non n\u00e9cessaire dans la nomenclature de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> d\u2019une vedette clairement annonc\u00e9e comme inexistante dans la langue fran\u00e7aise et ainsi sans r\u00e9f\u00e9rent dans la langue des arts (Diderot aurait tout aussi bien pu s\u2019en dispenser), on entre par un dictionnaire que l\u2019on n\u2019a pas forc\u00e9ment sous la main \u2013 le Tr\u00e9voux \u2013 pour aboutir \u00e0 un autre que l\u2019on a fort heureusement entre les mains \u2013 l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. VOQUER est ainsi un article \u00e0 double renvoi\u00a0: renvoi d\u2019un article \u00e0 sa bonne vedette d\u2019adresse et renvoi d\u2019un dictionnaire universel bien connu \u00e0 ses faiblesses. Toujours est-il que si l\u2019objectif \u00e9tait de discr\u00e9diter aupr\u00e8s d\u2019un lecteur du dictionnaire raisonn\u00e9 un ouvrage concurrent, force est de constater que l\u2019article VOQUER de Diderot offrait au contraire une occasion de revenir vers ce dernier afin d\u2019obtenir une d\u00e9finition un peu compl\u00e8te du terme en question, m\u00eame si \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb devait se lire \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb. En effet, l\u2019article VOGUER vers lequel \u00e9tait renvoy\u00e9 le lecteur de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> n\u2019a manifestement aucun rapport avec le travail des potiers de terre\u00a0: VOQUER est en effet un article-renvoi sans cible (comme on en trouve parfois dans le dictionnaire de Diderot et D\u2019Alembert). Qui plus est, VOGUER est identique au VOGUER du Tr\u00e9voux (indiqu\u00e9 comme une nouvelle entr\u00e9e de sa quatri\u00e8me \u00e9dition de 1752 (t. VII, p. 899) car reprenant, comme l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, l\u2019article VOGUER du <em>Dictionnaire universel de Commerce<\/em> de Savary (\u00e9d. 1748, t. III, p.\u00a0659)). Le voici, il est sign\u00e9 de Jaucourt et appara\u00eet 55 pages avant l\u2019article VOQUER\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Voguer, (<em>terme de Chapelier<\/em>.) faire voguer l\u2019\u00e9toffe, c\u2019est faire voguer sur une claie par le moyen de la corde qui est tendue sur l\u2019instrument qu\u2019on appelle un ar\u00e7on, le poil, la laine ou autres matieres, dont on veut faire les capades d\u2019un chapeau. (D. J.)<\/p><\/blockquote><p>\u00ab\u00a0Voguer\u00a0\u00bb est, comme on le constate, un terme relevant ici strictement de l\u2019artisanat de la chapellerie.<\/p><p>Voici maintenant l\u2019article VOQUER du Tr\u00e9voux (t. VII, p. 935) que tu dois consulter pour en apprendre un peu plus sur l\u2019action de \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb, comprendre \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb selon Diderot\u00a0; mot, soit dit en passant, absent de la nomenclature du dictionnaire de Savary\u00a0:<\/p><blockquote><p>VOQUER, v. act. Terme de Potier. C\u2019est tourner la terre avec les mains, &amp; l\u2019appr\u00eater jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on n\u2019y voie plus de s\u00e2ble, &amp; qu\u2019elle soit en \u00e9tat d\u2019\u00eatre mise en \u0153uvre sur la roue. <em>Argillam praeparare, agitare, volutare, pinsere. Voquer<\/em> la terre. Cette terre est bien <em>voqu\u00e9e<\/em>.<\/p><\/blockquote><p>Si l\u2019intention \u00e9tait donc bien de nuire au Tr\u00e9voux et de souligner tout l\u2019int\u00e9r\u00eat que repr\u00e9sente d\u00e9sormais l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, force est d\u2019admettre que l\u2019effet est rat\u00e9, sauf \u00e0 se contenter de l\u2019article VOQUER et ne pas suivre le renvoi final. Dans le cas contraire, en l\u2019absence d\u2019une entr\u00e9e de type \u00ab\u00a0VOGUER (terme de potiers de terre)\u00a0\u00bb, le VOQUER de Diderot rend indispensable la consultation du VOQUER des j\u00e9suites\u00a0; ces derniers \u00e9clairant bien malgr\u00e9 eux le propos du philosophe des Lumi\u00e8res. La chose est cocasse. C\u2019est un peu l\u2019arroseur arros\u00e9. Et dans ces affaires de poterie, tant va la cruche \u00e0 l\u2019eau \u2026<\/p><h3><strong><em>Ce mot n\u2019est pas fran\u00e7ais<\/em><\/strong><\/h3><p>L\u2019article VOQUER de Diderot bien que tr\u00e8s bref est tr\u00e8s efficace. Il est constitu\u00e9 de quatre affirmations qui s\u2019encha\u00eenent pour former un chemin sans d\u00e9tour du premier mot au dernier mot, de la vedette d\u2019adresse \u00e0 la vedette de renvoi qui l\u2019annule. VOQUER commence par un d\u00e9menti sec qui sonne comme une v\u00e9rit\u00e9 de fait \u2013 \u00ab\u00a0ce mot n\u2019est pas fran\u00e7ais\u00a0\u00bb \u2013 , imm\u00e9diatement suivi d\u2019une r\u00e9ponse anticip\u00e9e \u00e0 un argument d\u2019autorit\u00e9 \u2013 \u00ab\u00a0quoiqu\u2019il se lise dans le Tr\u00e9voux\u00a0\u00bb \u2013 , puis de l\u2019annonce de la forme exacte du verbe dont il est question, sous couvert cette fois de l\u2019autorit\u00e9 des premiers int\u00e9ress\u00e9s \u2013 \u00ab\u00a0c\u2019est voguer que disent les Potiers de terre &amp; autres ouvriers\u00a0\u00bb \u2013 , pour enfin correctement guider le lecteur vers la bonne vedette d\u2019adresse et sa d\u00e9finition \u2013 \u00ab\u00a0voyez VOGUER\u00a0\u00bb. La voie \u00e0 suivre est peut-\u00eatre bonne mais la destination sera d\u00e9cevante.<\/p><p>L\u2019entame de l\u2019article fait bien de celui-ci, certes dans une modalit\u00e9 n\u00e9gative et tout \u00e0 fait particuli\u00e8re (on serait ici face \u00e0 un cas extr\u00eame), un article de \u00ab\u00a0Grammaire\u00a0\u00bb ; c\u2019est-\u00e0-dire suivant une des deux mani\u00e8res de saisir ce champ de la connaissance encyclop\u00e9dique (comme tu nous l\u2019as parfaitement fait comprendre dans ton dossier critique pour l\u2019<em>ENCCRE<\/em>, \u00ab\u00a0Les deux d\u00e9signants Grammaire\u00a0\u00bb, et plus largement dans ton ouvrage <em>\u00c9crire l\u2019Encyclop\u00e9die, Diderot, De l\u2019usage des Dictionnaires \u00e0 la grammaire philosophique<\/em>, 1999\/2008), \u00e0 savoir un article qui traite du sens d\u2019un mot de la langue commune (en l\u2019occurrence, son sens est d\u2019en n\u2019avoir aucun en fran\u00e7ais \u2013 mais encore fallait-il le dire \u2013 quoiqu\u2019il se lise dans le Tr\u00e9voux). Le fait de signaler le registre d\u2019emploi du verbe voquer ne peut \u00eatre assimilable \u00e0 une v\u00e9ritable d\u00e9finition\u00a0; VOQUER est peut-\u00eatre un article qui rel\u00e8ve de la \u00ab\u00a0langue des arts\u00a0\u00bb (expression du <em>Prospectus<\/em> de 1750 et de l\u2019article ART) mais il n\u2019en dit absolument rien.<\/p><p>Ce mot n\u2019est pas fran\u00e7ais mais tout de m\u00eame. Voquer n\u2019est pas une invention du dictionnaire de Tr\u00e9voux. Il figure dans les dictionnaires fran\u00e7ais depuis d\u00e9j\u00e0 plus de 80 ans. C\u2019est Pierre Richelet qui l\u2019introduit pour la premi\u00e8re fois, sauf erreur, dans le sien en 1680 (<em>Dictionnaire fran\u00e7ois, contenant les mots et les choses<\/em>, Gen\u00e8ve, chez Jean Herman Widerhold). On le lit d\u2019abord dans un sous-article TERRE puis dans l\u2019article VOQUER :<\/p><blockquote><p>Terre. Ce mot entre en plusieurs fa\u00e7ons de parler de potier. [Lever la terre par rouleau. Marcher la terre. Voquer la terre. Tailler la terre.] (t. I, p. 441b)<\/p><p>VOQUER, v. a. <em>Terme de Potier<\/em>. C\u2019est tourner la terre avec les mains &amp; l\u2019apr\u00eater jusques \u00e0 ce qu\u2019on n\u2019y voie plus de sable, &amp; qu\u2019elle soit en \u00e9tat d\u2019\u00eatre mise en \u0153uvre sur la ro\u00fce. [Voquer la terre. Terre bien ou mal voqu\u00e9e.] (\u00ab\u00a0Remarques sur la lettre V\u00a0\u00bb, t. I, p. 86)<\/p><\/blockquote><p>La d\u00e9finition de VOQUER est inchang\u00e9e dans son \u00e9dition de 1706 d\u2019Amsterdam (<em>Dictionnaire fran\u00e7ois, contenant g\u00e9n\u00e9ralement tous les mots tant vieux que nouveaux et plusieurs remarques sur la langue fran\u00e7oise<\/em>, Jean Elzevir, p. 890b), mais appara\u00eet \u00e0 partir de la suivante de 1709 (<em>Nouveau dictionnaire fran\u00e7ois<\/em>, Amsterdam, chez Jean Elzevir, t. I, p. 363b), et dans celles de 1710 de Gen\u00e8ve (chez de Tournes, Cramer, Perachon, Ritter, t. II, p. 541b), de 1728 de Paris (t. III, p. 865a), et encore dans celle de 1759 de Lyon (t. III, p. 889a) dans une m\u00eame forme tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement remani\u00e9e\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>VOQUER, v. a. [<em>Argillam pr\u00e6parare<\/em>.] Terme de Potier. C\u2019est tourner la terre avec les mains &amp; l\u2019apr\u00eater jusques \u00e0 ce qu&rsquo;on n\u2019y voie plus de sable, &amp; qu\u2019elle soit en \u00e9tat d\u2019\u00eatre mise en \u0153uvre sur la rou\u00eb. (Voquer la terre. Terre bien ou mal voqu\u00e9e.)<\/p><\/blockquote><p>Le <em>Dictionnaire universel<\/em> de Fureti\u00e8re de 1690 ne contient aucune entr\u00e9e VOQUER, \u00e0 la diff\u00e9rence de ses \u00e9ditions ult\u00e9rieures (Basnage de Bauval, 1701 et 1708\u00a0; Brutel de la Rivi\u00e8re, 1727) qui reprennent celle du Richelet de 1680, tout comme le <em>Dictionnaire des Sciences et des Arts<\/em> de Thomas Corneille de 1694 (t. IV, p. 594a) et encore en 1731 (t. II, p. 620a), dans une version toutefois \u00e9court\u00e9e (on y a exclu les deux exemples qui le terminaient)<\/p><p>Ainsi, quand le dictionnaire de Tr\u00e9voux appara\u00eet avec un article VOQUER, d\u00e8s sa premi\u00e8re \u00e9dition de 1704 (t. III), la vedette d\u2019adresse n\u2019est-elle pas une nouveaut\u00e9. Toutefois, l\u2019ouvrage, reprenant la d\u00e9finition de Richelet telle qu\u2019elle est apparue \u00e0 l\u2019origine, la compl\u00e8te d\u2019expressions latines, dans une forme identique \u00e0 celle de 1752 que je t\u2019ai indiqu\u00e9e plus haut :<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>VOQUER. v. act. Terme de Potier. C\u2019est tourner la terre avec les mains, &amp; l\u2019appr\u00eater jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on n\u2019y voie plus de sable, &amp; qu\u2019elle soit en \u00e9tat d\u2019\u00eatre mise en \u0153uvre sur la rou\u00eb. <em>Argillam praeparare, agitare, volutare, pinsere. <\/em>Voquer la terre. Cette terre est bien voqu\u00e9e.<\/p><\/blockquote><p>L\u2019article VOQUER restera en effet inchang\u00e9 dans le Tr\u00e9voux jusqu\u2019\u00e0 sa quatri\u00e8me \u00e9dition incluse (1721, t. V, p. 615\u00a0; 1743, t. VI, p. 890\u00a0; 1752, t. VII, p. 935).<\/p><p>M\u00eame si le <em>Dictionnaire universel de commerce<\/em> de Savary ignorera toujours le mot \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb dans sa nomenclature, ce n\u2019est pas le cas de la traduction fran\u00e7aise du dictionnaire de Thomas Dyche (<em>Nouveau dictionnaire universel des arts et des sciences, fran\u00e7ois, latin et anglois<\/em>, Avignon, chez la veuve de Fran\u00e7ois Girard, \u00e9d. 1754 et \u00e9d. 1756, t. II, p. 562) qui le fait suivre d\u2019une d\u00e9finition identique \u00e0 celle du dictionnaire de Corneille.<\/p><p>Si \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb n\u2019est pas un mot fran\u00e7ais, de l\u2019avis de Diderot, il est au moins un mot de quatre dictionnaires fran\u00e7ais ou en fran\u00e7ais, dans leurs multiples \u00e9ditions, tous connus de lui si ce n\u2019est r\u00e9guli\u00e8rement employ\u00e9s par lui. Mais ce n\u2019est pas tout. Le <em>Trait\u00e9 de l\u2019orthographe fran\u00e7oise, en forme de dictionnaire<\/em> de Charles Leroy, \u00e0 partir de son \u00e9dition de 1747 (Poitiers, chez F\u00e9lix Faucon, p. 610b) retient pour sa part aussi l\u2019entr\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Voquer, v. a. t. de potier\u00a0\u00bb (et \u00e9d. 1752, p. 631b\u00a0; \u00e9d. 1775, p. 764b).<\/p><p>Dans un tout autre genre, E. F. Gersaint mentionne \u00e0 son tour dans son <em>Catalogue raisonn\u00e9, des bijoux, porcelaines, bronzes, lacqs, lustres de cristal de roche et de porcelaine [\u2026] &amp; autres effets de curiosit\u00e9, provenans de la succession de M. Angran, vicomte de Fonspertuis<\/em> (Paris, chez Pierre Prault et Jacques Barrois, 1747, p. 29), \u00e9tabli en vue d\u2019une vente pr\u00e9vue pour d\u00e9cembre 1747 et mars 1748, le mot \u00ab\u00a0qui n\u2019est pas fran\u00e7ais\u00a0\u00bb qui nous occupe\u00a0:<\/p><blockquote><p>Quand la terre est bien voqu\u00e9e, * on en forme des vases ou des figures que l\u2019on expose au soleil le matin &amp; le soir, ou que l\u2019on met dans certaines \u00e9tuves [\u2026]. [+ note * : * Terme en usage chez les potiers. C\u2019est travailler la terre jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle soit purifi\u00e9e du sable qui s\u2019y trouve, &amp; assez fine pour \u00eatre en \u00e9tat de lui donner la forme que l\u2019on veut.]<\/p><\/blockquote><p>Et pour revenir aux j\u00e9suites, on lit dans la \u00ab\u00a0Lettre VI. \u00c0 Madame la duchesse de Bouillon. De la propret\u00e9 &amp; de la magnificence des Chinois\u00a0\u00bb publi\u00e9e en 1696 dans les <em>Nouveaux m\u00e9moires sur l\u2019\u00e9tat pr\u00e9sent de la Chine<\/em> par le P\u00e8re Louis Le Comte, de la Compagnie de J\u00e9sus (1696 est la date de la premi\u00e8re \u00e9dition \u00e0 Paris, chez Jean Anisson, t. I, p. 329), la pr\u00e9cision suivante\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Quand la terre est bien voqu\u00e9e, ils [les artistes chinois] travaillent aux figures, il n\u2019y a pas d\u2019apparence qu\u2019ils se servent de moules comme en quelques autres sortes de poterie\u00a0; mais il est plus probable qu\u2019ils les forment sur la rou\u00eb comme nous.<\/p><\/blockquote><p>Cette pr\u00e9cision est reprise dans un autre dictionnaire duquel Diderot est familier, <em>Le grand dictionnaire g\u00e9ographique et critique<\/em> de Bruzen de la Martini\u00e8re, dans son article CHINE (1730, t. II, 2<sup>e<\/sup> partie, La Haye\/Amsterdam\/Rotterdam, p. 591b) qui int\u00e8gre plusieurs passages des lettres du j\u00e9suite.<\/p><h3><strong>Voguer n\u2019est pas un mot des potiers de terre<\/strong><\/h3><p>Si les t\u00e9moignages de la pr\u00e9sence du mot \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb dans la langue fran\u00e7aise et dans des ouvrages qui s\u2019en veulent le reflet ne manquent pas, le rattachement de celui de \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019art des potiers de terre n\u2019est en revanche, Marie, jusqu\u2019\u00e0 preuve du contraire, absolument pas attest\u00e9. Les occurrences de celui-ci dans l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> sont toutes li\u00e9es au domaine de la Marine (<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v1-1267-14\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Aller<\/span> <em>\u00e0 la d\u00e9rive<\/em><\/a>, CHALOUPE, ESPALMER, LOUVOYER, NAGE, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Panneau<\/span>, PONCTUATION, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Pont militaire<\/span>, PROS, REMORQUER, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Rime bonne<\/span> <em>ou<\/em> <span style=\"font-variant: small-caps;\">Bonne rime<\/span>, SIMILE ou A SIMILI, VOGUER, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Voile<\/span>) auxquelles on peut ajouter PASSE-VOGUE et VOGUE, ou comme on a vu \u00e0 l\u2019art du chapelier (AR\u00c7ONNER, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Chanterelle<\/span>, CHAPEAU, CUIRET, MANIQUE ou MANICLE, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Voguer<\/span>), ou encore mais une fois seulement et sans doute m\u00e9taphoriquement en Brasserie (<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v4-1401-2\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Cuve-matiere<\/span><\/a>)\u00a0; conform\u00e9ment \u00e0 ce qui se lit ailleurs dans la litt\u00e9rature fran\u00e7aise jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1760.<\/p><p>Il para\u00eet ainsi assez \u00e9vident que \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb est un terme \u00e9tranger \u00e0 la langue des potiers de terre. Mais on remarquera bien que ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait ce qu\u2019affirme Diderot au sujet de \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb. Du moins peut-on comprendre un peu diff\u00e9remment son propos dans VOQUER\u00a0: \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb n\u2019\u00e9tant pas un mot fran\u00e7ais, les potiers de terre seraient bien en peine de devoir l\u2019employer. Aussi, tr\u00e8s certainement, ne disent-ils pas \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb mais une forme approchante comme \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb. Tu comprends bien, Marie, que je cherche tout de m\u00eame ici \u00e0 venir au secours du philosophe qui t\u2019est cher. Donc, je reprends\u00a0: m\u00eame si de toute apparence le mot \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb n\u2019appartient pas au domaine du savoir des potiers de terre, Diderot n\u2019aurait pas forc\u00e9ment tort d\u2019exclure \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb de la langue fran\u00e7aise. La proposition qu\u2019il lancerait alors de comprendre \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb quand on lit dans le Tr\u00e9voux \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb ne serait simplement pas tr\u00e8s heureuse\u00a0; il s\u2019agissait peut-\u00eatre de \u00ab\u00a0roguer\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0roquer\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0vaguer\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0vaquer\u00a0\u00bb, \u2026 L\u2019important est de retenir que les j\u00e9suites se sont tromp\u00e9s dans leur dictionnaire\u00a0; quant \u00e0 la forme exacte du mot technique dont il est question, la langue des arts \u00e9tant globalement \u00ab\u00a0tr\u00e8s imparfaite\u00a0\u00bb \u2013 comme le rel\u00e8ve Diderot dans ART \u2013 un \u00ab\u00a0bon Logicien \u00e0 qui les Arts seroient familiers\u00a0\u00bb et qui aurait entrepris \u00ab\u00a0des \u00e9l\u00e9mens de la grammaire des Arts\u00a0\u00bb proposera bien quoi qu\u2019il en soit \u00e0 d\u00e9faut du bon terme un terme juste\u00a0! Ne nous inqui\u00e9tons pas pour cela.<\/p><p>Ah, que m\u2019a-t-il pris de feuilleter encore l\u2019<em>Encyclop\u00e9die\u00a0<\/em>? Voil\u00e0 que je tombe sur le mot \u00ab\u00a0vaucour\u00a0\u00bb, pour le coup propre \u00e0 la langue des potiers de terre et de consonnance assez proche de celle de \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0vaucour\u00a0\u00bb\/\u00ab\u00a0vauquer\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0vocour\u00a0\u00bb\/\u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb. C\u2019est Jaucourt qui signe l\u2019article VAUCOUR\u00a0:<\/p><blockquote><p>VAUCOUR, s. m. <em>terme de Poterie<\/em>\u00a0; les potiers de terre nomment vaucour, une espece de table ou de large planche, soutenue sur deux piliers, plac\u00e9s devant la roue dont ces ouvriers se servent pour tourner leurs ouvrages de poterie\u00a0; c\u2019est sur le vaucour qu\u2019on pr\u00e9pare &amp; qu\u2019on arrange les morceaux de terre glaise.<\/p><\/blockquote><p>L\u2019article est presque identique \u00e0 VAUCOUR du dictionnaire de Tr\u00e9voux, dans son \u00e9dition de 1752 (t. VII, p. 536)\u00a0; il en forme alors une nouvelle entr\u00e9e. Le dictionnaire de Richelet en propose une \u00e9galement tr\u00e8s semblable (pas avant semble-t-il son \u00e9dition de 1732, Amsterdam, t. II, p. 877a-b). La source de tous ces articles est le <em>Dictionnaire universel de commerce <\/em>de Savary (VAUCOUR, Paris, 1723, t. II, p. 1844-1845\u00a0; 1748, t. III, p. 543) qui contient quelques lignes de plus et se poursuit ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] [terre glaise] que le potier a dessein de mettre sur la girelle de sa roue, &amp; c\u2019est aussi o\u00f9 l\u2019on pose l\u2019ouvrage \u00e0 mesure qu\u2019il s\u2019acheve, pour ensuite y ajouter les pieds, les anses, &amp; les autres pieces qui se font \u00e0 la main\u00a0\u00bb.<\/p><p>Il va sans dire, malheureusement, que Jaucourt, ou plut\u00f4t VAUCOUR met en difficult\u00e9 Diderot dans VOQUER. Et si, finalement, \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb \u00e9tait bien un mot fran\u00e7ais\u00a0?<\/p><h3><strong>Voquer, un mot du fran\u00e7ais dialectal<\/strong><\/h3><p>Ch\u00e8re Marie, il faut ici rappeler un fait concernant la biographie de Diderot qu\u2019aucune \u00e9tude lui ayant \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e n\u2019a jamais jug\u00e9 utile de souligner\u00a0: Diderot n\u2019\u00e9tait pas berrichon.<\/p><p>Si pour Diderot, on peut en fran\u00e7ais \u00ab\u00a0provoquer\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0invoquer\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e9voquer\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0r\u00e9voquer\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0convoquer\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0reconvoquer\u00a0\u00bb \u2013 tous ces mots se lisent dans l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> \u2013 , il \u00e9tait hautement improbable que l\u2019on puisse simplement \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb, encore moins en poterie qu\u2019ailleurs. Si ce verbe est bien emprunt\u00e9 au latin \u00ab\u00a0<em>vocare<\/em>\u00a0\u00bb, que peut appeler le potier\u00a0? sa terre glaise\u00a0? C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que Diderot refuse dans son article VOQUER toute possibilit\u00e9 d\u2019appartenance \u00e0 la langue fran\u00e7aise du mot \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb. Il ne pouvait s\u2019agir que d\u2019une forme corrompue de \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb ou autre, peu importe comme on a dit. Et l\u2019occasion \u00e9tait alors trop belle de ridiculiser en passant les auteurs du Tr\u00e9voux. Et pourtant, Marie, le mot est fran\u00e7ais, non pas le fran\u00e7ais des gens de lettres, ni forc\u00e9ment celui des parisiens. \u00ab\u00a0Voquer\u00a0\u00bb est sans doute un terme de m\u00e9tier attach\u00e9 \u00e0 un parler berrichon\u00a0!<\/p><p>Le mot \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb est en effet bien attest\u00e9, de nos jours encore, au moins chez les potiers du Berry. Un livre de 1977, bien illustr\u00e9, avec un r\u00e9cit tr\u00e8s vivant de l\u2019activit\u00e9 des potiers de terre d\u2019un hameau nomm\u00e9 La Borne, situ\u00e9 sur le territoire des communes d\u2019Henrichemont et de Morogues dans le d\u00e9partement du Cher, t\u00e9moigne parfaitement de la pr\u00e9sence du mot si ce n\u2019est dans la langue fran\u00e7aise, au moins berrichonne\u00a0; dans tous les cas, dans une variante pratiqu\u00e9e \u00e0 La Borne. Il s\u2019agit de\u00a0: <em>La Borne et ses potiers. Un village pas comme les autres<\/em> de Robert Chaton, Henri Talbot, Pierre Bournay (illustration technique), Andr\u00e9 Rozay (dessins) (\u00c9ditions Delayance, La Charit\u00e9 sur Loire, 1977). La Borne est un site de production de poterie depuis au moins le XIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0; les potiers de terre y sont relativement nombreux aux XVII<sup>e<\/sup> et XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles (une petite vingtaine de familles tout de m\u00eame). C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il faut possiblement faire remonter l\u2019origine des mots \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0vaucour\u00a0\u00bb [celui-ci \u00e9tant la d\u00e9formation de \u00ab\u00a0voquou\u00e9\u00a0\u00bb] de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die\u00a0<\/em>: mots appartenant \u00e0 un dialecte du Haut-Berry mais plus pr\u00e9cis\u00e9ment m\u00eame, parce que relatif \u00e0 la poterie et suivant les auteurs de l\u2019ouvrage, \u00e0 un jargon propre au \u00ab\u00a0parler bornois\u00a0\u00bb. Voici leur signification chez les artisans de La Borne\u00a0:<\/p><blockquote><p>voquer la terre\u00a0: la battre.<\/p><\/blockquote><blockquote><p>l\u2019voquou\u00e9\u00a0: la longue et lourde planche de bois sur laquelle le potier battait la glaise et roulait les p\u00e2tiaux [= les boules de glaise que le potier collait au centre de son tour]. (p. 194)<\/p><\/blockquote><p>Le d\u00e9but du chapitre \u00ab\u00a0Monte sur la roue\u00a0\u00bb m\u00e9rite d\u2019\u00eatre largement cit\u00e9 car il met en sc\u00e8ne le potier au travail, justement en train de voquer, et compl\u00e8te merveilleusement les articles VOQUER et VAUCOUR de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, tout autant que les explications et planches associ\u00e9es de la s\u00e9rie \u00ab\u00a0Potier de terre\u00a0\u00bb du t. VIII du <em>Recueil de Planches sur les sciences et les arts<\/em>\u00a0:<\/p><blockquote><p>On entassait la glaise dans les \u00ab\u00a0terriers\u00a0\u00bb, \u00e0 proximit\u00e9 des \u00ab\u00a0boutiques\u00a0\u00bb [= les ateliers des potiers]. Elle y restait quelques semaines, travaill\u00e9e plusieurs fois \u00e0 la pioche et \u00e0 la pelle de bois\u00a0; en hiver, on en faisait une r\u00e9serve \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur pour \u00e9viter la gel\u00e9e. Rentr\u00e9e dans la boutique, un man\u0153uvre, assis sur une \u00ab\u00a0selle\u00a0\u00bb, la coupait avec une sorte de faucille \u00e0 deux poign\u00e9es, enlevant les pierres et autres d\u00e9bris, puis il la \u00ab\u00a0patignait\u00a0\u00bb \u2013 pi\u00e9tinait \u2013 longuement, op\u00e9ration r\u00e9p\u00e9t\u00e9e quatre ou cinq fois pour les terres de m\u00e9diocre qualit\u00e9. Petit \u00e0 petit la glaise s\u2019assouplissait et s\u2019affinait.<\/p><p>Le premier malaxeur \u00e0 moteur fut install\u00e9 en 1920 [\u2026].<\/p><p>Selon son travail, le potier choisissait sa glaise et se mettait \u00e0 la \u00ab\u00a0battre\u00a0\u00bb, on disait \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb. C&rsquo;\u00e9tait un travail long, bruyant, destin\u00e9 \u00e0 rendre la terre bien homog\u00e8ne et \u00e0 la vider de ses poches d\u2019air\u00a0: les \u00ab\u00a0vessies\u00a0\u00bb. C\u2019\u00e9tait aussi pour le potier l\u2019occasion de montrer sa force et ses bras muscl\u00e9s.<\/p><p>Il pr\u00e9parait un gros p\u00e2ton de terre et en coupait des \u00ab\u00a0batt\u00e9es\u00a0\u00bb. Une batt\u00e9e valait un certain poids de terre, il \u00e9tait entendu qu\u2019il fallait 6 batt\u00e9es pour un grand pot n\u00b06, une pour un plat \u00e0 la raie, une demi-batt\u00e9e pour une bouteille plate.<\/p><p>Puis il retroussait ses manches bien au-dessus de ses coudes, s\u2019asseyait sur le \u00ab\u00a0voquou\u00e9\u00a0\u00bb, partageait la batt\u00e9e en deux, en prenait une moiti\u00e9 dans chaque main, \u00e9cartait les bras et de toute sa force, aplatissait l\u2019une contre l\u2019autre les deux boules de glaise, puis il les s\u00e9parait de nouveau en deux et recommen\u00e7ait, et cela 5 ou 6 fois pour la m\u00eame batt\u00e9e, et pendant des heures, au rythme des \u00ab\u00a0clac&#8230; clac\u00a0\u00bb vigoureux, jusqu\u2019\u00e0 ce que toute la terre ait \u00e9t\u00e9 battue et partag\u00e9e en p\u00e2tiaux empil\u00e9s sur le \u00ab\u00a0voquou\u00e9\u00a0\u00bb, \u00e0 port\u00e9e de la main du tourneur. Et \u00e0 chaque vol\u00e9e partait une gicl\u00e9e de petits \u00e9clats de glaise piquants comme des aiguilles. La boutique en \u00e9tait cribl\u00e9e\u00a0; parfois aussi les joues d\u2019un coupeur de terre somnolent\u00a0; parfois aussi celles d\u2019une visiteuse \u00e9l\u00e9gante et bavarde, quand le potier commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019impatienter.<\/p><p>Ce travail termin\u00e9, le potier \u00ab\u00a0montait sur la roue\u00a0\u00bb. (pp. 77-78)<\/p><\/blockquote><p>Si l\u2019on rempla\u00e7ait dans cet extrait le man\u0153uvre par Diderot et la glaise par les j\u00e9suites, on acc\u00e9derait peut-\u00eatre \u00e0 la pens\u00e9e qui traversait l\u2019esprit du directeur de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> durant tout le temps de l\u2019entreprise \u00e9ditoriale et pas seulement au moment de la r\u00e9daction de son article VOQUER\u00a0: manches retrouss\u00e9es, Diderot voquant quand l\u2019occasion se pr\u00e9sentait \u2013 plus pour montrer la vigueur de son esprit finalement que pour v\u00e9ritablement les aplatir \u2013 une demi-batt\u00e9e de r\u00e9dacteurs du Tr\u00e9voux\u2026 Dans son langage, il les envoyait \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb, quoi qu\u2019on lise chez eux.<\/p><h3><strong><em>Quoiqu\u2019il se lise dans le Tr\u00e9voux<\/em><\/strong><\/h3><p>Le moteur de recherche de l\u2019<em>ENCCRE<\/em> nous fait conna\u00eetre 32 articles de Diderot ou lui \u00e9tant attribu\u00e9s faisant mention explicite du dictionnaire de Tr\u00e9voux. En oubliant les simples r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques, et les articles au mieux neutres sinon l\u00e9g\u00e8rement ambigus (<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v1-53-0\/\">*ABARES<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v1-1605-3\/\">*<span style=\"font-variant: small-caps;\">Amiral-tromp<\/span><\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v2-3415-0\/\">*CAPETIEN<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v4-286-0\/\">*CONTROVERSE<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-327-0\/\">*EXHUMER<\/a>), restent six articles, six p\u00e2tons de terre bien assouplis. La manufacture encyclop\u00e9dique s\u2019apparente \u00e0 bien des \u00e9gards \u00e0 l\u2019art du potier de terre. Le Tr\u00e9voux, sans doute une r\u00e9f\u00e9rence, n\u2019est pas seulement une autorit\u00e9 que l\u2019on peut mettre en doute. Elle est du point de vue lexicographique \u2013 et comme elle a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019<em>Encyclop\u00e9die <\/em>\u2013 mati\u00e8re \u00e0 remploi, mati\u00e8re qui se pr\u00e9sente \u00e0 la d\u00e9coupe, mati\u00e8re \u00e0 travailler, mati\u00e8re \u00e0 assouplir, \u00e0 affiner. Aussi, tout comme \u00e0 La Borne, l\u2019encyclop\u00e9diste \u00ab\u00a0choisissait sa glaise et se mettait \u00e0 la \u2018battre\u2019, on disait \u2018voquer\u2019. C\u2019\u00e9tait un travail long, bruyant\u00a0\u00bb durant lequel on vidait la terre \u00ab\u00a0de ses poches d\u2019air\u00a0: les \u2018vessies\u2019\u00a0\u00bb. Clac \u2026 clac\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2258-0\/\">*INCONGRU, INCONGRUIT\u00c9, (<em>Gram<\/em>.)<\/a> le premier se dit des fautes contre la langue ou la Logique\u00a0; &amp; le second, des fautes contre l\u2019honn\u00eatet\u00e9, la biens\u00e9ance &amp; les usages re\u00e7us. Le dictionnaire de Tr\u00e9voux rend incongruit\u00e9 par <em>inurbanitas<\/em>\u00a0; mais <em>inurbanitas<\/em> marque une habitude, &amp; incongruit\u00e9 ne marque qu\u2019une action.<\/p><\/blockquote><p>On s\u00e9parait deux boules de glaise de Tr\u00e9voux pour rendre la grammaire bien homog\u00e8ne. Clac \u2026 clac\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2039-0\/\">ILLUSTRE, ILLUSTRATION, S\u2019ILLUSTRER, (<em>Gramm<\/em>.)<\/a> [\u2026] On lit dans le Dictionnaire de Tr\u00e9voux, Ciceron a \u00e9t\u00e9 le plus illustre des orateurs de son tems, Virgile le plus illustre des po\u00ebtes\u00a0: je ne sais si ces deux phrases sont d\u2019une grande puret\u00e9\u00a0; il est certain que le mot illustre ne se dit pas aussi-bien en pareil cas que le mot grand. Ciceron a \u00e9t\u00e9 le plus grand des orateurs de son tems\u00a0; Virgile le plus grand des po\u00ebtes. Un peintre, un statuaire, un musicien, peut s\u2019illustrer dans son art. Illustre s\u2019applique rarement aux choses, &amp; je n\u2019aime pas, les rois d\u2019Egypte ont \u00e9t\u00e9 ceux qui ont laiss\u00e9 de plus illustres marques de leur grandeur. Il se prend toujours en bonne part\u00a0: un sc\u00e9l\u00e9rat n\u2019est point illustre\u00a0; il est fameux, il est insigne. Les \u00e9crivains hardis se jouent de toutes ces petites nuances. (t. VIII)<\/p><\/blockquote><p>Encore des \u00ab\u00a0vessies\u00a0\u00bb\u00a0? Clac \u2026 clac\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-1977-0\/\">*IGNAME, s. m. (<em>Hist. nat.<\/em> <em>Bot<\/em>.)<\/a> plante d\u2019Am\u00e9rique [\u2026] On a fait d\u2019<em>igniame<\/em> &amp; d\u2019<em>igname<\/em> deux articles dans le dictionnaire de Tr\u00e9voux, quoiqu\u2019il soit \u00e9vident que ce sont deux noms de la m\u00eame plante, qui peut-\u00eatre en a encore un troisieme. Cette imperfection de la nomenclature en histoire naturelle, multiplie les \u00eatres \u00e0 l\u2019infini, &amp; jette beaucoup de confusion &amp; de difficult\u00e9 dans l\u2019\u00e9tude de la science. (t. VIII)<\/p><\/blockquote><p>On \u00e9cartait les bras et de nouveau on aplatissait. Attention aux petits \u00e9clats du Tr\u00e9voux. Clac \u2026 clac\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v10-237-0\/\">*MARBREUR DE PAPIER, (<em>Art m\u00e9chanique<\/em>.)<\/a> [\u2026] Observations sur la maniere de fabriquer le papier marbr\u00e9. 1. Richelet &amp; Tr\u00e9voux se sont lourdement tromp\u00e9s aux articles papier marbr\u00e9\u00a0; l\u2019un, en disant que pour le faire, on se servoit d\u2019une eau dans laquelle on avoit d\u00e9tremp\u00e9 des couleurs avec de l\u2019huile &amp; du fiel de b\u0153uf, &amp; sur laquelle on appliquoit le papier. Ce n\u2019est pas cela\u00a0; on ne d\u00e9trempe point les couleurs dans l\u2019eau. L\u2019autre, que les couleurs doivent \u00eatre broy\u00e9es avec l\u2019huile ou le fiel de b\u0153uf. L\u2019huile n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 employ\u00e9e dans la fabrication du papier marbr\u00e9, &amp; ne peut y \u00eatre employ\u00e9e. Cela est aussi ridicule que de dire qu\u2019un peintre \u00e0 l\u2019huile broye ses couleurs \u00e0 l\u2019huile ou \u00e0 l\u2019eau. (t. X, \u00a771)<\/p><\/blockquote><p>[note\u00a0: Le Tr\u00e9voux (1704, 1721, 1743 ou 1752) copie en r\u00e9alit\u00e9 le Richelet\u00a0; et ni l\u2019un ni l\u2019autre (pas m\u00eame le Savary ni le Corneille) ne proposent de broyer les couleurs avec l\u2019huile. Mais tant pis, on voque tout de m\u00eame.]<\/p><p>Tel \u00e9tait, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le travail dans la \u00ab\u00a0boutique\u00a0\u00bb encyclop\u00e9dique\u00a0; de toutes ses forces on secouait \u00ab\u00a0la batt\u00e9e [\u2026] pendant des heures\u00a0\u00bb. Clac \u2026 clac. Clac \u2026 clac\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\">*ENCYCLOP\u00c9DIE, s. f. (<em>Philosoph<\/em>.)<\/a> [\u2026] Il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 difficile de se proposer un objet plus \u00e9tendu que celui de traiter de tout ce qui a rapport \u00e0 la curiosit\u00e9 de l\u2019homme, \u00e0 ses devoirs, \u00e0 ses besoins, &amp; \u00e0 ses plaisirs. Aussi quelques personnes accoutum\u00e9es \u00e0 juger de la possibilit\u00e9 d\u2019une entreprise, sur le peu de ressources qu\u2019elles apper\u00e7oivent en elles-m\u00eames, ont prononc\u00e9 que jamais nous n\u2019acheverions la n\u00f4tre. <em>Voyez le <\/em><em>Dict. de Tr\u00e9voux<\/em><em>, derniere<\/em><em> \u00e9dit.<\/em> au mot <em>Encyclop\u00e9die<\/em>. Elles n\u2019entendront de nous pour toute r\u00e9ponse, que cet endroit du chancelier Bacon, qui semble leur \u00eatre particulierement adress\u00e9. [\u2026] (t. V, \u00a73)<\/p><\/blockquote><p>Et le dernier p\u00e2ton de Tr\u00e9voux bien assoupli, plac\u00e9 avec les autres \u00ab\u00a0patiaux\u00a0\u00bb sur le \u00ab\u00a0voquou\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-906-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">VOQUER<\/a>, ce mot n\u2019est pas fran\u00e7ois, quoiqu\u2019il se lise dans le <span class=\"italic\">Tr\u00e9voux<\/span>\u00a0; c\u2019est\u00a0<span class=\"italic\">voguer<\/span>\u00a0que disent les Potiers de terre &amp; autres ouvriers.\u00a0<span id=\"A17-e15b2bbcd92d:84d4b8:b3e5a3\" class=\"renvoi\" data-hl=\"false\"><span id=\"A17-e15b2bbcd92d:84d4b8:890c2e\" class=\"indication_renvoi\" data-hl=\"false\"><span class=\"italic\">Voyez<\/span><\/span>\u00a0<span id=\"A17-e15b2bbcd92d:84d4b8:320197\" class=\"article_vise\" data-hl=\"false\"><span class=\"ref_enccre\" data-targetid=\"v17-803-1\"><span class=\"smallcaps\">Voguer<\/span><\/span><\/span><\/span>.<\/p><\/blockquote><p>L\u2019expression \u00ab\u00a0dans le Tr\u00e9voux\u00a0\u00bb, employ\u00e9e ici, semble \u00eatre un hapax dans toute l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. Dans le Tr\u00e9voux, dans la mati\u00e8re du Tr\u00e9voux, dans sa terre glaise mal travaill\u00e9e une poche d\u2019air \u00e0 chasser. Diderot \u00e9tait un potier, \u00e0 sa mani\u00e8re.<\/p><p>Mais, bien entendu, ce dernier n\u2019\u00e9tait pas le seul \u00e0 voquer le Tr\u00e9voux\u00a0; d\u2019autres encyclop\u00e9distes (Voltaire, pour ne citer que lui) d\u00e9posaient leurs p\u00e2tons sur le vaucour du dictionnaire raisonn\u00e9. Voici des exemples sans signature de leur potier\u00a0: l\u2019article LAID, que Pierre L\u00e9ger dans son dossier critique de l\u2019<em>ENCCRE<\/em> sugg\u00e8re pouvoir \u00eatre de Saint Lambert, fait lui aussi entendre des clac \u2026 clac\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] mais quoi qu\u2019en disent les auteurs du dictionnaire de Tr\u00e9voux, &amp; m\u00eame ceux du dictionnaire de l\u2019acad\u00e9mie, on ne doit pas dire, &amp; on ne dit pas quand on parle avec noblesse &amp; avec pr\u00e9cision, une laide mode, une laide maison, une \u00e9toffe laide\u00a0\u00bb (t. IX). Et, M\u00c9TONYMIE (qui se termine toutefois par la mention suivante\u00a0: \u00ab\u00a0Cet article est tir\u00e9 enti\u00e8rement du livre des tropes de M. du Marsais\u00a0\u00bb)\u00a0: \u00ab\u00a0A-propos de ces sortes de noms, j\u2019observerai ici une m\u00e9prise de M. M\u00e9nage, qui a \u00e9t\u00e9 suivie par les auteurs du Dictionnaire universel, appell\u00e9 commun\u00e9ment Dictionn. de Tr\u00e9v. c\u2019est au sujet d\u2019une sorte de lame d\u2019\u00e9p\u00e9e qu\u2019on appelle <em>olinde<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (t. X, \u00a742). Et le curieux RETRECISSEUSE (peut-\u00eatre de Louis) donn\u00e9 dans sa forme brute (simple reprise entre guillemets de l\u2019article correspondant du Tr\u00e9voux) pour \u00eatre voquer par le lecteur de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> lui-m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0On lit dans le Dictionnaire de Tr\u00e9voux, derni\u00e8re \u00e9dition, \u00e0 ce mot \u2026\u2026 \u201c [\u2026] \u201c\u00a0\u00bb.<\/p><p>(Si l\u2019on est indiff\u00e9rent \u00e0 la poterie et que l\u2019on s\u2019int\u00e9resse tout de m\u00eame aux relations entre \u00ab\u00a0Diderot, l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> et le dictionnaire de Tr\u00e9voux\u00a0\u00bb, je ne dirais pas, Marie, comme Sydney Poitier\u00a0: \u2018<em>Que nul n\u2019entre dans l\u2019ENCCRE s\u2019il n\u2019est potier<\/em>\u2019\u00a0; je renverrais simplement \u00e0 l\u2019article de Robert Morin, sous le titre m\u00eame de ces relations, dans les <em>Recherches sur Diderot et sur l\u2019<\/em>Encyclop\u00e9die, 1989 : 7, p. 77-122, qui insiste, entre autres, sur l\u2019indiff\u00e9rence des j\u00e9suites pour les arts m\u00e9caniques, voire leur m\u00e9pris quand ils les comparent aux arts lib\u00e9raux ou quand ils en traitent simplement et s\u00e8chement (p. 80-85). Indiff\u00e9rence et m\u00e9pris bien compris par Diderot, sur ses gardes, lorsqu\u2019il s\u2019est agi de reprendre la vedette d\u2019adresse VOQUER du Tr\u00e9voux).<\/p><h3><strong>L\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> dit le fran\u00e7ais et \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb devient \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb<\/strong><\/h3><p>Dans la <em>Guerre des dictionnaires, <\/em>le Tr\u00e9voux \u00e9tait <em>aux sources de l\u2019<\/em>Encyclop\u00e9die \u2013 grand clin d\u2019\u0153il, Marie, \u00e0 ton ouvrage admirable de 2023 (Paris, CNRS \u00c9ditions). Mais dans sa derni\u00e8re \u00e9dition de 1771, les choses s\u2019inversent : le Tr\u00e9voux corrige ses articles pris \u00e0 parti dans le dictionnaire raisonn\u00e9 ou du moins r\u00e9pond aux critiques, comme tu le montres (p. 204-211). Y compris dans le domaine de la langue fran\u00e7aise, \u00ab apanage si longtemps revendiqu\u00e9 des Tr\u00e9voux \u00bb, \u00e9cris-tu. L\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> est aussi un grand dictionnaire de langue qui fait maintenant autorit\u00e9 aux yeux du Tr\u00e9voux. Dans le cas qui nous occupe, on peut m\u00eame dire qu\u2019il fait le fran\u00e7ais.<\/p><p>\u00ab\u00a0Voquer\u00a0\u00bb n\u2019est pas fran\u00e7ais disait Diderot. Et le <em>Dictionnaire universel de fran\u00e7ois et de latin<\/em> semble en 1771 s\u2019en convaincre \u00e9galement (t. VIII, p. 470b). Reproduisant la d\u00e9finition de VOQUER des \u00e9ditions pr\u00e9c\u00e9dentes, il la compl\u00e8te ainsi\u00a0:<\/p><blockquote><p>On pr\u00e9tend qu\u2019il faut dire <em>voguer<\/em>\u00a0: &amp; il paro\u00eet qu\u2019on a raison.<\/p><\/blockquote><p>Autrement dit, l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> pr\u00e9tend qu\u2019il faut dire \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb\u00a0: et il para\u00eet que Diderot a raison. Si le Tr\u00e9voux le dit \u2026\u00a0! Je te cite, Marie\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] il y eut bien, dans le paysage des dictionnaires universels, et dans celui de Tr\u00e9voux en particulier, un avant et un apr\u00e8s l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>\u00a0\u00bb. (p. 211). Ainsi, fin 1765, quand paraissent ensemble les dix derniers volumes du grand ouvrage de Diderot et D\u2019Alembert, le fran\u00e7ais s\u2019est enrichi au moins d\u2019un mot suppl\u00e9mentaire (mais en remplacement d\u2019un autre), \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb dans l\u2019art des potiers de terre.<\/p><p>L\u2019apr\u00e8s-<em>Encyclop\u00e9die<\/em> d\u00e9passe en r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame l\u2019espace lexicographique. C\u2019est le plus surprenant. Alors que les potiers de terre ont manifestement toujours \u00ab\u00a0voqu\u00e9\u00a0\u00bb leur terre glaise, l\u2019Acad\u00e9mie Royale des Sciences, dans sa livraison de 1773 de la collection des <em>Descriptions des arts et m\u00e9tiers<\/em> sur \u00ab\u00a0L\u2019art du potier de terre\u00a0\u00bb, \u00e9dit\u00e9 par Duhamel du Monceau, confirme \u00e0 son tour le terme \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb. Le lexique qui termine la brochure (\u00ab\u00a0Explications des termes de l\u2019art du potier de terre\u00a0\u00bb, p. 83) indique\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>VOGUER. C\u2019est manier &amp; p\u00e9trir la terre \u00e0 la main, pour en \u00f4ter les corps \u00e9trangers &amp; la corroyer plus parfaitement, <em>page 21<\/em>.<\/p><\/blockquote><p>Et p. 21, on lit le mode op\u00e9ratoire tel qu\u2019il devait se voir encore appliqu\u00e9 dans le Berry jusqu\u2019en 1920 mais pas dans les termes du parler bornois (je souligne ici le mot \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb)\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Quelques potiers quand la terre C, Fig. 3, Pl. IV, est march\u00e9e, en mettent une motte sur une table \u00e9paisse, &amp; la battent avec un barreau de fer A, Fig. 1, comme nous avons dit qu\u2019on faisoit la terre \u00e0 pipes, &amp; cette op\u00e9ration est tr\u00e8s-bonne\u00a0; mais soit qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 march\u00e9e, ou battue avec le barreau de fer A, il faut toujours la <u>voguer<\/u> pour \u00f4ter toutes les pyrites &amp; les pierres qui peuvent s\u2019y rencontrer\u00a0; pour cela ils p\u00e9trissent la terre sur la table \u00e0 mouler B, Fig. 2, comme on feroit de la p\u00e2te\u00a0; ils en rassemblent ensuite une motte assez grosse, &amp; en passant alternativement la paume de chaque main sur cette terre, ils en emportent \u00e0 chaque fois une couche assez mince\u00a0; s\u2019ils y trouvent quelques corps \u00e9trangers, ils les d\u00e9tachent &amp; les rejettent. Quand ils en ont ainsi ramass\u00e9 \u00e0 peu-pr\u00e8s de la grosseur d\u2019une livre de beurre, ils p\u00e9trissent cette motte &amp; lui donnent la forme d\u2019un cylindre\u00a0; ils le rompent en deux, &amp; tenant chaque moiti\u00e9 dans une main, ils les rapprochent en les frappant fortement l\u2019une contre l\u2019autre\u00a0; puis les p\u00e9trissant de nouveau, &amp; r\u00e9p\u00e9tant \u00e0 plusieurs fois cette man\u0153uvre, ils \u00f4tent toujours les corps \u00e9trangers qui se trouvent sous leurs mains &amp; finissent par en former des mottes plus ou moins grosses, suivant la grandeur des vases qu\u2019ils se proposent de faire. Les potiers suivent diff\u00e9rentes pratiques pour <u>voguer<\/u> leur terre\u00a0; mais elles consistent toutes \u00e0 beaucoup manier la terre pour la bien corroyer &amp; en \u00f4ter les corps \u00e9trangers qui s\u2019y trouvent\u00a0; car pour des ouvrages qu\u2019ils sont oblig\u00e9s de donner \u00e0 bon compte, ils ne peuvent pas faire les frais de laver leurs terres &amp; de les passer au tamis, comme le font ceux qui travaillent de belle fa\u00efance. L\u2019op\u00e9ration de <u>voguer<\/u> est fatigante\u00a0; car pour la plupart des ustensiles que font les potiers, la terre doit \u00eatre p\u00e9trie bien plus ferme que pour faire des carreaux, sur-tout quand on fait de grands vases, tels que Fig. 6 &amp; 7, Pl. III, qui, sans cela ne pouvant se soutenir, se d\u00e9formeroient, &amp; l\u2019on <u>vogue<\/u> la terre avec beaucoup plus de soin pour certains ouvrages que pour d\u2019autres.<\/p><\/blockquote><p>On retrouve par ailleurs dans cette brochure le mot \u00ab\u00a0vaucour\u00a0\u00bb (p. 83b, \u00ab\u00a0<em>Vaucour<\/em>. Tablette de bois sur laquelle pose la terre qui doit \u00eatre travaill\u00e9e, pag. 22.\u00a0\u00bb \/ p. 22\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] <em>k<\/em>, sont des tablettes qu\u2019on nomme <em>Vaucour<\/em>, \u00e9tablies autour de l\u2019ouvrier, sur lesquelles il met ses balles de terre qui vont \u00eatre travaill\u00e9es, les vases qu\u2019il a faits, une jatte dans laquelle il y a de l\u2019eau, &amp; une espece de calibre ordinairement de fer, qu\u2019on nomme <em>Atelle<\/em>.\u00a0\u00bb).<\/p><p>Dans le \u00ab\u00a0Rapport fait \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie des Sciences, par MM. Desmarets &amp; de Jussieu le jeune, nomm\u00e9s pour examiner l\u2019art du Potier, de M. Duhamel\u00a0\u00bb, les auteurs ne voient rien \u00e0 redire au mot \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019argille (sic) destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre travaill\u00e9e sur le tour subit les m\u00eames pr\u00e9parations que celle qui est employ\u00e9e pour les carreaux. On l\u2019imbibe d\u2019eau, on la p\u00eatrit entre les mains, ce qui se nomme <em>Voguer<\/em>, &amp; on la m\u00eale avec du sable. [\u2026]\u00a0\u00bb (dans abb\u00e9 Rozier, <em>Observations sur la physique, sur l\u2019histoire naturelle et sur les arts<\/em>, Paris, t. I, 1773, p. 482).<\/p><p>Dans la r\u00e9\u00e9dition de 1777 \u00e0 Neuch\u00e2tel de \u00ab\u00a0L\u2019art du potier de terre\u00a0\u00bb, il a toutefois \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 utile, pour la bonne compr\u00e9hension du mot \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb, d\u2019ajouter une note en allemand (note 27) \u00e0 son apparition dans le texte\u00a0: \u00ab\u00a0En all. <em>Mit den H\u00e4nden wircken<\/em>\u00a0\u00bb [= \u00e9tirer, tordre avec les mains] (<em>Descriptions des arts et m\u00e9tiers, faites ou approuv\u00e9es par messieurs de l\u2019Acad\u00e9mie royale des sciences de Paris. Avec figures en taille-douce. Nouvelle \u00e9dition publi\u00e9e avec des observations, &amp; augment\u00e9e de tout ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit de mieux sur ces mati\u00e8res, en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, en Italie. Par J. E. Bertrand, Professeur en Belles-Lettres \u00e0 Neuch\u00e2tel, membre de l\u2019Acad\u00e9mie des Sciences de Munich<\/em>, t. VIII, Neuch\u00e2tel, Soci\u00e9t\u00e9 typographique, 1777, p. 291)\u00a0; la traduction est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e dans le lexique, p.\u00a0358.<\/p><p>M\u00eame si le <em>Dictionnaire de la langue fran\u00e7aise<\/em> d\u2019\u00c9mile Littr\u00e9 m\u00e9nage une place \u00e0 un article VOQUER qui pr\u00e9cise que voquer \u00ab\u00a0se dit aussi voguer\u00a0\u00bb (t. IV, 1872), il faut se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence\u00a0: la cr\u00e9ation d\u2019un terme de poterie \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb par l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, m\u00eame valid\u00e9e par l\u2019Acad\u00e9mie des Sciences, ne lui assurera pas pour autant une inscription p\u00e9renne dans la langue fran\u00e7aise. Le <em>Manuel lexique, ou Dictionnaire portatif des mots fran\u00e7ois dont la signification n\u2019est pas familiere \u00e0 tout le monde<\/em> (nouvelle \u00e9dition consid\u00e9rablement augment\u00e9e. t. II, Paris, Didot, 1770) ne le retient pas et maintient une entr\u00e9e VOQUER (p. 658b). Le <em>Trait\u00e9 de l\u2019orthographe fran\u00e7oise en forme de dictionnaire<\/em>, quelle qu\u2019en soit l\u2019\u00e9dition jusqu\u2019en 1797, ne le consid\u00e9rera jamais et s\u2019en tiendra toujours \u00e0 VOQUER (comme le dictionnaire de Richelet, au moins jusque 1793). Le <em>Dictionnaire fran\u00e7ois-hollandais et hollandois-fran\u00e7ois contennant la signification et les diff\u00e9rents usages des mots, les termes d\u2019arts, de sciences, de m\u00e9tiers, et de marine<\/em> (O. R. F. W. Winkelman, Utrecht, chez Barthelemy Wild, 1783, p. 1055b) prendra le m\u00eame parti [et, dans le m\u00eame genre aussi, le <em>Dictionnaire fran\u00e7ois-italien de M. l\u2019abb\u00e9 Fran\u00e7ois Alberti de Villeneuve<\/em> [\u2026] par L. Nardini et M. Caietan Nassoin, Venise, 1810, chez les h\u00e9ritiers Sansoni, t. I, p. 511a.]<\/p><p><em>Le grand vocabulaire fran\u00e7ais<\/em> dans son volume 30 de 1774 (VIP-Z) ne tient pas compte non plus de \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb, mais pas davantage de \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb. L\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> d\u2019Yverdon (1775, t. 42) laisse lui aussi tomber les deux mots. M\u00eame traitement dans la <em>Table analytique et raisonn\u00e9e des mati\u00e8res <\/em>de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die <\/em>du pasteur Mouchon (1780) qui n\u2019enregistre pas la vedette VOQUER \u2013 et pourquoi le faire\u00a0? non seulement elle ne n\u2019ouvre pas sur une d\u00e9finition du terme qu\u2019elle recouvre, elle en signale un qui n\u2019est m\u00eame pas fran\u00e7ais \u2013\u00a0; mais comme l\u2019entr\u00e9e VOGUER chez les potiers de terre n\u2019existe pas davantage, il n\u2019en sera pas non plus question. Quant \u00e0 l\u2019<em>Encyclop\u00e9die m\u00e9thodique<\/em>, dans le dictionnaire des \u00ab\u00a0Arts et m\u00e9tiers m\u00e9caniques\u00a0\u00bb de Jacques Lacombe, POTIER DE TERRE (Art du) (Paris, chez Panckoucke, 1789, t. VI, pp. 603-614), l\u2019\u00e9tape pr\u00e9paratoire consistant \u00e0 bien malaxer la terre avant de monter sur la roue n\u2019est pas vraiment pr\u00e9sent\u00e9e\u00a0; aussi ni \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb. ni \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb ne se lisent, mais \u00ab\u00a0vaucour\u00a0\u00bb y est d\u00e9fini, et les termes de battre, corroyer, pi\u00e9tiner sont employ\u00e9s.<\/p><p>Plus tardivement encore, le <em>Suppl\u00e9ment au Dictionnaire de l\u2019Acad\u00e9mie, ainsi qu\u2019\u00e0 la plupart des autres lexiques fran\u00e7ais, contenant les termes appropri\u00e9s aux arts et aux sciences, et les mots nouveaux consacr\u00e9s par l&rsquo;usage<\/em> (Paris, chez Masson et fils, 1824, p. 552b) fera en revanche encore appara\u00eetre une vedette d\u2019adresse VOQUER (\u00ab\u00a0Disposer, pr\u00e9parer l\u2019argile\u00a0\u00bb) que maintiendra \u00e0 l\u2019identique le <em>Dictionnaire g\u00e9n\u00e9ral de la langue fran\u00e7aise et vocabulaire universel des sciences, des arts et des m\u00e9tiers<\/em> de F. Raymond (t. II, M-Z, Paris, 1832, p. 768a). Il existe en r\u00e9alit\u00e9, Marie, d\u00e8s le tout d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, un nombre relativement important d\u2019ouvrages mentionnant le \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb des potiers (mais pas le \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb de Diderot) qu\u2019il est inutile de rappeler ici.<\/p><p>Que dire finalement de tout cela\u00a0? Le succ\u00e8s du terme \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb de Diderot a \u00e9t\u00e9 de courte dur\u00e9e. Mais quel plaisir tout de m\u00eame pour lui \u2013 si tant est qu\u2019il s\u2019en soit rendu compte \u2013 de voir le Tr\u00e9voux se soumettre et les <em>Descriptions des arts et m\u00e9tiers<\/em> pour le coup le \u00ab\u00a0plagier\u00a0\u00bb (voir l\u2019affaire Patte, \u00e9tudi\u00e9e par Emmanuel Boussuge et Fran\u00e7oise Launay).<\/p><h3><strong>R\u00e9ception et suites<\/strong><\/h3><p>Sans surprise, l\u2019article VOQUER de Diderot n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 repris et n\u2019a connu aucune suite dans aucun ouvrage du dernier tiers du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, en dehors des r\u00e9\u00e9ditions suivantes de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> o\u00f9 il se retrouve \u00e0 l\u2019identique\u00a0:<\/p><ul><li>VOQUER, <em>Encyclop\u00e9die<\/em> de Lucques, 1771, t. XVII, p. 404a.<\/li><li>VOQUER, <em>Encyclop\u00e9die<\/em> de Livourne, 1775, 3<sup>e<\/sup> \u00e9d., t. XVII, p. 788a.<\/li><li>VOQUER, <em>Encyclop\u00e9die<\/em> de Gen\u00e8ve, 1778, chez Pellet, t. XXXV, p. 832b.<\/li><li>VOQUER, <em>Encyclop\u00e9die<\/em> de Lausanne et Berne, 1781, t. XXXVI, p. 265a.<\/li><\/ul><p>Quant \u00e0 l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> d\u2019Yverdon (<em>ou Dictionnaire universel raisonn\u00e9 des connoissances humaines, mis en ordre par M. De Felice<\/em>), l\u2019article VOQUER de Diderot est tout bonnement effac\u00e9 du tome 42 (1775) (avec, il est vrai, un certain nombre d\u2019autres comme ceux qui le suivaient\u00a0: \u00ab\u00a0VORACE, adj. VORACIT\u00c9, s. f. (<em>Gram<\/em>.)\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0VORDONIA, (<em>G\u00e9og. mod<\/em>.)\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0VOREDA, (<em>G\u00e9og. anc<\/em>.)\u00a0\u00bb).<\/p><p>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la contestation du mot du Tr\u00e9voux par l\u2019\u00e9diteur principal du dictionnaire raisonn\u00e9 mais sans proposition concluante de remplacement a sans doute conduit \u00e0 la prudence\u00a0; on s\u2019est peu risqu\u00e9 \u00e0 employer le terme \u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb et on s\u2019est tu sur \u00ab\u00a0voquer\u00a0\u00bb. On rel\u00e8ve cependant au moins une exception, d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9e\u00a0:<\/p><ul><li>&#8211; le <em>Manuel lexique, ou Dictionnaire portatif des mots fran\u00e7ois dont la signification n\u2019est pas familiere \u00e0 tout le monde. Ouvrage fort utile \u00e0 ceux qui ne sont pas vers\u00e9s dans les langues anciennes &amp; modernes, &amp; dans toutes les connoissances qui s\u2019acquerent par l\u2019\u00e9tude &amp; le travail, pour donner aux mots leur sens juste &amp; exact dans la lecture, dans le langage &amp; dans le style. \u2026 Nouvelle \u00e9dition consid\u00e9rablement augment\u00e9e<\/em>, t. II, Paris, Didot, 1770, (p. 658b) qui propose un article VOQUER sous cette forme\u00a0:<\/li><\/ul><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>VOQUER, v. actif. Terme de potier, qui signifie tourner la terre entre les mains &amp; l\u2019appr\u00eater, pour la mettre en \u0153uvre sur la roue.<\/p><\/blockquote><p>Effectivement, un \u00ab\u00a0mot fran\u00e7ais dont la signification n\u2019est pas famili\u00e8re\u00a0\u00bb, d\u00e9fini dans son \u00ab\u00a0sens juste et exact\u00a0\u00bb. Le <em>Manuel lexique<\/em> \u00e9tait un ouvrage assur\u00e9ment \u00ab\u00a0fort utile\u00a0\u00bb, du moins \u00e0 ceux non vers\u00e9s dans la langue de l\u2019art des potiers de terre. Mais le <em>Manuel lexique<\/em> n\u2019a fait que reprendre \u2026 le Tr\u00e9voux d\u2019avant l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>.<\/p><p>[Remarque : Voguer n\u2019est pas la seule cr\u00e9ation lexicale sans succ\u00e8s de Diderot dans son grand ouvrage. On peut citer le cas de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v1-50-3\/\">*Abaque<\/a> (\u00ab Le grand abaque est encore une espece d\u2019auge dont on se sert dans les Mines pour laver l\u2019or. \u00bb) qui sous cette forme est lui aussi un mot fran\u00e7ais mais non de la langue des arts ; voir le dossier critique associ\u00e9 dans l\u2019<em>ENCCRE<\/em>.]<\/p><h3><strong>L\u2019art du potier de terre<\/strong><\/h3><h5><strong>L\u2019impr\u00e9cision du domaine<\/strong><\/h5><p>Ch\u00e8re Marie, nous savons d\u00e9sormais ce qu\u2019il en est de voquer. Il reste \u00e0 voir dans quel ensemble le terme s\u2019ins\u00e8re au sein de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. Je dis ensemble car parler de domaine de savoir est un peu probl\u00e9matique. La pr\u00e9sentation de l\u2019art du potier de terre dans le dictionnaire raisonn\u00e9 n\u2019est sans doute pas aboutie ni v\u00e9ritablement construite.<\/p><p>L\u2019art du potier de terre int\u00e8gre de fait l\u2019entreprise de Description des Arts &amp; M\u00e9tiers men\u00e9e par Diderot d\u00e8s le volume premier de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> avec deux articles, puis quatre dans le suivant, aucun dans le t. III, cinq dans le t. IV, et un seul dans chacun des deux derniers avant l\u2019interdiction de l\u2019ouvrage. Seize articles de l\u2019art du potier de terre, suivant leur d\u00e9signant, paraissent ainsi de 1751 \u00e0 1757 mais sans jamais s\u2019inscrire dans une coh\u00e9rence d\u2019ensemble.<\/p><p>Le traitement de l\u2019art du potier de terre contraste par rapport \u00e0 celui r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019art connexe du fa\u00efencier. M\u00eame nombre d\u2019articles (quinze pour ce dernier sur la m\u00eame p\u00e9riode, dont trois en commun avec le premier) mais tous organis\u00e9s autour d\u2019un article-ma\u00eetre, un article dit \u00ab\u00a0trait\u00e9 de l\u2019art\u00a0\u00bb [voir le dossier transversal sur l\u2019attribution des articles de la Description des Arts &amp; M\u00e9tiers]\u00a0: l\u2019article FAYENCE du t. VI\u00a0; si ce n\u2019est par un renvoi interne en plus de l\u2019unit\u00e9 du propos, par un d\u00e9signant explicite (fa\u00efencier ou fa\u00efence). FAYENCE est un article complet qui expose dans le d\u00e9tail et avec la pr\u00e9cision des mots de m\u00e9tier l\u2019ensemble des instruments, machines, proc\u00e9d\u00e9s et \u00e9tapes de l\u2019art dont il est question, de la mati\u00e8re premi\u00e8re \u00e0 employer \u00e0 sa pr\u00e9paration, mise en forme, cuisson et peinture. Diderot semble avoir men\u00e9 lui-m\u00eame l\u2019enqu\u00eate (voir le \u00a719) qu\u2019il expose en lien avec des figures auxquelles il renvoie. Le rapprochement de l\u2019art du potier de terre avec celui du fa\u00efencier n\u2019est pas simplement comparatif puisque FAYENCE nous apprend qu\u2019une s\u00e9rie commune de planches pour les deux arts \u00e9tait pr\u00e9vue, les deux m\u00e9tiers \u00e9tant il est vrai tr\u00e8s proches\u00a0; on lit, \u00a72\u00a0: \u00ab\u00a0Voyez, Planches du Potier de terre &amp; du Fayencier\u00a0\u00bb. Le rapport de visite des commissaires de l\u2019Acad\u00e9mie Royale des Sciences chez le libraire Le Breton confirme que le projet \u00e9tait encore d\u2019actualit\u00e9 le 16 janvier 1760 [merci \u00e0 Emmanuel Boussuge de m\u2019avoir fait conna\u00eetre ce document]. On parlait alors de trois planches [le <em>Recueil des planches sur les sciences et les arts<\/em> en montrera finalement douze pour la fa\u00efencerie uniquement (vol. IV, 1767), et dix-huit pour la poterie de terre (vol. VIII, 1771)].<\/p><p>Autant l\u2019art du fa\u00efencier est soign\u00e9, autant l\u2019art du potier de terre para\u00eet improvis\u00e9 et subir le d\u00e9roulement alphab\u00e9tique de la nomenclature du dictionnaire raisonn\u00e9. Quand d\u00e9marre la publication de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, aucun plan d\u2019exposition de cet art ne semble visiblement avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli. La mani\u00e8re dont Diderot a r\u00e9dig\u00e9 son article ALQUIFOUX est r\u00e9v\u00e9latrice de cet \u00e9tat de fait.<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>*ALQUIFOUX, espece de plomb min\u00e9ral tr\u00e8s pesant, facile \u00e0 pulv\u00e9riser, mais difficile \u00e0 fondre. Quand on le casse, on lui remarque une \u00e9caille blanche, luisante, cependant d\u2019un \u0153il noir\u00e2tre, du reste assez semblable \u00e0 l\u2019aiguille de l\u2019antimoine. Ce plomb vient d\u2019Angleterre en saumons de diff\u00e9rentes grosseurs &amp; pesanteurs. Plus il est gras, lourd &amp; liant, meilleur il est.<\/p><\/blockquote><p>Rien ne laisse entendre ici que l\u2019on a affaire \u00e0 un min\u00e9ral dont le principal usage se constate aupr\u00e8s des potiers de terre. Cet article est la simple r\u00e9criture de l\u2019article homonyme du <em>Dictionnaire universel de commerce<\/em> de Savary (t. I, p. 637b)\u00a0; il en omet toutefois une phrase\u00a0: \u00ab\u00a0Les potiers de terre s\u2019en servent pour vernir leurs ouvrages en verd\u00a0\u00bb. Jaucourt, s\u2019appuyant sur le m\u00eame auteur dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v12-1905-24\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Plomb min\u00e9ral<\/span> (<em>Poterie<\/em>)<\/a> pr\u00e9cisera bien que \u00ab\u00a0celui que l\u2019on nomme ordinairement alquifoux, n\u2019a autre usage en France que pour les Potiers-de-terre qui s\u2019en servent, apr\u00e8s l\u2019avoir pulv\u00e9ris\u00e9, \u00e0 vernir leur poterie\u00a0\u00bb. Il en signalait d\u00e9j\u00e0 le danger pour ces ouvriers dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v3-1446-2\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Colique de Poitou<\/span> (<em>M\u00e9decine<\/em>)<\/a>\u00a0: \u00ab\u00a0Les Potiers de terre, qui se servent de l\u2019alquifoux, espece de plomb min\u00e9ral difficile \u00e0 fondre, ou de plomb en poudre, pour vernir leurs ouvrages, sont fort sujets \u00e0 cette espece de colique\u00a0\u00bb (\u00a719). Lors de la pr\u00e9paration du volume premier de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, la mention de l\u2019usage exclusif de l\u2019alquifoux par les potiers de terre semblait alors superflue aux yeux de son principal \u00e9diteur. Et, pourtant, dans un article anonyme du t. XIII qui peut lui \u00eatre attribu\u00e9 avec une assez forte probabilit\u00e9, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v12-1909-8\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Plomber<\/span> (<em>en terme de Potier de terre<\/em>)<\/a>, il va confirmer l\u2019emploi courant de ce minerai dans ce corps de m\u00e9tier et reprendre \u00e0 son compte le renvoi \u00e0 ALQUIFOUX de Savary, de nouveau sa source. ALQUIFOUX se voit <em>a posteriori<\/em> li\u00e9 au domaine du potier de terre.<\/p><p>Le premier article d\u00e9sign\u00e9 comme \u00ab\u00a0terme de potier de terre\u00a0\u00bb est <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v1-158-0\/\">ABONNIR<\/a>, non sign\u00e9. Il est tir\u00e9 du <em>Dictionnaire de la langue fran\u00e7oise ancienne et moderne<\/em> de Richelet (\u00e9d. de 1740 par ex.) [et non du Tr\u00e9voux qui le reprend \u00e9galement mais sans pr\u00e9ciser que l\u2019on s\u00e8che la terre \u00ab\u00a0\u00e0 demi\u00a0\u00bb]. Le renvoi \u00e0 REBATTRE qui lui est joint est un ajout directement sugg\u00e9r\u00e9 par sa source qui \u00e9voquait un \u00e9tat de la mati\u00e8re \u00ab\u00a0\u00e0 rebattre\u00a0\u00bb. Le travail auquel se rattache le terme abonnir est celui du carreleur. Avec ABONNIR, l\u2019art du potier de terre appara\u00eet en effet d\u2019abord li\u00e9 \u00e0 ce que l\u2019on pourrait appeler la poterie moul\u00e9e. C\u2019est \u00e0 ce sous-domaine que se rapportent les articles suivants du champ encyclop\u00e9dique de l\u2019art du potier de terre\u00a0: ABONNIR (<em>terme de potier de terre<\/em>), <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v2-670-9\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Batte<\/span> (<em>terme de Potier de terre<\/em>)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v2-680-11\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Battre<\/span> (<em>en terme de Potier<\/em>)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v4-893-41\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Couteau \u00e0 tailler<\/span> (<em>en terme de Potier de terre<\/em>)<\/a> [avec renvoi \u00e0 \u00ab\u00a0Pl. 1. fig. 3\u00a0\u00bb correspondant en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la fig. 14 de la Pl. I de la sous-s\u00e9rie sur le Carreleur de la vaste s\u00e9rie sur l\u2019Architecture, vol. I], <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1764-17\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Equerre<\/span> (<em>en terme de Potier de terres<\/em>)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-499-2\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Faitiere<\/span> (<em>en termes de Potier de terre<\/em>)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v10-2118-31\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Moule<\/span> (<em>en terme de potier<\/em>)<\/a> [avec renvoi \u00ab\u00a0Voyez les Planches\u00a0\u00bb, possiblement la Pl. I de la s\u00e9rie sur la Tuilerie], <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v10-2120-4\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Mouler<\/span> (<em>en terme de Potier<\/em>)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v11-2334-12\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Palette<\/span> (<em>chez les <\/em><em>Potiers<\/em><em>, les <\/em><em>Faiseurs de creusets<\/em><em>, &amp;c<\/em>.)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v12-1766-9\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Plane<\/span> (<em>en terme de Potier de terre<\/em>)<\/a> [avec renvoi \u00e0 des \u00ab\u00a0Pl.\u00a0\u00bb, concr\u00e8tement \u00e0 la fig. 9 de la Pl. I du Carreleur], et <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-2294-0\/\">REBATTRE (<em>en terme de potier<\/em>)<\/a>. Si un sous-domaine nomm\u00e9 dans le pr\u00e9sent dossier critique \u00ab\u00a0poterie moul\u00e9e\u00a0\u00bb para\u00eet se dessiner, son existence en tant que telle dans la cha\u00eene des connaissances humaines que recouvre l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> n\u2019en est pas moins assez incertaine. Il rel\u00e8ve formellement \u2013 par les d\u00e9signants qui suivent les vedettes d\u2019adresse concern\u00e9es \u2013 de la \u00ab\u00a0poterie de terre\u00a0\u00bb (le \u00ab\u00a0de terre\u00a0\u00bb pouvant-\u00eatre sous-entendu). Or, ni <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-0\/\">POTERIE (<em>ouvrage de Potier<\/em>)<\/a>, ni <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-403-2\/\">POTIER DE TERRE (<em>Poterie de terre<\/em>)<\/a>, pas plus <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span> (<em>Art. m\u00e9chan<\/em>.)<\/a> ne le consid\u00e8rent\u00a0; ils n\u2019en traitent tout simplement pas. On a affaire avec les articles de poterie dite moul\u00e9e \u00e0 un expos\u00e9 non achev\u00e9 sur des m\u00e9tiers sp\u00e9cifiques travaillant l\u2019argile\u00a0; expos\u00e9 rejet\u00e9 sans v\u00e9ritable r\u00e9flexion sous l\u2019\u00e9tiquette \u00ab\u00a0potier de terre\u00a0\u00bb et d\u00e9tach\u00e9, dans les volumes de discours du dictionnaire raisonn\u00e9, des domaines du carreleur, du briquetier, du tuilier avec lesquels il ne devrait pas y avoir de solution de continuit\u00e9 puisqu\u2019il y est question des ouvrages m\u00eame, et de leur emploi, de cette poterie moul\u00e9e (comme on le constate \u00e0 la lecture de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v2-3739-0\/\">*CARREAU<\/a> et de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v16-2314-0\/\">TUILE<\/a> renvoyant \u00e0 <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v2-2320-0\/\">*BRIQUE<\/a> pour la pr\u00e9paration et cuisson de leur objet). Par contre, ce type de poterie trouve naturellement sa place, dans le <em>Recueil des Planches<\/em>, dans les s\u00e9ries d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la Tuilerie et au Carreleur (vol. I), mais aussi \u00e0 la Fa\u00efencerie (vol. IV) et m\u00eame \u00e0 la Manufacture des glaces (vol. IV\u00a0: Pl. IV, V et X)\u00a0; type de poterie que l\u2019on voit ainsi clairement mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la s\u00e9rie sur le Potier de terre (vol. VIII) [on notera en passant que \u00ab\u00a0tuilerie\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0briqueterie\u00a0\u00bb sont synonymes, voir <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v16-2318-0\/\">TUILERIE<\/a> de Jaucourt ; et \u00ab tuile \u00bb et \u00ab brique \u00bb sont apparent\u00e9s, voir le \u00a716 de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v2-2320-0\/\">*BRIQUE<\/a>]. La poterie moul\u00e9e se rattache en tant qu\u2019activit\u00e9 \u00e0 la poterie de terre en g\u00e9n\u00e9ral (comme les arts de la fa\u00efence et de la porcelaine d\u2019ailleurs) mais s\u2019exprime dans divers m\u00e9tiers \u00e0 bien distinguer de celui que l\u2019on va finalement proprement appeler potier de terre. [On notera le cas ind\u00e9cis de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-175-10\/\">*<span style=\"font-variant: small-caps;\">Fosse<\/span><\/a> qui renvoie \u00e0 FAYENCIER et \u00e0 <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-403-2\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Potier de terre<\/span><\/a>. Le terme est plusieurs fois cit\u00e9 dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a> et dans le d\u00e9tail de ses figures associ\u00e9es, mais nulle part dans les articles et explications des planches de la poterie tourn\u00e9e (alors qu\u2019il devrait bien y avoir des fosses ou foss\u00e9s pour la glaise). En revanche, on parle et montre la fosse pour d\u00e9tremper la terre glaise dans la s\u00e9rie sur la Tuilerie du <em>Recueil des Planches<\/em>. Il est donc fort possible que Diderot ait eu en t\u00eate le travail de la tuilerie quand il a r\u00e9dig\u00e9 son article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-175-10\/\">*<span style=\"font-variant: small-caps;\">Fosse<\/span><\/a>. Dans le doute, je le conserve tout de m\u00eame au sein d\u2019un champ de la poterie de terre (tourn\u00e9e) identifi\u00e9 dans mon dossier.]<\/p><p>Plus ambigu, Marie, est le cas du fournaliste. L\u2019article qui prend pour sujet \u00ab\u00a0l\u2019ouvrier qui fait toutes les grosses pieces comprises sous le nom g\u00e9n\u00e9ral de fourneaux\u00a0\u00bb est <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-240-0\/\">FOURNALISTE<\/a>, d\u00e9sign\u00e9 par l\u2019expression \u00ab\u00a0en terme de Potier de terre\u00a0\u00bb. Le fournaliste n\u2019est pourtant \u00ab\u00a0point du corps des Potiers de-terre\u00a0\u00bb, y apprend-on. C\u2019est pour cela que, tout comme <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v2-1374-3\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Biscuit<\/span><\/a> distinguait dans son d\u00e9signant entre les \u00ab\u00a0Fayenciers\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Potiers de terre\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0ouvriers en Porcelaine\u00a0\u00bb, l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v4-571-3\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Corroyer la terre glaise<\/span><\/a> tient \u00e0 marquer la diff\u00e9rence entre les \u00ab\u00a0Potiers de terre\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0Fournalistes\u00a0\u00bb mais aussi les \u00ab\u00a0Sculpteurs\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0Fontainiers\u00a0\u00bb, avant de renvoyer pour plus de pr\u00e9cision \u00e0 <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-0\/\">POTERIE<\/a> qui ne voudra consid\u00e9rer toutefois que les premiers, alors que le fournaliste est \u00e9galement potier comme on le lit dans le d\u00e9signant de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v14-1402-23\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Rouleau<\/span><\/a>\u00a0: \u00ab\u00a0en terme de Potier fournaliste\u00a0\u00bb. Encore une fois, les volumes de discours de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, pris dans leur ensemble, offrent une image ind\u00e9cise de ce que l\u2019on doit entendre par \u00ab\u00a0potier de terre\u00a0\u00bb. Et alors que l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-403-0\/\">POTIER (<em>terme g\u00e9n\u00e9ral<\/em>)<\/a> d\u00e9signe par potier \u00ab\u00a0celui qui fait ou qui vend des pots &amp; de la vaisselle. Si les pots &amp; vaisselles sont d\u2019\u00e9tain, on l\u2019appelle potier d\u2019\u00e9tain\u00a0; &amp; potier de terre, s\u2019il ne travaille qu\u2019en vaisselle &amp; poterie de terre\u00a0\u00bb, la s\u00e9rie du Potier de terre du volume VIII du <em>Recueil des Planches<\/em> accueille sans discussion le fournaliste, aussi bien que le fabricant de pipe. On en conclut que le v\u00e9ritable domaine encyclop\u00e9dique de l\u2019art du potier de terre \u2013 et contre ce que peut indiquer le d\u00e9signant d\u2019une vedette d\u2019adresse \u2013 recouvre strictement la poterie tourn\u00e9e, de la petite vaisselle aux grands fourneaux des chimistes et des h\u00f4tels des monnaies en passant par les divers r\u00e9chauds ainsi que l\u2019artisanat de la pipe\u00a0; la fa\u00efencerie, qui englobe plus ou moins l\u2019art de la porcelaine formant un domaine certes li\u00e9 mais bien \u00e0 part. On notera toutefois que dans leur livraison de 1773 sur \u00ab\u00a0L\u2019art du potier de terre\u00a0\u00bb de Duhamel du Monceau, les <em>Descriptions des arts et m\u00e9tiers <\/em>de l\u2019Acad\u00e9mie Royale des Sciences saisiront ensemble les activit\u00e9s des potiers de terre tourn\u00e9e, de fournalistes et de carreleurs, s\u2019agissant l\u00e0 d\u2019\u00ab\u00a0ouvriers qui font des ouvrages communs, &amp; qui, pour cette raison, peuvent \u00eatre donn\u00e9s \u00e0 bon march\u00e9\u00a0\u00bb (p. 1) (\u00ab\u00a0[\u2026] le faiseur de pipes, le fa\u00efencier, &amp; m\u00eame ceux qui font de la porcelaine, sont des potiers de terre, mais qui font des ouvrages beaucoup plus parfaits que ceux dont nous allons parler\u00a0\u00bb). [\u00ab\u00a0L\u2019art du tuilier et du briquetier\u00a0\u00bb de la m\u00eame collection (de Duhamel, Fourcroy et Gallon) avait d\u00e9j\u00e0 paru, en 1763.] La d\u00e9limitation de l\u2019art du potier de terre est ainsi pure affaire de choix \u00e9ditorial\u00a0; le probl\u00e8me est que l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> a fait le sien bien tard et sans conviction.<\/p><p>Les choses sont peut-\u00eatre d\u00e9sormais plus claires pour nous, Marie, qui appr\u00e9hendons l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> dans sa forme achev\u00e9e, mais elles restaient un temps encore confuses pour Diderot. Encore dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-499-2\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Faitiere<\/span> (<em>en termes de Potier de terre<\/em>)<\/a> du t. VI, il ins\u00e8re un renvoi \u00e0 POTIER DE TERRE, alors que ce qu\u2019il d\u00e9crit se trouvera illustr\u00e9 dans les Pl. I et II du Tuilier dans le <em>Recueil des Planches<\/em>, et que rien n\u2019en sera dit bien s\u00fbr dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-403-2\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Potier de terre<\/span><\/a>. Si les contours du champ du potier de terre demeurent flous en 1756 pour le responsable de la partie sur la Description des Arts &amp; M\u00e9tiers du dictionnaire raisonn\u00e9, c\u2019est que son trait\u00e9 de l\u2019art n\u2019est certainement pas encore r\u00e9dig\u00e9, et que la vedette d\u2019adresse sous laquelle il se rangera n\u2019est toujours pas fix\u00e9e : dans <span style=\"font-variant: small-caps;\"><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-499-2\/\">Faitiere<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-175-10\/\">Fosse<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v2-1374-3\/\">Biscuit<\/a>,<\/span> on envisage l\u2019article POTIER DE TERRE, mais <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-240-0\/\">FOURNALISTE<\/a> et plus tard <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v11-2334-12\/\">PALETTE<\/a> avancent POTIER, et dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v2-250-7\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Ballons<\/span><\/a>, POT \u00a0; quant \u00e0 <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v4-760-0\/\">*<span style=\"font-variant: small-caps;\">Couleur<\/span><\/a>, c\u2019\u00e9tait POTERIE DE TERRE. Seul <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v4-571-3\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Corroyer la terre glaise<\/span><\/a> avait vu juste, si on peut dire, en sugg\u00e9rant POTERIE. Dans tous les cas, l\u2019article-ma\u00eetre de l\u2019art du potier de terre trouvera place dans les volumes interdits, pr\u00e9par\u00e9s dans la clandestinit\u00e9, avec Diderot \u00e9galement investi dans une \u00e9laboration du <em>Recueil des Planches<\/em> secou\u00e9e par l\u2019affaire Patte\u00a0; conditions bien diff\u00e9rentes de celles dans lesquelles a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 l\u2019art de la fa\u00efence.<\/p><h5><strong>Le domaine du potier de terre\u00a0: domaine d\u00e9sordonn\u00e9 et subalterne<\/strong><\/h5><p>Du point de vue de la Description des Arts &amp; M\u00e9tiers, notre article VOQUER prend ainsi place dans un ensemble dont la coh\u00e9rence reposait au d\u00e9part de l\u2019entreprise encyclop\u00e9dique, comme on l\u2019a vu, sur la simple consid\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale du travail de la terre glaise ou argile attendrie, p\u00e9trie et mise en forme, ou comme Diderot l\u2019expose dans son <em>Explication d\u00e9taill\u00e9 du syst\u00e8me des connaissances humaines<\/em> (t. I, p. xlviij) du \u00ab\u00a0travail &amp; [de] l\u2019emploi de la terre\u00a0\u00bb. Cette mati\u00e8re est effectivement une des plus utiles aux soci\u00e9t\u00e9s, comme le rappelle Daubenton dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v1-2836-0\/\">ARGILLE (<em>Hist. nat.<\/em> <em>foss<\/em>.)<\/a> [d\u2019Holbach en compl\u00e9tera le propos dans le t. VII \u00e0 l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-1115-0\/\">GLAISE, TERRE GLAISE, ARGILLE, (<em>Hist. nat.<\/em> <em>Min\u00e9ralog.<\/em> <em>Agric<\/em>.)<\/a>, pour ce qui rel\u00e8ve de la chimie et de l\u2019\u00e9conomie rustique]\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>terre pesante, compacte, grasse, &amp; glissante. L\u2019argille a de la t\u00e9nacit\u00e9 &amp; de la ductilit\u00e9 lorsqu\u2019elle est humide, mais elle devient dure en s\u00e9chant, &amp; ce changement de consistance n\u2019en desunit point les parties\u00a0; c\u2019est pourquoi cette terre est propre \u00e0 diff\u00e9rens usages. On en fait des vases de toute espece, des tuiles, des briques, des carreaux, des modeles de sculpture, &amp;c. car on peut lui donner toutes sortes de formes lorsqu\u2019elle est molle, &amp; elle les conserve apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 durcie au feu. Dans cet \u00e9tat elle r\u00e9siste \u00e0 l\u2019humidit\u00e9\u00a0; &amp; si on pousse le feu \u00e0 un certain point, on la vitrifie. [\u2026] C\u2019est une matiere des plus abondantes &amp; des plus utiles que nous connoissions.<\/p><\/blockquote><p>Ont alors \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s indiff\u00e9remment, dans l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, sous la m\u00eame d\u00e9nomination de \u00ab\u00a0potier de terre\u00a0\u00bb des activit\u00e9s dont l\u2019objet et la destination seront davantage distingu\u00e9s au cours du d\u00e9veloppement de l\u2019ouvrage (production de pots et vaisseaux bien s\u00fbr mais aussi de carreaux, briques, tuiles, pipes, r\u00e9chauds et fourneaux, et \u2013 plus nobles \u2013 fa\u00efence et porcelaine, enfin \u2013 moins courant \u2013 fontaines qui pour une part se rattache davantage \u00e0 l\u2019art de la sculpture d\u2019embl\u00e9e distingu\u00e9 de la poterie).<\/p><p>Pour ce qui est pr\u00e9cis\u00e9ment de l\u2019art du potier de terre comme champ du savoir encyclop\u00e9dique finalement identifi\u00e9 dans le dictionnaire raisonn\u00e9, il se pr\u00e9sente sous la forme de 68 articles, dont les 4\/5 sont r\u00e9partis dans les volumes interdits, tr\u00e8s faiblement organis\u00e9s autour de deux articles qui du point de vue formel uniquement repr\u00e9sentent pour l\u2019un \u2013 <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span> (<em>Art. m\u00e9chan<\/em>.)<\/a> l\u2019article-trait\u00e9 de l\u2019art principal, pour l\u2019autre \u2013 <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-240-0\/\">FOURNALISTE (<em>en terme de Potier de terre<\/em>)<\/a> \u2013 l\u2019article-trait\u00e9 de l\u2019art secondaire du domaine [lequel n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 que la reprise de l\u2019article FOURNALISTE du dictionnaire de Savary, avec insertion d\u2019un renvoi \u00e0 POTERIE dans un premier paragraphe r\u00e9crit, et ajout d\u2019un dernier, un commentaire, jugeant assez pauvre le savoir des ouvriers fournalistes, sinon formulant le souhait de le voir s\u2019enrichir de connaissances scientifiques pour le progr\u00e8s de leur art\u00a0: \u00ab\u00a0Cet \u00e9tat [de fournaliste] demanderoit beaucoup plus de connoissance d\u2019Histoire naturelle, de Physique &amp; de Chimie, que ces ouvriers n\u2019en ont commun\u00e9ment\u00a0\u00bb (\u00a715)]. Ces deux articles sont d\u2019ailleurs de taille assez modeste\u00a0: respectivement 483 mots (7 \u00a7\u00a7 pour 2\/3 de colonne) et 738 mots (15 \u00a7\u00a7 pour 1 col. 1\/3), pour un domaine dans lequel le format moyen de tous les autres articles est de 60 mots seulement. Une petite poign\u00e9e d\u2019entre eux affiche un renvoi vers l\u2019un ou l\u2019autre des articles-trait\u00e9s de l\u2019art\u00a0; la grande majorit\u00e9 para\u00eet ne suivre aucun plan d\u2019ensemble. Le domaine du potier de terre est une concat\u00e9nation d\u2019articles avant tout identifi\u00e9s par des d\u00e9signants plus ou moins approchants, une fois exclus tous les articles ayant trait \u00e0 la poterie moul\u00e9e et \u00e0 la fa\u00efencerie. En voici la liste (et, dans l\u2019annexe en fin de dossier, une visualisation spatiale)\u00a0:<\/p><p><em>[explications\u00a0: Les vedettes d\u2019adresse sont soulign\u00e9es. En italique et entre parenth\u00e8ses sont les d\u00e9signants des articles, ou ce qui fait office de d\u00e9signants tel qu\u2019on les lit dans le dictionnaire raisonn\u00e9. Entre accolades sont les renvois internes pr\u00e9sents dans les articles concern\u00e9s. Suit une vedette d\u2019adresse la mention de son auteur (* ou D\u00a0: Diderot\u00a0; DJ\u00a0: Jaucourt\u00a0; dH\u00a0: d\u2019Holbach)\u00a0: entre crochets s\u2019il s\u2019agit d\u2019une proposition d\u2019attribution\u00a0; suivi d\u2019un point d\u2019interrogation si la proposition est moins assur\u00e9e. Les r\u00e8gles d\u2019attribution des articles \u00e0 Diderot, et dans une moindre mesure \u00e0 Jaucourt, sont explicit\u00e9es dans mon dossier transversal sur \u00ab\u00a0Les attributions de la Description des Arts &amp; M\u00e9tiers\u00a0\u00bb. Enfin, entre les symboles inf\u00e9rieur-sup\u00e9rieur est signal\u00e9e la source \u00e9ventuelle (Sav.\u00a0: Savary, Tr\u00e9v.\u00a0: Tr\u00e9voux, Corn.\u00a0: Corneille, d\u2019Av.\u00a0: d\u2019Aviler, pour leur dictionnaire respectif, et Caylus\u00a0: Recueil d\u2019antiquit\u00e9s \u00c9gyptiennes, \u00c9trusques, Grecques et Romaines \u2026 du comte de Caylus, 1756, t. I).]<\/em><\/p><ol><li><strong> I\u00a0:<\/strong> <u>ATTELLE<\/u> [D] (<em>il y a chez les Potiers de terre<\/em>) &lt; Sav. &gt;.<\/li><li><strong> II\u00a0:<\/strong> <u>Ballons<\/u> [D] (<em>c\u2019est ainsi qu\u2019on appelle chez les potiers de terre<\/em>) {VERRERIE\u00a0; POT} \/\/ *<u>Biscuit<\/u> (<em>terme commun aux Fayenciers, aux Potiers de terre, &amp; Ouvriers en Porcelaine<\/em>) {Couverte; Poterie de terre; FAYENCE\u00a0; PORCELAINE}.<\/li><li><strong> IV\u00a0:<\/strong> <u>Corne<\/u> [D] (<em>en terme de Potier<\/em>) \/\/ <u>Corroyer la terre glaise<\/u> [D] (<em>les Potiers de terre, les Fournalistes, les Sculpteurs, &amp; les Fontainier<\/em>s) {Poterie} &lt; Sav. &gt; \/\/ *<u>COULEUR<\/u> (<em>dans les Arts<\/em>) {PEINTURE\u00a0; EMAIL\u00a0; FAYENCE\u00a0; PORCELAINE\u00a0; Poterie de terre\u00a0; VERRE\u00a0; TEINTURE\u00a0; VERNIS} \/\/ <u>D\u00c9CHIQUETER<\/u> [D] (<em>en terme de Potier de terre<\/em>) {Palette}.<\/li><li><strong> V\u00a0:<\/strong> *<u>Embourrer<\/u> (<em>Potier de terre<\/em>) &lt; Tr\u00e9v. &gt; \/\/ <u>Estamper<\/u> [D] (<em>en terme de Potier<\/em>) {CREUX}.<\/li><li><strong> VII\u00a0:<\/strong> *<u>Fosse<\/u> (<em>les Fayenciers &amp; Potiers de terre<\/em>) {FAYENCIER\u00a0; Potier de terre} \/\/ <u>FOURNALISTE<\/u> [D] (<em>en terme de Potier de terre<\/em>) {Poterie; Fourneaux} &lt; Sav. &gt; \/\/ *<u>Fuseau<\/u> (<em>Potier-de-Terre<\/em>) {Fourneau} &lt; Sav. &gt; \/\/ *<u>GIRELLE<\/u> (<em>Potier-de-terre<\/em>) &lt; Sav. &gt;.<\/li><li><strong> VIII\u00a0:<\/strong> <u>Habiller<\/u> [D] (<em>en terme de Potier<\/em>) {CHANVRE} &lt; Tr\u00e9v. &gt;.<\/li><li><strong> X\u00a0:<\/strong> <u>Manche<\/u> [D] (<em>en termes de Potier de terre<\/em>) \/\/ <u>Marcher<\/u> [D] (<em>en terme de Potier de terre<\/em>) \/\/ <u>MASSICOT<\/u> : dH (<em>Chimie &amp; Peinture<\/em>) {Poterie} \/\/ <u>M\u00e9lange<\/u> [D] (<em>en terme de Potier<\/em>) {FOURNALISTE} \/\/ <u>Motte<\/u> [D] (<em>Fayanc. Pot<\/em>.) \/\/ <u>Mouiller<\/u> [D ?] (<em>en terme de Potier<\/em>) \/\/ <u>Moule<\/u> [D] (<em>Potier de terre<\/em>) {Fourneau} &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>Moulin<\/u> [D] (<em>en terme de Potier de terre<\/em>) {\u00ab Voyez Planche du Fayancier, cette machine \u00e9tant commune \u00e0 ces deux arts \u00bb} \/\/ <u>MOUSSURE<\/u> [D] (<em>en terme de Potier de terre<\/em>) {PER\u00c7OIR}.<\/li><li><strong> XI\u00a0:<\/strong> <u>Noix<\/u>: DJ (<em>terme de Potier de terre<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>Oreille<\/u> [D] (<em>en terme de Potier<\/em>) {MANCHE} \/\/ <u>Pain<\/u> [D ?] (<em>terme de Potier de terre<\/em>) \/\/ <u>Palette<\/u>: DJ (<em>Poterie<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>Palette<\/u>\u00a0: [D] (<em>chez les Potiers, les Faiseurs de creusets, &amp;c.<\/em>) {POTIER} &lt; Sav. &gt;.<\/li><li><strong> XII\u00a0:<\/strong> <u>Paton<\/u> [D] (<em>en terme de Potier<\/em>) {MANCHE\u00a0; OREILLE\u00a0; BALLONS} \/\/ <u>Payens<\/u>: DJ (<em>terme de Potiers<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>Percer<\/u> [D] (en terme de Potier) \/\/ <u>PERNETTE<\/u> [D] (<em>vase \u00e0 l\u2019usage des potiers-de-terre &amp; des fayanciers<\/em>) {FAYENCE} \/\/ <u>Pipe<\/u> [DJ ?] (<em>Poterie<\/em>) &lt; Sav. &gt;.<\/li><li><strong> XIII\u00a0:<\/strong> <u>PLOMB<\/u> : dH (<em>Hist. nat. <\/em><em>Min. &amp; M\u00e9tall<\/em>.) {Poterie} \/\/ <u>Plomb en poudre<\/u> [DJ] (<em>Arts m\u00e9chan<\/em>.) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>Plomb min\u00e9ral<\/u>: DJ (<em>Poterie<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>PLOMBER<\/u> [D] (<em>en terme de Potier de terre<\/em>) {ALQUIFOUX\u00a0; Plomb en poudre; Potier de terre) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>PLOMMER<\/u> [DJ] (<em>terme de Pottier de terre<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>POELE<\/u>\u00a0: DJ (<em>Fonderie &amp; Poterie<\/em>) &lt; d\u2019Av. &gt; \/\/ <u>Pommier<\/u>\u00a0: DJ (<em>Ferblanterie &amp; Poterie<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>POT<\/u> [DJ\u00a0?] (<em>Poterie<\/em>) {Potiers d\u2019\u00e9tain\u00a0; Potiers de terre} &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>POTERIE<\/u> [DJ] (<em>ouvrage de Potier<\/em>) &lt; Sav.&gt; \/\/ <u>Poterie<\/u> [D] (<em>Art. m\u00e9chan<\/em>.) {FA\u00cfENCE} \/\/ <u>POTIER<\/u> [DJ] (<em>terme g\u00e9n\u00e9ral<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>Potier de terre<\/u>\u00a0: DJ (<em>Poterie de terre<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>Rais<\/u>\u00a0: DJ (<em>Poterie<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>REFRAYER<\/u> [D ?] (<em>terme de Potier de terre<\/em>) &lt; Sav. &gt;.<\/li><li><strong> XIV\u00a0:<\/strong> <u>RETOUPER<\/u> [DJ ?] (<em>Poterie<\/em>) &lt; Sav. ou Tr\u00e9v. &gt; \/\/ <u>Roue<\/u> [D] (<em>en terme de Potier<\/em>) {\u00ab Voyez les Pl. &amp; les fig. \u00bb} \/\/ <u>Rouleau<\/u> [D] (<em>en terme de Potier fournaliste<\/em>) {BALLONS} \/\/ <u>S\u00e9cher<\/u> [D ?] (<em>en terme de Potier<\/em>).<\/li><li><strong> XV\u00a0:<\/strong> <u>Siege<\/u>: DJ (<em>terme de Potier de terre<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>Souder<\/u> [D] (<em>en terme de Potier<\/em>) {Corne; PIE\u00a0; Manche} \/\/ <u>SOUFROIR<\/u>\u00a0: DJ (<em>ouvrage de Potier<\/em>) &lt; Tr\u00e9v. &gt; \/\/ <u>TALLEVANNE<\/u>\u00a0: DJ (<em>Poterie<\/em>) &lt; Sav. &gt;.<\/li><li><strong> XVI\u00a0:<\/strong> <u>TERRA ou T\u00c9RA<\/u>: DJ (<em>Poterie<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>TERRAILLE<\/u>: DJ (<em>Poterie<\/em>) &lt; Tr\u00e9v. &gt; \/\/ <u>TERRINE<\/u> [DJ ?] (<em>terme de Potier de terre<\/em>) &lt; Corn. &gt; \/\/ <u>TIRE-LIRE<\/u>\u00a0: DJ (<em>Potier de terre<\/em>) \/\/ <u>Tour<\/u>\u00a0: DJ (<em>Poterie de terre<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>TOURNOIR<\/u>\u00a0: DJ (<em>terme de Potier d\u2019\u00e9tain<\/em>) (sic) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>Tr\u00e9zal\u00e9<\/u> [DJ ?] (<em>Porcelaine-Poterie<\/em>) \/\/ <u>VAUCOUR<\/u>\u00a0: DJ (<em>Poterie<\/em>) &lt; Tr\u00e9v. &gt;.<\/li><li><strong> XVII\u00a0: <\/strong><u>Vernis de plomb<\/u>: DJ (<em>Arts<\/em>) &lt; Sav. et Caylus &gt; \/\/ <u>Vernis<\/u>: DJ (<em>Poterie de terre<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>VERNISS\u00c9<\/u> [DJ] (<em>Vernisseur<\/em>) &lt; Sav. &gt; \/\/ <u>VERNISSER<\/u>\u00a0: DJ (<em>Poterie<\/em>) &lt;\u00a0Sav.\u00a0&gt; \/\/ <u>VOQUER<\/u> [D] (<em>disent les Potiers de terre &amp; autres ouvriers<\/em>) {VOGUER} \/\/ <u>GIRELLE<\/u> [ ?] (<em>Potier de terre<\/em>) {Potier de terre} &lt; Sav. &gt;.<\/li><\/ol><table width=\"750\"><tbody><tr><td width=\"93\"><strong>Vol.<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>I<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>II<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>III<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>IV<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>V<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>VI<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>VII<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>VIII<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>IX<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>X<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>XI<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>XII<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>XIII<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>XIV<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>XV<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>XVI<\/strong><\/td><td width=\"39\"><strong>XVII<\/strong><\/td><\/tr><tr><td width=\"93\"><strong>Nb. d\u2019art.<\/strong><\/td><td width=\"39\">1<\/td><td width=\"39\">2<\/td><td width=\"39\">0<\/td><td width=\"39\">4<\/td><td width=\"39\">2<\/td><td width=\"39\">0<\/td><td width=\"39\">4<\/td><td width=\"39\">1<\/td><td width=\"39\">0<\/td><td width=\"39\">9<\/td><td width=\"39\">5<\/td><td width=\"39\">5<\/td><td width=\"39\">13<\/td><td width=\"39\">4<\/td><td width=\"39\">4<\/td><td width=\"39\">8<\/td><td width=\"39\">6<\/td><\/tr><tr><td width=\"93\"><strong>Diderot + [attribu\u00e9]<\/strong><\/td><td width=\"39\">[1]<\/td><td width=\"39\">1 + [1]<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">1 + [3]<\/td><td width=\"39\">1 + [1]<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">3 + [1]<\/td><td width=\"39\">[1]<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">[8]<\/td><td width=\"39\">[3]<\/td><td width=\"39\">[3]<\/td><td width=\"39\">[3]<\/td><td width=\"39\">[2]<\/td><td width=\"39\">[1]<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">[1]<\/td><\/tr><tr><td width=\"93\"><strong>Jaucourt + [attribu\u00e9]<\/strong><\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">2<\/td><td width=\"39\">1 + [1]<\/td><td width=\"39\">5 + [5]<\/td><td width=\"39\">[2]<\/td><td width=\"39\">3<\/td><td width=\"39\">6 + [2]<\/td><td width=\"39\">2 + [2]<\/td><\/tr><tr><td width=\"93\"><strong>Autre auteur (ou pas\u00a0?)<\/strong><\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">1 (dH)<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">\u00a0<\/td><td width=\"39\">[1] (\u00a0?)<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>Diderot a r\u00e9dig\u00e9 35 (voire 36) articles au total (7 seulement sont sign\u00e9s), dont 22 du t. I au t. X, c\u2019est-\u00e0-dire avant l\u2019entr\u00e9e de Jaucourt dans le domaine encyclop\u00e9dique du potier de terre. Je me permets ici, Marie, de te renvoyer au dossier transversal de l\u2019<em>ENCCRE<\/em> sur les attributions des articles de la Description des Arts &amp; M\u00e9tiers dans lequel un graphique fait bien appara\u00eetre le moment o\u00f9 le chevalier prend le relais de Diderot dans cette partie, \u00e0 savoir le t. XI, mais aussi celui o\u00f9 ce dernier s\u2019en retire sensiblement (le t. XIII) [les t. X et t. XIII, et dans une moindre mesure le t. XVI, sont par ailleurs des sommets dans la production d\u2019articles relevant des arts et m\u00e9tiers, comme on peut le relever ici aussi, dans le seul champ du potier de terre]. La participation de Jaucourt se monte alors pour les sept derniers volumes \u00e0 31 articles, dont 12 non sign\u00e9s. Je m\u2019arr\u00eaterais juste sur son article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-157-0\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Verniss\u00e9<\/span><\/a> qui donne une assez bonne image de la mani\u00e8re dont ce dernier s\u2019est investi dans le domaine du potier de terre. Il s\u2019agit d\u2019une reprise exacte de Savary, dans laquelle Jaucourt adjoint \u00e0 la vedette d\u2019adresse un d\u00e9signant incorrect. Puisqu\u2019il est question de \u00ab\u00a0vernis\u00a0\u00bb, il forme le domaine du \u00ab\u00a0vernisseur\u00a0\u00bb. Cependant, ce dernier terme est absent aussi bien de la nomenclature des dictionnaires de Savary et de Tr\u00e9voux que de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. Seul le dictionnaire de Richelet en fait une entr\u00e9e dont la d\u00e9finition ne concerne pas la poterie mais une sp\u00e9cialit\u00e9 du travail de menuiserie\u00a0: \u00ab\u00a0Ouvrier qui applique le vernis sur le bois de menuiserie &amp; ensuite travaille en or dessus (La pl\u00fbpart des bons vernisseurs de Paris sont au Fauxbourg S. Antoine)\u00a0\u00bb (\u00e9d. 1740, t. III, p. 693b). C\u2019est dans le m\u00eame univers professionnel que prenait place au t. I l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v1-187-2\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Abreuver<\/span><\/a> de Diderot (tir\u00e9 lui aussi de Richelet, t. I, p. 12b). M\u00eame si <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-157-0\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Verniss\u00e9<\/span><\/a> se rattache par son sujet m\u00eame \u00e0 la partie de Description des Arts &amp; M\u00e9tiers de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, on comprend bien que Jaucourt cherche moins \u00e0 d\u00e9crire un m\u00e9tier ou un art qu\u2019\u00e0 compl\u00e9ter la nomenclature de l\u2019ouvrage. Aussi son d\u00e9signant (<em>Vernisseur<\/em>) est-il la proposition malheureuse d\u2019un collaborateur qui, bien que d\u00e9sireux d\u2019apporter tout son soutien \u00e0 l\u2019\u00e9diteur principal du dictionnaire raisonn\u00e9 dans une p\u00e9riode difficile, ne peut l\u2019\u00e9galer dans son investissement dans les questions touchant les arts et m\u00e9tiers. Le manque de coh\u00e9rence des d\u00e9signants de la s\u00e9rie d\u2019articles de Jaucourt sur la poterie de terre, parfaitement cons\u00e9cutifs, semble le r\u00e9v\u00e9ler\u00a0: <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-156-6\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Vernis de Plomb<\/span> (<em>Arts<\/em>)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-156-7\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Vernis<\/span> (<em>Poterie de terre<\/em>)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-157-0\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Verniss\u00e9<\/span> (<em>Vernisseur<\/em>)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-158-0\/\">VERNISSER (<em>Poterie<\/em>)<\/a>. Ce dernier traite les articles les uns apr\u00e8s les autres mais sans les appr\u00e9hender dans leur relation. [J\u2019avais dit, Marie, que je m\u2019arr\u00eatais juste sur <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-157-0\/\">Verniss\u00e9<\/a> ; je voulais dire, juste ou presque. <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v16-1478-0\/\">TOURNOIR (<em>terme de Potier d\u2019\u00e9tain<\/em>)<\/a> de Jaucourt est un autre exemple assez parlant du relatif int\u00e9r\u00eat du chevalier pour la chose artisanale : l\u2019article est repris du Savary mais avec une seule modification, une erreur de copie en fait, et de taille : le d\u00e9signant \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine \u00ab potier de terre \u00bb car, effectivement, le sujet de l\u2019article est un instrument du tour du potier de terre dont le potier d\u2019\u00e9tain n\u2019a pas usage. Potier de terre, potier d\u2019\u00e9tain, du pareil au m\u00eame\u2026<\/p><p>Le tout dernier article non sign\u00e9 du t. XVII est assez curieux, on va y revenir, car il est d\u00e9licat de l\u2019attribuer \u00e0 Jaucourt qui n\u2019a pas l\u2019habitude de conserver les renvois de Savary quand il le reprend m\u00eame tr\u00e8s fid\u00e8lement comme c\u2019est le cas ici\u00a0; je parle de \u00ab\u00a0l\u2019article omis\u00a0\u00bb <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-2166-0\/\">GIRELLE<\/a> qui ne l\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 pas puisque l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-1079-0\/\">*GIRELLE<\/a> \u2013 inspir\u00e9 lui aussi de Savary (via le Tr\u00e9voux\u00a0?) \u2013 est bien \u00e0 sa place dans le t. VII paru avant l\u2019interdiction de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. Mallet ne para\u00eet pas avoir r\u00e9dig\u00e9 d\u2019articles de sujet purement technique\u00a0; on est devant une \u00e9nigme\u00a0: serait-ce une version ant\u00e9rieure aux retouches de Diderot qui serait malencontreusement rest\u00e9e dans la chemise du manuscrit de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> jusqu\u2019\u00e0 la fin, comme un \u00ab\u00a0bloc erratique\u00a0\u00bb pour reprendre une expression d\u2019Alain Cernuschi\u00a0?<\/p><p>Notre article VOQUER, quant \u00e0 lui, figure bien en cl\u00f4ture du domaine de la poterie de terre de Diderot (m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas forc\u00e9ment le dernier r\u00e9dig\u00e9).<\/p><p>Venons-en \u00e0 l\u2019article trait\u00e9 de l\u2019art du potier de terre. Il s\u2019agit de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span> (<em>Art. m\u00e9chan<\/em>.)<\/a>, attribuable \u00e0 Diderot\u00a0; il para\u00eet bien tard, au tome XIII de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> mais marque, par sa vedette d\u2019adresse, un domaine du savoir clairement distinct de celui du carreleur et autre tuilier. Son environnement direct est form\u00e9 de quatre articles, le dernier sign\u00e9 de Jaucourt, les autres lui \u00e9tant simplement attribuables, tous exactement tir\u00e9s du dictionnaire de Savary\u00a0: <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-371-0\/\">POT (<em>Poterie<\/em>)<\/a> avec deux renvois non directement marqu\u00e9s aux \u00ab\u00a0ma\u00eetres potiers d\u2019\u00e9tain &amp; aux ma\u00eetres potiers de terre\u00a0\u00bb, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-0\/\">POTERIE (<em>ouvrage de Potier<\/em>)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-403-0\/\">POTIER (<em>terme g\u00e9n\u00e9ral<\/em>)<\/a> \u2013 attribu\u00e9, \u00e0 mon sens, \u00e0 tort \u00e0 Diderot dans l\u2019<em>ENCCRE<\/em> \u2013 qui est un article d\u2019\u00e9diteur [l\u2019\u00e9diteur demeure en r\u00e9alit\u00e9 Savary] annon\u00e7ant les sous-articles suivants comme d\u00e9clinaison du terme g\u00e9n\u00e9ral, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-403-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Potier d\u2019\u00e9tain<\/span><\/a> [pour les 3\/5<sup>e<\/sup> un ajout de d\u2019Holbach non pr\u00e9vu par la vedette d\u2019adresse principale sur les progr\u00e8s du travail de l\u2019\u00e9tain depuis l\u2019article ETAIN\u00a0; les 2\/5<sup>e<\/sup> restants sont la reprise de Savary], et <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-403-2\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Potier de terre<\/span> (<em>Poterie de terre<\/em>)<\/a>.<\/p><p>C\u2019est donc dans le second article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> que l\u2019on trouve un d\u00e9veloppement sur l\u2019art du potier de terre. Cet article ne semble cependant pas avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 pour lui-m\u00eame mais tout du long en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a> du t. VI. La poterie est certes plus ancienne que la fa\u00efence ; elle est surtout plus \u00ab grossi\u00e8re \u00bb. Aussi l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> a-t-il \u00e9t\u00e9 beaucoup moins soign\u00e9 que son mod\u00e8le. <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> \u00a0(<em>Art. m\u00e9chan<\/em>.) \u00a0est ainsi ramen\u00e9 au niveau de son art dont les \u00e9l\u00e9ments ne peuvent \u00eatre que grossi\u00e8rement rapport\u00e9s. Les fournalistes avaient pour eux la promesse d\u2019un perfectionnement de leur m\u00e9tier s\u2019ils se mettaient en mesure de b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019apport des sciences de la nature. La poterie de terre en revanche a d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu son heure de progr\u00e8s quand apparurent le verre, la fa\u00efence et la porcelaine. Voici l\u2019entame de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> de Diderot :<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> , (<em>Art. m\u00e9chan<\/em>.) la poterie est fort ant\u00e9rieure \u00e0 la porcelaine, au verre, \u00e0 la fa\u00efence. Ses ouvrages sont grossiers, &amp; son vernis n\u2019est autre chose que le plomb m\u00eal\u00e9 avec un peu de sable. (\u00a71)<\/p><\/blockquote><p><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a> avait aussi son paragraphe historique en pr\u00e9ambule mais pour rappeler l\u2019origine de la fa\u00efence, sa red\u00e9couverte en France, \u00e0 Nevers, et laisser entendre que sa qualit\u00e9 est aujourd\u2019hui plus que satisfaisante.<\/p><p>Diderot en vient \u00e0 la description de l\u2019art du potier de terre. C\u2019est court \u2013 six paragraphes (2\/3 de colonne) \u2013 et cela n\u00e9cessite de la part du lecteur une consultation en parall\u00e8le de l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a> en comparaison duquel <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> \u00a0se construit jusqu\u2019\u00e0 son unique renvoi \u00e0 la toute fin : \u00ab Voyez l\u2019article FA\u00cfENCE \u00bb. Le \u00a72 de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a> est le premier de sept paragraphes traitant sp\u00e9cifiquement, figures \u00e0 l\u2019appui, de la terre propre \u00e0 faire la fa\u00efence. Le \u00a72 de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> , sur le m\u00eame sujet, est long de deux lignes : \u00ab Le potier pr\u00e9pare sa terre comme le fa\u00efencier ; il se sert d\u2019un crible &amp; non d\u2019un tamis pour la passer \u00bb. Mais comme nous avons affaire \u00e0 un art grossier, sans progr\u00e8s possible, on peut toujours trouver plus grossier : \u00ab D\u2019autres m\u00eames [parmi les potiers] y font encore moins de fa\u00e7ons [\u2026] \u00bb (\u00a73) ; on va y consacrer neuf lignes. La poterie de terre est un art pour lequel Diderot a visiblement peu de consid\u00e9ration. La terre pr\u00e9par\u00e9e peut maintenant \u00eatre mise sur la t\u00eate du tour. <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a> d\u00e9crit sur plus d\u2019une colonne de texte le tour et le travail du tourneur en renvoyant vers des planches \u2013 <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> \u00a0pour sa part ne fait \u00e9tat d\u2019aucune (\u00e0 croire que l\u2019art du potier de terre n\u2019est pas illustr\u00e9). \u00ab Leur tour [celui des potiers de terre] est autrement fait que celui du fa\u00efencier [..] \u00bb m\u00eame si les potiers \u00ab manient la terre comme le fa\u00efencier \u00bb ; on en explique la raison en quelques lignes, avant de poser les pi\u00e8ces tourn\u00e9es sur une planche [quel contraste, tout de m\u00eame, par rapport \u00e0 la profusion de d\u00e9tails techniques sur la roue et le tour dans la s\u00e9rie sur le Potier de terre du vol. VIII du <em>Recueil des Planches<\/em>\u00a0: douze planches y sont consacr\u00e9es (et une et demie seulement dans la s\u00e9rie sur la fa\u00efencerie du vol. IV)<em>\u00a0<\/em>!]. \u00ab Ces marchandises \u00e9tant s\u00e8ches, on ne les tournasine point comme la fa\u00efence [\u2026] \u00bb. Pour comprendre le mot \u00ab tournasine \u00bb, il faut lire le \u00a79 de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a>. Alors, \u00ab on les enfourne pieces sur pieces, &amp; non dans des gazettes \u00bb ; la pr\u00e9cision pourrait para\u00eetre obscure \u00e0 un lecteur qui n\u2019aurait pas lu les \u00a7\u00a7 12-13 de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a>. Ensuite : \u00ab On cuit comme les fa\u00efenciers. Apr\u00e8s la cuisson, on d\u00e9fourne, &amp; on donne le vernis, ou l\u2019on plombe \u00bb (\u00a73). Tout cela est expliqu\u00e9 sur 14 paragraphes dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a>.<\/p><p>Enfin, \u00a7\u00a74-7 (17 lignes), une recette de vernis est indiqu\u00e9e ainsi que la mani\u00e8re de l\u2019appliquer sur les vases biscuit\u00e9s. Dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a>, on traite aussi de la mise en couleur des pi\u00e8ces cuites (bleu, rouge, jaune, vert, brun, violet, blanc, pourpre, noir, \u2026) sur 110 \u00a7\u00a7, suivant d\u2019innombrables proc\u00e9d\u00e9s tir\u00e9s de la traduction par d\u2019Holbach du trait\u00e9 de l\u2019art de la verrerie de Kunckel (1752), et avec renvoi \u00e0 l\u2019article PORCELAINE \u00ab si on en d\u00e9sire savoir davantage \u00bb.<\/p><p>Le traitement de l\u2019art du potier de terre dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> \u00a0par Diderot peut sembler d\u00e9sinvolte. Mais peut-\u00eatre faut-il se rappeler que pour le <em>Recueil des Planches<\/em> (si ce n\u2019est pour les volumes de discours \u00e9galement) les arts du potier de terre et de la fa\u00efence n\u2019en faisaient au d\u00e9part qu\u2019un. Aussi est-il possible de voir en <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> \u00a0(<em>Art m\u00e9chan<\/em>.) le trait\u00e9 de l\u2019art auxiliaire de celui de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE (<em>Art m\u00e9ch<\/em>.)<\/a>, qu\u2019il \u00e9tait jusque 1760 au moins. Seul <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a> m\u00e9ritait en effet une v\u00e9ritable enqu\u00eate, apparemment men\u00e9e par Diderot lui-m\u00eame, car il y exposait l\u2019art de la poterie de terre dans son \u00e9tat le plus abouti, sans doute m\u00eame encore perfectible. Autrement dit, l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> \u00a0du t. XIII a conserv\u00e9 l\u2019essentiel de sa forme, si ce n\u2019est toute sa forme, et la destination qui \u00e9tait la sienne \u00e0 l\u2019\u00e9poque du t. VI\u00a0; comme on peut d\u2019ailleurs le penser pour l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v10-2125-24\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Moulin<\/span> (<em>en terme de Potier de terre<\/em>)<\/a> aussi attribuable \u00e0 Diderot\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Moulin, <em>en terme de Potier de terre<\/em>, est un tonneau ou un massif de pl\u00e2tre ou de pierre, creux, dans le milieu duquel, on voit une crapaudine qui re\u00e7oit l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de l\u2019arbre d\u2019une roue qui se tourne \u00e0 la main dans ce massif. C\u2019est dans le moulin que le potier broye ses couleurs. <em>Voyez [la] Planche du Fayancier<\/em>, cette machine \u00e9tant commune \u00e0 ces deux arts. (t. X)<\/p><\/blockquote><p>Tu as bien lu, Marie\u00a0: \u00ab\u00a0Voyez [LA] planche du Fayencier\u00a0\u00bb [pr\u00e9cis\u00e9ment, la \u00ab\u00a0fig. 22. une coupe du moulin avec son auge, sa meule, &amp; son axe ou sa manivelle\u00a0\u00bb, selon <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a> (\u00a719), soit peut-\u00eatre la fig. 162 de la Pl. XI du fa\u00efencer dans le <em>Recueil des Planches<\/em> (vol. IV)]\u00a0! Et il n\u2019est plus question de s\u00e9rie commune de planches dite \u00ab\u00a0du Potier de terre &amp; du Fayencier\u00a0\u00bb\u00a0; les deux arts sont d\u00e9sormais trait\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment. Mais on n\u2019est pas encore aux douze planches du fa\u00efencier du vol. IV du <em>Recueil des Planches<\/em>. On se trouverait, semble-t-il, dans un entre-deux \u00e9ditorial. Emmanuel Boussuge (dans \u00ab\u00a0La chronologie de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> interdite\u00a0\u00bb, <em>Dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle<\/em>, 2020\/1, p. 295) \u00e9tablit la date d\u2019ach\u00e8vement du t. X du dictionnaire raisonn\u00e9, o\u00f9 prend place le sous-article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v10-2125-24\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Moulin<\/span><\/a>, entre le 8 ao\u00fbt et le 8 novembre 1763. Le volume IV du <em>Recueil des Planches<\/em> para\u00eet quant \u00e0 lui en 1765 (approbation du censeur dat\u00e9e du 17 octobre). Le t. XIII des discours de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, dans lequel se lit <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v13-395-1\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span><\/a> \u00a0(<em>Art m\u00e9chan<\/em>.), \u00e9tant achev\u00e9 entre le 26 juin et le 8 ao\u00fbt 1764, on pourrait avancer que le trait\u00e9 de l\u2019art du potier de terre ne s\u2019est toujours pas, \u00e0 cette date, \u00e9mancip\u00e9 de celui de l\u2019art du fa\u00efencier, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un domaine \u00e0 part enti\u00e8re \u00e0 son nom (que semble confirmer <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v10-2125-24\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Moulin<\/span><\/a>,). On note toutefois que l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v14-1379-20\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Roue<\/span> (<em>en terme de Potier<\/em>)<\/a> du t. XIV (boucl\u00e9 entre le 8 ao\u00fbt et le 8 novembre de la m\u00eame ann\u00e9e) pointe par son renvoi \u00ab\u00a0Voyez les Pl. &amp; les fig.\u00a0\u00bb \u2013 LES planches \u2013 vers une s\u00e9rie du Potier de terre r\u00e9organis\u00e9e, puisque sur ses 18 planches, 8 seront en 1771 exclusivement consacr\u00e9es justement \u00e0 la roue (les Pl. V \u00e0 XII), pour 2 aux r\u00e9chauds, 2 \u00e0 des ouvrages du fournaliste, 4 au tour, une aux fours et une \u00e0 la pipe. Si un seul renvoi \u00e0 des planches devait \u00eatre propos\u00e9 pour tout l\u2019ouvrage sur ce domaine \u2013 comme c\u2019est le cas en r\u00e9alit\u00e9 \u2013 , il est logique qu\u2019il se lise dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v14-1379-20\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Roue<\/span><\/a>. Aussi ce tr\u00e8s court article de neuf lignes a-t-il fraichement \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9, du moins compl\u00e9t\u00e9 de son second paragraphe, \u00e0 la suite de la d\u00e9cision d\u2019un traitement distinct de l\u2019art du fa\u00efencier et de celui du potier de terre. Les cons\u00e9quences de cette d\u00e9cision sont quoi qu\u2019il en soit sans grand bouleversement pour le propos des articles concern\u00e9s, \u00e0 la diff\u00e9rence des planches.<\/p><p>[<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v10-529-0\/\">MASSICOT (<em>Chimie &amp; Peinture<\/em>)<\/a> du t. X et <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v12-873-0\/\">PERNETTE<\/a> du t. XII t\u00e9moignent effectivement l\u2019un l\u2019autre d\u2019une d\u00e9cision r\u00e9cente de d\u00e9finition d\u2019un domaine du potier de terre exclu de la fa\u00efencerie, ainsi que de r\u00e9percussions sur le fond des articles de poterie somme toute tr\u00e8s superficielles. Le premier, sign\u00e9 de d\u2019Holbach, marque un renvoi \u00e0 Poterie ins\u00e9r\u00e9 dans un paragraphe (\u00a74) compos\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un passage de sa traduction de <em>L\u2019art de la verrerie<\/em> de Kunckel (pp. 407-409) portant sp\u00e9cifiquement sur la fa\u00efencerie hollandaise : aussi, m\u00eame s\u2019il y est question sous la plume du baron de \u00ab la fayence &amp; la poterie de terre \u00bb, on ne parle en r\u00e9alit\u00e9 que de fa\u00efencerie, avec une poterie de terre in\u00e9vitablement ramen\u00e9 sur le terrain de l\u2019art du fa\u00efencier. L\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v12-873-0\/\">PERNETTE<\/a>, attribuable \u00e0 Diderot et absent des dictionnaires de Tr\u00e9voux, de Savary, de Richelet et de Corneille montre lui aussi que le cordon entre l\u2019art du potier de terre et la fa\u00efencerie n\u2019est toujours pas vraiment coup\u00e9, m\u00eame si on tient, au sujet d\u2019un \u00ab vase \u00bb, \u00e0 distinguer pour son usage les \u00ab potiers-de-terre \u00bb des \u00ab fayanciers \u00bb. Le terme de \u00ab pernette \u00bb n\u2019appara\u00eet et n\u2019est expliqu\u00e9 que dans l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a> et les explications de ses planches (on imagine pourtant que l\u2019objet en question s\u2019emploie \u00e9galement chez les potiers de terre). Le probl\u00e8me est en outre que la pernette n\u2019est absolument pas un \u00ab vase \u00bb mais un petit \u00ab prisme de terre \u00bb (<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-639-0\/\">FAYENCE<\/a>) faisant fonction de support aux plateaux sur lesquels sont d\u00e9pos\u00e9s les ouvrages pour leur cuisson dans le four. Curieuse erreur.]<\/p><p>On serait donc face \u00e0 un domaine encyclop\u00e9dique du potier de terre dont les contours ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 trac\u00e9s sans v\u00e9ritable r\u00e9flexion, comme allant de soi, rassemblant en son sein toute activit\u00e9 artisanale ayant trait au travail de l\u2019argile [la prise en charge de la poterie moul\u00e9e est attest\u00e9e en 1756 encore par <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v6-499-2\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Faiti\u00e8re<\/span><\/a> et son renvoi \u00e0 Potier de terre], s\u2019\u00e9tendant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019art du fa\u00efencier, avant de se d\u00e9marquer du carreleur et du tuilier, et d\u2019abandonner \u2013 sans grande conviction et peut-\u00eatre m\u00eame sans r\u00e9vision des articles concern\u00e9s \u2013 son statut d\u2019art subordonn\u00e9 \u00e0 une fa\u00efencerie plus sophistiqu\u00e9e. Contre une certaine indiff\u00e9rence et un plan incertain, Marie, l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-906-0\/\">VOQUER<\/a> en cl\u00f4ture du domaine du potier de terre, par son ton quelque peu suffisant et pol\u00e9mique, semble finalement \u00e9trangement revendiquer ce qui a toujours manqu\u00e9 au traitement \u00e9ditorial de celui-ci dans l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>\u00a0: la ma\u00eetrise \u00e0 tout niveau de ce dont il \u00e9tait question. Mais c\u2019est le Tr\u00e9voux qui en parle mal\u00a0; c\u2019est le Tr\u00e9voux qui ne s\u2019en soucie gu\u00e8re, devions-nous comprendre.<\/p><p>Ce manque de ma\u00eetrise transpara\u00eet, dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v17-906-0\/\">VOQUER<\/a>, derri\u00e8re un renvoi \u00e0 VOGUER sans cible\u00a0; \u00e9galement derri\u00e8re une s\u00e9rie de vedettes d\u2019adresse en doublon\u00a0: <span style=\"font-variant: small-caps;\">Moule<\/span> (<em>Potier de terre<\/em>) \/ <span style=\"font-variant: small-caps;\">Moule<\/span> (<em>en terme de potier<\/em>)\u00a0; <span style=\"font-variant: small-caps;\">Palette<\/span> (<em>Poterie<\/em>) \/ <span style=\"font-variant: small-caps;\">Palette<\/span> (<em>chez les Potiers, les Faiseurs de creusets, &amp;c<\/em>.)\u00a0; et *GIRELLE (<em>Potier-de-terre<\/em>) \/ GIRELLE (<em>Potier de terre<\/em>).<\/p><p>Les deux articles POTERIE (<em>ouvrage de Potier<\/em>) et <span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie<\/span> (<em>Art. m\u00e9chan<\/em>.) se justifiaient clairement\u00a0; le second se glissant \u00e0 la suite d\u2019un autre tir\u00e9 de Savary pour exposer, et sans \u00e9quivoque avec la poterie moul\u00e9e, l\u2019art du potier de terre que le <em>Dictionnaire universel de commerce <\/em>pr\u00e9sentait dans Potier de terre. Les deux articles <span style=\"font-variant: small-caps;\">Moule<\/span> du dictionnaire raisonn\u00e9 ont aussi leur raison d\u2019\u00eatre, bien que tous deux attribuables \u00e0 Diderot. <span style=\"font-variant: small-caps;\">Moule<\/span> (<em>Potier de terre<\/em>) est la r\u00e9criture d\u2019un passage non typographiquement marqu\u00e9 chez Savary, situ\u00e9 dans un second paragraphe sous la vedette d\u2019adresse Moule (<em>en terme de manufacture de papier<\/em>) [le premier paragraphe ayant servi \u00e0 composer pour l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> le sous-article <span style=\"font-variant: small-caps;\">Moules<\/span> (<em>terme de Papeterie<\/em>)]. Savary inscrivait son sujet dans l\u2019art des fournalistes et proposait ainsi un renvoi \u00e0 FOURNALISTE. C\u2019est le cas \u00e9galement pour Diderot, mais du nom des ouvriers n\u2019est retenue que la p\u00e9riphrase \u00ab\u00a0faiseurs de fourneaux et de creusets\u00a0\u00bb\u00a0; le renvoi est pour sa part transform\u00e9 en FOURNEAU, rejoignant ainsi celui inscrit \u00e0 la fin de *FUSEAU (<em>Potier-de-Terre<\/em>) du t. VII. Quant \u00e0 l\u2019autre <span style=\"font-variant: small-caps;\">Moule<\/span> \u2013 <span style=\"font-variant: small-caps;\">Moule<\/span> (<em>en terme de potier<\/em>) \u2013 on a plut\u00f4t affaire \u00e0 un article qui regroupe trois usages du terme en question dans la poterie moul\u00e9e, avec deux renvois \u00e0 des \u00ab\u00a0planches\u00a0\u00bb (\u00a7\u00a7 1 et 3). Ce <span style=\"font-variant: small-caps;\">Moule<\/span> -ci ne fait pas partie du domaine en tant que tel de l\u2019art du potier de terre.<\/p><p>Les deux autres cas sont plus \u00e9tonnants. Le premier, Palette\u00a0: un premier article sign\u00e9 de Jaucourt, un second attribuable \u00e0 Diderot, les deux \u2013 cons\u00e9cutifs \u2013 tir\u00e9s de l\u2019entr\u00e9e Palette de Savary. Voici l\u2019original suivi de ses deux reprises\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Palette. Les Potiers de terre fournalistes, c\u2019est-\u00e0-dire ceux qui ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us \u00e0 la Cour des Monnoies pour faire exclusivement tous les fourneaux &amp; creusets qu\u2019on employe \u00e0 la fonte des m\u00e9taux, ont diverses palettes de bois, qui sont presque leurs seuls instrumens pour dresser, battre &amp; arrondir leur ouvrage.<\/p><p>Les plus grandes de ces palettes sont ovales avec un manche, en tout parfaitement semblables \u00e0 la palette des enfans\u00a0; les autres sont rondes ou \u00e9chancr\u00e9es en forme triangulaire\u00a0; d\u2019autres enfin sont faites \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un grand couteau, &amp; ont une espece de tranchant. Ces dernieres servent \u00e0 \u00f4ter &amp; ratisser ce qu\u2019il y a de trop sur les moules, ou aux ouvrages que ces potiers font \u00e0 la main, comme les fourneaux &amp; les r\u00e9chaux \u00e0 blanchisseuses. <em>Voyez<\/em> Fournaliste. (Savary, 1748, t. III, p. 672-673)<\/p><\/blockquote><p>Jaucourt r\u00e9p\u00e8te \u00e0 l\u2019identique mais laisse tomber le renvoi final \u00e0 FOURNALISTE\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><span style=\"font-variant: small-caps;\">Palette<\/span>, (<em>Poterie<\/em>.) les Potiers de terre fournalistes, c\u2019est-\u00e0-dire, ceux qui ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us \u00e0 la cour des monnoies, pour faire exclusivement tous les fourneaux &amp; creusets qu\u2019on emploie \u00e0 la fonte des m\u00e9taux, ont diverses palettes de bois, qui sont presque leurs seuls instrumens pour dresser, battre, &amp; arrondir leur ouvrage.<\/p><p>Les plus grandes de ces palettes sont ovales avec un manche, en tout parfaitement semblables \u00e0 la palette des enfans ; les autres sont rondes ou \u00e9chancr\u00e9es en forme triangulaire\u00a0; d\u2019autres enfin sont faites \u00e0 la maniere d\u2019un grand couteau, &amp; ont une espece de tranchant\u00a0; ces dernieres servent \u00e0 \u00f4ter &amp; ratisser ce qu\u2019il y a de trop sur les moules, ou aux ouvrages que ces potiers font \u00e0 la main, comme les fourneaux &amp; les r\u00e9chaux \u00e0 blanchisseuses. Savary. (D. J.)<\/p><\/blockquote><p>Diderot s\u00e9lectionne la partie qui l\u2019int\u00e9resse, oublie le renvoi \u00e0 FOURNALISTE, \u00e9tend le sujet aux \u00ab\u00a0potiers\u00a0\u00bb et \u00e0 des \u00ab\u00a0&amp;c.\u00a0\u00bb non sp\u00e9cifi\u00e9s, puis de nouveau nomme les ouvriers fournalistes par la p\u00e9riphrase \u00ab\u00a0faiseurs de creusets\u00a0\u00bb. Il ne vient pas spontan\u00e9ment \u00e0 l\u2019esprit d\u2019un lecteur ordinaire que les \u00ab\u00a0ouvrages\u00a0\u00bb concern\u00e9s ici sont des fourneaux et des r\u00e9chauds. L\u2019ajout d\u2019un renvoi interne \u00e0 POTIER \u00e9loigne encore plus le propos des fournalistes, et para\u00eet alimenter le domaine du potier de terre. On lit\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><span style=\"font-variant: small-caps;\">Palette<\/span>, (<em>chez les <\/em><em>Potiers<\/em><em>, les <\/em><em>Faiseurs de creusets<\/em><em>, &amp;c<\/em>.) est un instrument de bois, presque l\u2019unique dont ils se servent pour former, battre, &amp; arrondir leurs ouvrages. <em>Voyez<\/em> POTIER.<\/p><p>Ils en ont de plusieurs especes\u00a0; les plus larges sont de figure ovale avec un manche\u00a0; d\u2019autres sont arrondies ou creus\u00e9es triangulairement\u00a0; d\u2019autres enfin ressemblent \u00e0 des couteaux larges\u00a0; elles servent \u00e0 couper tout ce qu\u2019il y a de superflu dans les moules de leurs ouvrages.<\/p><\/blockquote><p>GIRELLE maintenant. On a \u00e9voqu\u00e9 son cas plus haut\u00a0: un article sign\u00e9 de Diderot dans le t. VII, sans doute repris du Tr\u00e9voux (car lui-m\u00eame, en se servant dans le Savary, avait abandonn\u00e9 le renvoi \u00e0 Potier de terre), qui figure sans signature dans le t. XVII, parmi les \u00ab\u00a0articles omis\u00a0\u00bb, dans une reprise cette fois tr\u00e8s fid\u00e8le de l\u2019article de Savary (inclus, donc, son renvoi \u00e0 Potier de terre\u00a0: renvoi curieux puisque l\u2019article-cible devrait d\u00e9sormais \u00eatre POTERIE (<em>Art. m\u00e9chan<\/em>.)). J\u2019aurais pour ma part quelques r\u00e9ticences \u00e0 l\u2019attribuer \u00e0 Jaucourt (d\u2019abord, la reprise du renvoi du <em>Dictionnaire universel de commerce<\/em> n\u2019entre pas dans sa pratique r\u00e9dactionnelle relative \u00e0 la Description des Arts &amp; M\u00e9tiers de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die\u00a0<\/em>; ensuite, il n\u2019y intervient pas r\u00e9ellement avant le t. XI, c\u2019est-\u00e0-dire la lettre N). Le sujet ne touche pas le Commerce (ni l\u2019Histoire, ni la Th\u00e9ologie, \u2026)\u00a0: ce n\u2019est <em>a priori<\/em> pas un article de Mallet. D\u2019Holbach\u00a0? Improbable. J\u2019ai du mal \u00e0 croire que l\u2019on soit retourn\u00e9 dans le Savary, dans les derniers instants de l\u2019entreprise encyclop\u00e9dique, v\u00e9rifier que rien n\u2019en fut oubli\u00e9. Il s\u2019agit d\u2019un article non omis dont une version (de Diderot\u00a0?) tra\u00eenait en 1764-1765 encore dans ce qui restait du manuscrit du dictionnaire raisonn\u00e9, qui, par erreur, dans la pr\u00e9cipitation d\u2019en finir avec l\u2019ouvrage, a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme omis. Marie, je ne sais quoi en dire\u00a0; je donnerais simplement ici les trois versions\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>GIRELLE. Signifie en terme de potier de terre, la teste, c\u2019est-\u00e0-dire, le haut de l\u2019arbre de la roue des potiers, sur laquelle se place le morceau de terre glaise pr\u00e9par\u00e9 pour en faire un vase ou quelqu\u2019autre ouvrage de poterie. <em>Voyez<\/em> Potier de terre. (Savary, 1748, t. II, p. 1462\u00a0; et sans le renvoi\u00a0: Tr\u00e9voux, t. IV, p. 297)<\/p><p>*GIRELLE, s. f. (<em>Potier-de-terre.<\/em>) la partie de l\u2019arbre du tour des Potiers, sur laquelle ils placent la motte de terre dont ils se proposent de figurer un vase, ou quelqu\u2019autre vaisseau. (t. VII)<\/p><p>GIRELLE, s. f. (<em>Potier de terre<\/em>.) signifie en terme de Potier de terre la t\u00eate, c\u2019est-\u00e0-dire le haut de l\u2019arbre de la roue, sur laquelle on place le morceau de terre glaise pr\u00e9par\u00e9 pour en faire un vaisseau, ou tel autre ouvrage. <em>Voyez<\/em> POTIER DE TERRE. (t. XVII)<\/p><\/blockquote><p>[On aura remarqu\u00e9 l\u2019inscription d\u2019un d\u00e9signant identique dans les deux articles de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, et l\u2019emploi du mot \u00ab\u00a0vaisseau\u00a0\u00bb (mais pas tout \u00e0 fait \u00e0 la m\u00eame place). La question se pose de nouveau\u00a0: la derni\u00e8re version ne serait-elle pas une version pr\u00e9paratoire de Diderot\u00a0?]<\/p><p>En lien avec ces cas de doublons, on peut \u00e9voquer celui des articles <span style=\"font-variant: small-caps;\">Plomber<\/span> \/ PLOMMER. <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v12-1915-0\/\">PLOMMER (<em>terme de Pottier <\/em>[sic]<em> de terre<\/em>)<\/a>, attribuable \u00e0 Jaucourt, est la pure reprise de PLOMMER de Savary, \u00e0 l\u2019exception de ses trois renvois\u00a0: ALQUIFOUX, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Plomb en poudre<\/span>, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Potier de terre<\/span>. Ces trois renvois apparaissent en revanche dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v12-1909-8\/\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Plomber<\/span> (<em>en terme de Potier de terre<\/em>)<\/a> \u2013 attribuable \u00e0 Diderot \u2013 pour la bonne raison que cet article est tir\u00e9 de Plomber de Savary qui renvoie tr\u00e8s rapidement \u00e0 PLOMMER. Ainsi Diderot en ressaisit plus ou moins exactement la premi\u00e8re phrase et poursuit son propos en reprenant le second paragraphe de PLOMMER du <em>Dictionnaire universel de commerce<\/em> qui se termine par les trois renvois. Les <span style=\"font-variant: small-caps;\">Plomber<\/span> \/ PLOMMER de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> font ainsi figure de quasi-doublons.<\/p><p>La d\u00e9finition du territoire que prendrait en propre dans l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> le domaine du potier de terre est d\u2019abord un impens\u00e9 \u00e9ditorial avant de repr\u00e9senter, ch\u00e8re Marie, un probl\u00e8me pour Diderot lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 question, tr\u00e8s certainement, de r\u00e9organiser le <em>Recueil des Planches<\/em> \u00e0 partir de 1760 (distinction entre les arts du carreleur et du tuilier mais aussi s\u00e9paration d\u2019avec celui de la fa\u00efencerie). Les doublons qui se pr\u00e9sentent dans la nomenclature de l\u2019ouvrage sont des accidents qui correspondent, quant \u00e0 eux, \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 s\u00e9vit l\u2019interdiction de poursuivre l\u2019entreprise encyclop\u00e9dique, et durant laquelle Jaucourt (\u00e0 partir du t. XI surtout, et, plus pr\u00e9cis\u00e9ment pour nous, la lettre P) intervient, plus en parall\u00e8le que pour seconder Diderot, dans la production d\u2019articles touchant les arts et m\u00e9tiers. Ainsi assiste-t-on \u00e0 la superposition de deux mouvements disjoints dans l\u2019appr\u00e9hension du domaine de la poterie de terre apr\u00e8s le tome VII\u00a0: celui de la poursuite tant bien que mal de la composition des articles de l\u2019art du potier de terre, et celui d\u2019une r\u00e9alisation de ses planches fond\u00e9e sur de nouvelles bases et sur des sources pour l\u2019heure non identifi\u00e9es (une s\u00e9rie du Potier de terre marqu\u00e9e par une multiplication excessive de ses figures destin\u00e9e \u00e0 illustrer avant tout un art et non ses articles, et une s\u00e9rie sur la Fa\u00efencerie avec inflation consid\u00e9rable du nombre de ses planches et un nouveau trait\u00e9 de l\u2019art en t\u00eate de leurs explications).<\/p><p>VOQUER, avec son renvoi dans l\u2019eau et sa correction inexacte d\u2019un terme technique, est finalement \u00e0 sa place dans ce domaine du potier de terre travaill\u00e9 sans trop de fa\u00e7on sur le tour de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. Bien que pr\u00e9tendant savoir ce que \u00ab\u00a0disent les potiers de terre\u00a0\u00bb, Diderot n\u2019a jamais vraiment pu montrer dans les volumes de discours de mani\u00e8re coh\u00e9rente et li\u00e9e ce qu\u2019ils avaient \u00e0 dire\u00a0; du fait, certes, des al\u00e9as de la manufacture de son dictionnaire raisonn\u00e9, par m\u00e9pris peut-\u00eatre aussi un peu pour un m\u00e9tier dont les ouvrages il est vrai sont moins impressionnants et moins en vogue que celui de la fa\u00efencerie. C\u2019est donc un domaine de savoir perturb\u00e9 et jug\u00e9 subalterne que vient clore alphab\u00e9tiquement parlant VOQUER\u00a0; mais, fort heureusement, un article-doublon parmi les articles omis du volume XVII sauve l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> d\u2019une conclusion sur un mot \u00e9tranger \u00e0 la langue des potiers de terre (\u00ab\u00a0voguer\u00a0\u00bb). La catastrophe totale est \u00e9vit\u00e9e. Sauf \u00e0 penser que ce renvoi sans cible est un appel \u00e0 donner suite, un refus d\u2019en finir avec le domaine, voire l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> toute enti\u00e8re, et l\u2019article omis GIRELLE un billet retour vers le tome VII \u00e0 partir duquel tout le domaine serait \u00e0 recomposer. Clac \u2026 clac.<\/p><h3><strong>La seule conclusion qui s\u2019impose<\/strong><\/h3><p>Marie, Marie, Marie, nous arrivons \u00e0 la fin de nos <em>voqueries<\/em>. Voquer ensemble a \u00e9t\u00e9 plus qu\u2019agr\u00e9able. Mais nos mains ne se posaient pas sur une argile anonyme\u00a0; cette terre \u00e9tait de Diderot. C\u2019est l\u2019assurance de cette attribution qui autorisait une \u00e9tude de l\u2019article VOQUER. Sans tes formidables travaux de 2020 et 2021, rien ne pouvait sortir de trois pauvres lignes, que tu les battes et les rebattes sur le vaucour autant de fois que tu veux. Savoir avec certitude qui les a \u00e9crites change tout. D\u2019ailleurs, le grand Jacques Proust n\u2019en a absolument rien dit\u00a0; ni davantage sur l\u2019art du potier de terre. Un VOQUER attribu\u00e9 \u00e0 Diderot, c\u2019est le d\u00e9but d\u2019une histoire\u00a0; c\u2019est un chemin qui s\u2019ouvre dans l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> et que l\u2019on n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 suivre.<\/p><h3><strong>Annexe\u00a0: Image du domaine du potier de terre<\/strong><\/h3><p>Si 41,6% des articles de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> ne sont pas sign\u00e9s, ce nombre s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 70,3% dans le cadre plus \u00e9troit de ceux relevant des arts, des m\u00e9tiers et des manufactures (sur un total de plus de 11\u00a0587 articles se rattachant certes \u00e0 la \u00ab\u00a0nature employ\u00e9e\u00a0\u00bb par l\u2019homme, pour reprendre l\u2019expression des <em>Explications d\u00e9taill\u00e9es du Syst\u00e8me des connaissances humaines<\/em> du volume premier, mais une nature employ\u00e9e au sein d\u2019activit\u00e9s int\u00e9ressant concr\u00e8tement le commerce et la production). Dans notre seul domaine du potier de terre, il se situe entre les deux (puisque les \u00be des articles paraissent dans les volumes interdits dans lesquels Jaucourt intervient et signe davantage) : 61,2% des articles y sont anonymes. Toutefois, la moiti\u00e9 de tous ceux qui le constituent sont des articles \u00ab isol\u00e9s \u00bb, non li\u00e9s par un renvoi de ou vers d\u2019autres articles (ou vers des planches). Un article isol\u00e9 de la Description des Arts et M\u00e9tiers est en soi une anomalie pour Diderot, dans <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\">ENCYCLOPEDIE<\/a>, car il n\u2019est \u00ab\u00a0rien de pratiqu\u00e9 ou d\u2019employ\u00e9 dans les atteliers, qui ne tienne par un grand nombre de fils au syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral de la connoissance humaine\u00a0\u00bb (\u00a7101)\u00a0; et pourtant compte-t-on ici 34 articles isol\u00e9s sur 67. Et quand les fils existent, ils sont bien souvent interrompus. Le domaine encyclop\u00e9dique du potier de terre forme en effet un r\u00e9seau \u00e9clat\u00e9 en de nombreux fragments (9 de deux n\u0153uds au minimum), avec un unique lien vers la s\u00e9rie correspondante du <em>Recueil des Planches<\/em>. Le centre du r\u00e9seau devrait \u00eatre tenu par l\u2019article-trait\u00e9 de l\u2019art. Toutefois, l\u2019h\u00e9sitation quant au nom de la vedette d\u2019adresse sous lequel celui-ci devait se ranger dura jusqu\u2019au moment o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9. Ainsi le centre du r\u00e9seau se trouve-t-il lui-m\u00eame morcel\u00e9 en trois centres autour de chacun desquels s\u2019organise un morceau de r\u00e9seau (<span style=\"font-variant: small-caps;\">Potier de terre \/ Poterie \/ Potier<\/span>) [voire quatre si on consid\u00e8re POT\u00a0; et voire cinq si on tient compte du renvoi vers la vedette inexistante <span style=\"font-variant: small-caps;\">Poterie de terre<\/span>]. Avec autant de discontinuit\u00e9, il est difficile de reconna\u00eetre l\u2019ensemble relatif \u00e0 la poterie de terre comme une r\u00e9gion \u00e0 part enti\u00e8re de la grande cha\u00eene des connaissances qu\u2019exprime l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>\u00a0; d\u2019autant plus que les liens vers des domaines ext\u00e9rieurs se montent \u00e0 une quinzaine (comprendre, notre champ particulier du savoir se fixe dans une quinzaine de lieux diff\u00e9rents de la grande cha\u00eene des connaissances par des attaches parfois sans autre lien interne au champ, ce qui en fragilise encore plus la coh\u00e9sion). On voit par ailleurs dans cette faible organisation du domaine la trace de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 art du potier de terre et art du fa\u00efencier \u00e9taient appr\u00e9hend\u00e9s de concert\u00a0: on rep\u00e8re un renvoi aux planches de la s\u00e9rie sur la fa\u00efencerie mais surtout une vedette d\u2019adresse FAYENCE (article-trait\u00e9 de l\u2019art de la fa\u00efencerie) vers laquelle on renvoie cinq fois, et par laquelle la continuit\u00e9 des liens de 24 articles du domaine du potier de terre est assur\u00e9e (t\u00e9moignant d\u2019un article FAYENCE originellement centre d\u2019un beaucoup plus large domaine des arts de la poterie de terre en g\u00e9n\u00e9ral sans doute).<\/p><p>Voici, pour concr\u00e8tement visualiser les choses, une image en deux parties du domaine encyclop\u00e9dique du potier de terre\u00a0: la premi\u00e8re rassemble les fragments de r\u00e9seau, la seconde liste le reste des articles du champ \u2013 les articles isol\u00e9s \u2013 par apparition suivant la tomaison de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>.<\/p><p><em>[En trait fort bleu\u00a0: les articles du domaine du potier de terre et ses liens internes.<\/em><\/p><p><em>En pointill\u00e9 vert\u00a0: les articles hors domaine et les liens vers lesquels on est conduit \u00e0 partir de l\u2019art de la poterie de terre ou par lesquels on y entre.<\/em><\/p><p><em>La zone ros\u00e9e avec bordure en pointill\u00e9e rouge\u00a0: le centre \u00e9clat\u00e9 du domaine du potier de terre.<\/em><\/p><p><em>Les lignes jaunes en pointill\u00e9\u00a0: les marques de s\u00e9paration des divers fragments du champ.<\/em><\/p><p><em>Le sigle \u00ab\u00a0n.s.\u00a0\u00bb surlign\u00e9 en rouge\u00a0: article non sign\u00e9.<\/em><\/p><p><em>*\u00a0: article sign\u00e9 de Diderot.<\/em><\/p><p><em>Les noms de vedettes d\u2019adresse surlign\u00e9s en jaune\u00a0: articles attribuables \u00e0 Diderot.<\/em><\/p><p><em>Le surlignage mauve\u00a0: articles sign\u00e9s ou attribu\u00e9s \u00e0 Jaucourt.<\/em><\/p><p>dH<em> surlign\u00e9 en bleu ciel\u00a0: signature de d\u2019Holbach.<\/em><\/p><p><em>Nom de vedette entre guillemets\u00a0: renvoi vers un article inexistant.<\/em><\/p><p><em>Cadre de vedette d\u2019adresse entre crochets\u00a0: renvoi sans cible suivi de sa bonne cible.]<\/em><\/p><p><a href=\"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Franckowiak-tableau1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Franckowiak-tableau1<\/a><\/p><p><a href=\"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Franckowiak-tableau2.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Franckowiak-tableau2<\/a><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 ** \u00e0 Marie Leca-Tsiomis ** Voil\u00e0, Marie, un mot de la langue des arts qui n\u2019est pas fran\u00e7ais et 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