{"id":884,"date":"2025-03-25T02:54:30","date_gmt":"2025-03-25T01:54:30","guid":{"rendered":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/?p=884"},"modified":"2025-06-03T07:30:23","modified_gmt":"2025-06-03T05:30:23","slug":"grammaire-et-philosophie-dans-lencyclopedie-diderot-ecrit-la-philosophie-selon-la-langue-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/?p=884","title":{"rendered":"Grammaire et philosophie. Dans l\u2019<i>Encyclop\u00e9die<\/i> Diderot \u00e9crit la philosophie \u00ab selon\u00a0la langue commune \u00bb"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"884\" class=\"elementor elementor-884\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-9752537 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"9752537\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-2453d8e elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"2453d8e\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><em>\u00a0<\/em><\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>La connoissance de la langue est le fondement de toutes ces grandes esp\u00e9rances\u00a0; elles resteront incertaines, si la langue n\u2019est fix\u00e9e &amp; transmise \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 dans toute sa perfection.<\/p><p>*ENCYCLOP\u00c9DIE, (<em>Philosoph<\/em>.), \u00a731<\/p><\/blockquote><p>Dans l\u2019histoire \u00ab\u00a0encyclop\u00e9dique\u00a0\u00bb de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em><a href=\"#_ftn2\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, l\u2019article *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a> r\u00e9dig\u00e9 par Diderot nous \u00e9tonne par la richesse et l\u2019originalit\u00e9 de ses pages. Il est publi\u00e9 en 1755 dans le cinqui\u00e8me volume \u00e0 un moment o\u00f9 avait succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque audacieuse des vastes id\u00e9aux, des programmes militants et des aspirations les plus ambitieuses \u2013 les ann\u00e9es heureuses du \u00ab\u00a0Prospectus\u00a0\u00bb et du \u00ab\u00a0Discours pr\u00e9liminaire\u00a0\u00bb \u2013la p\u00e9riode d\u00e9senchant\u00e9e des bilans et des doutes, alors que la lutte philosophique \u00e9tait devenue plus \u00e2pre, le corps de l\u2019\u0153uvre plus lourd, la nomenclature plus compliqu\u00e9e, le travail \u00e9ditorial plus complexe, et alors que l\u2019arborescence des connaissances du premier volume apparaissait trop rigide pour la philosophie et l\u2019interpr\u00e9tation de la nature de Diderot, mais aussi trop luxuriante et trop dispers\u00e9e pour le sobre scepticisme de D\u2019Alembert.<\/p><p>Le cinqui\u00e8me volume de 1755 et le sixi\u00e8me de 1756 expriment ce malaise conceptuel des \u00e9diteurs apr\u00e8s les ann\u00e9es heureuses du d\u00e9but\u00a0: par un heureux hasard de l\u2019alphabet, la lettre E (!)<a href=\"#_ftn3\"><sup>[2]<\/sup><\/a> se trouve au centre de cette crise de la \u00ab\u00a0conscience encyclop\u00e9dique\u00a0\u00bb qui scande son histoire \u00ab\u00a0encyclop\u00e9dique\u00a0\u00bb. Les pages de ces deux volumes mesurent en effet la distance par rapport aux ann\u00e9es h\u00e9ro\u00efques du d\u00e9but, dont D\u2019Alembert propose un bilan lucide et d\u00e9senchant\u00e9 en pr\u00e9face dans l\u2019\u00e9loge de Montesquieu compos\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de la mort du philosophe. Mais cette distance permet aussi aux \u00e9diteurs de l\u2019\u0153uvre de juger r\u00e9trospectivement l\u2019entreprise dans son ensemble et d\u2019en proposer une r\u00e9vision th\u00e9orique et une nouvelle architecture dans les articles <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-851-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ELEMENS DES SCIENCES, (<em>Philosophie<\/em>.)<\/a> du m\u00eame D\u2019Alembert et *<a style=\"background-color: #ffffff; color: #1e293b; transition-property: all; outline: 0px;\" href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>,\u00a0<\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>\u00a0de Diderot, articles r\u00e9dig\u00e9s comme de nouveaux discours pr\u00e9liminaires, avec de nouvelles figures de l\u2019ordre et de nouvelles variations des syst\u00e8mes d\u2019ordre.<\/p><p>L\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-851-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ELEMENS DES SCIENCES, (<em>Philosophie<\/em>.)<\/a> est une sorte d\u2019\u00ab\u00a0institution d\u2019encyclop\u00e9die\u00a0\u00bb<em>, <\/em>dont le philosophe \u00ab\u00a0g\u00e9om\u00e8tre\u00a0\u00bb \u00e9nonce les conditions de possibilit\u00e9 et donne la norme de composition en en appelant, dans sa recherche presque cart\u00e9sienne de clart\u00e9, \u00e0 la rigueur des principes et des d\u00e9monstrations. L\u2019article est rigide dans l\u2019\u00e9nonciation du programme de r\u00e9duction de toutes les connaissances \u00e0 leurs noyaux philosophiques\u00a0; il est formel dans sa th\u00e9orie de la possibilit\u00e9 conceptuelle et de la n\u00e9cessit\u00e9 rationnelle d\u2019une unification \u00ab\u00a0en tableau\u00a0\u00bb des \u00e9l\u00e9ments des sciences.<\/p><p>Au contraire, l\u2019article *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>\u00a0est une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0action d\u2019encyclop\u00e9die\u00a0\u00bb, \u00e0 la fois une pi\u00e8ce litt\u00e9raire et un essai th\u00e9orique, une confession passionn\u00e9e et une r\u00e9flexion d\u00e9senchant\u00e9e, un t\u00e9moignage philosophique et un discours programmatique fait en premi\u00e8re personne \u00ab\u00a0sur le projet d\u2019un Dictionnaire\u00a0\u00bb. Sous une forme litt\u00e9raire toute personnelle, narrative et abstraite \u00e0 la fois, \u00e9loign\u00e9e de la sobre axiomatique de D\u2019Alembert mais ouverte \u00e0 un dialogue passionn\u00e9 avec le lecteur, Diderot noue et d\u00e9noue les fils enchev\u00eatr\u00e9s de ses r\u00e9flexions d\u2019auteur et d\u2019\u00e9diteur sur l\u2019histoire difficile et contrast\u00e9e de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, comme ceux de ses pens\u00e9es de philosophe sur la r\u00e9alisation, les succ\u00e8s, les incertitudes et les \u00e9checs de la plus grande entreprise \u00e9ditoriale, culturelle et politique des Lumi\u00e8res, digne \u00ab\u00a0du si\u00e8cle philosophe \u00bb. Dans cette pi\u00e8ce \u00e0 la pagination anomale, trace \u00e9ditoriale d\u2019une publication peut-\u00eatre h\u00e2tive une fois la composition termin\u00e9e, Diderot prend la parole pour \u00e9voquer, avec toute la force de sa volont\u00e9, les difficult\u00e9s objectives de l\u2019entreprise, pour soumettre cette derni\u00e8re avec modestie \u00e0 un examen s\u00e9rieux de ses limites concr\u00e8tes et de ses perspectives id\u00e9ales, et pour discuter franchement de ses fondements th\u00e9oriques, en revendiquant aussi avec courage l\u2019autonomie des gens de lettres et d\u00e9clarant avec une clart\u00e9 extr\u00eame les raisons philosophiques d\u2019un ouvrage destin\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0changer la fa\u00e7on de penser commune\u00a0\u00bb et \u00e0 r\u00e9aliser le bonheur des hommes. Bien plus qu\u2019un article de dictionnaire, Diderot \u00e9crit ici le manifeste des Lumi\u00e8res<a href=\"#_ftn4\"><sup>**<\/sup><\/a>\u00a0: l\u2019enqu\u00eate passionn\u00e9e sur l\u2019encyclop\u00e9die qu\u2019il propose \u00e0 travers l\u2019analyse historique et conceptuelle des possibilit\u00e9s r\u00e9elles de l\u2019entreprise devient en effet la th\u00e9orie du \u00ab\u00a0grand livre\u00a0\u00bb convenable \u00ab\u00a0\u00e0 la condition humaine\u00a0\u00bb. Ouvrage l\u00e9gitime en vertu des trois actions m\u00e9thodiques d\u2019unit\u00e9 d\u2019auteur, de parole et de raison que Diderot impose, l<em>\u2019Encyclop\u00e9die<\/em> prescrit la convergence de la v\u00e9rit\u00e9 et du bonheur. Et, en m\u00eame temps, avec ses limites, ses d\u00e9fauts, ses incertitudes, ses vides, ses parties obsol\u00e8tes ou p\u00e9rim\u00e9es, elle d\u00e9fie \u00ab\u00a0la perfection absolue [\u2026] du volume immense\u00a0\u00bb \u00e9crit par la volont\u00e9 de Dieu, un volume qui serait inutile dans sa simple duplication de l\u2019univers et superflu dans son format d\u00e9mesur\u00e9, mais surtout insupportable dans son infinitude sans rep\u00e8res.<\/p><p>Ainsi, dans cet article de fondation, Diderot r\u00e9fl\u00e9chit-il sur plusieurs \u00ab\u00a0id\u00e9es\u00a0\u00bb\u00a0et offre plusieurs mati\u00e8res \u00e0 penser ensemble\u00a0: id\u00e9es sur l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> et mati\u00e8res de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> qui se trouvent expos\u00e9es dans un ordre apparemment rhapsodique, mais se structurent en r\u00e9alit\u00e9 dans un encha\u00eenement profond et selon une vis\u00e9e totale.<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Voil\u00e0 les premi\u00e8res id\u00e9es qui se sont offertes \u00e0 mon esprit sur le projet d\u2019un Dictionnaire universel et raisonn\u00e9 de la connaissance humaine\u00a0; sur sa possibilit\u00e9\u00a0; sa fin\u00a0; ses mat\u00e9riaux\u00a0; l\u2019ordonnance g\u00e9n\u00e9rale et particuli\u00e8re de ces mat\u00e9riaux\u00a0; le style\u00a0; la m\u00e9thode\u00a0; les renvois\u00a0; la nomenclature\u00a0; le manuscrit\u00a0; les auteurs\u00a0; les censeurs\u00a0; les \u00e9diteurs et le typographe<a href=\"#_ftn5\"><sup>[3]<\/sup><\/a><em>.<\/em><\/p><\/blockquote><p>Et c\u2019est justement par cette \u00ab\u00a0encyclop\u00e9distique\u00a0\u00bb totale<a href=\"#_ftn6\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, qui caract\u00e9rise l\u2019attitude philosophique plurielle de Diderot et sa m\u00e9thode \u00ab \u00e9clectique \u00bb, qu\u2019il \u00e9nonce et discute dans l\u2019article *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a> cette aspiration \u00e0 la totalit\u00e9 qui anime la philosophie, comme dans l\u2019article *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-576-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ECLECTISME, (<em>Hist. de la Philosophie anc. &amp; mod<\/em>.)<\/a>\u00a0il l\u2019avait fait pour son histoire et dans l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v1-3082-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ART, (<em>Ordre encyclop. Entendement. M\u00e9moire. Histoire de la Nature. Histoire de la nature employ\u00e9e. Art.<\/em>)<\/a> pour son application.<\/p><p>Ainsi, la condition formelle de l\u2019unit\u00e9 des savoirs envisag\u00e9e par Diderot est-elle \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9tude de la langue\u00a0\u00bb, v\u00e9hicule d\u2019excellence de la transmission des connaissances. Et l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, ouvrage \u00ab destin\u00e9 \u00e0 l\u2019instruction g\u00e9n\u00e9rale des hommes \u00bb, se donne avant tout comme \u00ab un dictionnaire universel et raisonn\u00e9 \u00bb de la langue. Diderot, responsable de sa mise en forme \u00e9ditoriale, est d\u2019autant plus int\u00e9ress\u00e9 par cette dimension linguistique de l\u2019ouvrage qu\u2019il est convaincu de la primaut\u00e9 du langage, \u00e9tant si passionn\u00e9 de litt\u00e9rature, si attentif au dialogue et \u00e0 l\u2019\u00e9criture des dissonances. Mais la digression qu\u2019il entreprend sur cette question dans les pages de l\u2019article *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>\u00a0comme une sorte de palinodie tardive ne se pr\u00e9sente pas seulement comme les repentirs d\u2019un \u00e9diteur qui s\u2019interroge sur les modalit\u00e9s de r\u00e9vision et d\u2019unification des moyens linguistiques de la communication<a href=\"#_ftn7\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. Sensible plut\u00f4t \u00e0 la question de l\u2019expression qu\u2019\u00e0 celle de l\u2019exactitude, et plus proche en cela de Leibniz que de Descartes ou de D\u2019Alembert, Diderot ne limite pas la langue \u00e0 l\u2019ensemble des termes d\u2019un lexique \u00e0 \u00e9claircir ou \u00e0 un syst\u00e8me de r\u00e8gles grammaticales\u00a0\u00e0 recomposer. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9 de l\u2019option purement terminologique de la <em>Cyclop\u00e6dia<\/em> de Chambers<a href=\"#_ftn8\"><sup>[6]<\/sup><\/a>, il vide la d\u00e9finition de la fonction purement lexicographique pour d\u00e9ployer dans toute son ampleur la th\u00e8se qui fait de la langue l\u2019exp\u00e9rience humaine fondamentale s\u2019articulant dans la parole. V\u00e9hicule de la connaissance, signe de la raison, agent de l\u2019analyse, instrument de la communication, certes\u00a0; mais la langue est bien davantage. Elle est histoire des peuples, participation sociale, vocabulaire de cultures, progr\u00e8s de civilisation, dynamique des pens\u00e9es, production de rationalit\u00e9s, construction de facult\u00e9s, programme d\u2019action, anticipation du savoir, interpr\u00e9tation de la nature. Commune d\u00e9nomination \u00ab\u00a0des choses les plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn9\"><sup>[7]<\/sup><\/a>, la langue est l\u2019exp\u00e9rience humaine totale et totalisante de la production de la pens\u00e9e, de la donation du sens, de la civilisation des hommes et de la transformation du r\u00e9el.<\/p><p>Cette th\u00e9orie de la langue, qui renverse la hi\u00e9rarchie de la linguistique cart\u00e9sienne et refuse le rationalisme des \u00ab\u00a0Messieurs de Port-Royal\u00a0\u00bb, s\u2019\u00e9loigne tout autant de la th\u00e9orie analytique propos\u00e9e par D\u2019Alembert que de la doctrine des<em> Vrais principes de la langue fran\u00e7aise<\/em> de l\u2019abb\u00e9 Girard<a href=\"#_ftn10\"><sup>[8]<\/sup><\/a>. Mais Diderot prend aussi ses distances par rapport aux structures de la grammatisation du langage op\u00e9r\u00e9e par Condillac qui a conduit jusque-l\u00e0 la primaut\u00e9 de l\u2019analyse. D\u2019ailleurs, dans les longs d\u00e9tours de cet article que Diderot \u00e9crit comme encyclop\u00e9diste aussi bien que comme auteur et comme philosophe, il n\u2019ajoute pas les nombreuses citations des dictionnaires traditionnels, et il ne se borne non plus \u00e0 enqu\u00eater sur les diff\u00e9rentes langues historiques en posant les questions lexicales propres \u00e0 ce genre d\u2019ouvrages. Dans le r\u00e9seau des articles de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> consacr\u00e9s au langage, Beauz\u00e9e et Du Marsais, les \u00ab grammairiens philosophes \u00bb, sauront r\u00e9pondre \u00e0 ces questions avec leurs comp\u00e9tences techniques. L\u2019ambition de Diderot est tout autre. Dans cette pi\u00e8ce de fondation qu\u2019est l\u2019article *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, Diderot se place r\u00e9solument dans une situation th\u00e9orique liminaire\u00a0: par le biais de la langue il y discute de l\u2019acte primaire par lequel les choses entrent dans l\u2019exp\u00e9rience humaine en acqu\u00e9rant leurs contenus s\u00e9mantiques. La langue n\u2019est pas l\u2019effet de la rationalit\u00e9. Elle en est la source\u00a0: dans l\u2019id\u00e9e de Diderot elle appara\u00eet comme la facult\u00e9 humaine qui fonde toute intelligibilit\u00e9 possible.<\/p><p>Ainsi, comme l\u2019art de la parole n\u2019est pas un fait individuel mais collectif qui investit tous les ph\u00e9nom\u00e8nes, la langue s\u2019impose-t-elle comme un ensemble de signes qui constitue le syst\u00e8me de toutes les exp\u00e9riences humaines possibles, \u00ab\u00a0cadre de la pens\u00e9e, appr\u00e9hension du monde, espace d\u00e9cisif de l\u2019\u00e9change et de l\u2019erreur, lieu essentiel de la libert\u00e9 de penser et de l\u2019exercice de l\u2019entendement\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn11\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. Malgr\u00e9 la diversit\u00e9 des idiomes, malgr\u00e9 la multiplicit\u00e9 des manifestations symboliques, des variations spatiales et temporelles des usages, la langue doit son universalit\u00e9 \u00e0 sa nature fondamentalement expressive\u00a0: c\u2019est elle qui constitue le v\u00e9ritable agent de totalisation et d\u2019unification des savoirs. Soustrayant la langue \u00e0 l\u2019autarcie des r\u00e8gles que lui imposerait une logique, Diderot entend c\u00e9l\u00e9brer l\u2019effort des langues vers la clart\u00e9 mais aussi \u00ab\u00a0le hasard des mots \u00e9chapp\u00e9s\u00a0\u00bb, le sens obscur des liaisons \u00e0 peine entrevues, les m\u00e9langes des codes, les vestiges des glissements de sens et des d\u00e9placements des genres, les fluctuations des significations, les concurrences des synonymes, la d\u00e9mesure des m\u00e9taphores, les usages infid\u00e8les, \u00ab\u00a0les instants interm\u00e9diaires\u00a0\u00bb des d\u00e9signations, les allusions implicites, \u00ab\u00a0la force\u00a0\u00bb des inventions du g\u00e9nie, \u00ab\u00a0la teinte\u00a0\u00bb des impressions fugitives.<\/p><p>C\u2019est ainsi que l\u2019\u00e9tat des connaissances de chaque civilisation ne pourrait \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 dans une caract\u00e9ristique universelle qui traduirait les id\u00e9es universelles d\u2019une raison d\u00e9sincarn\u00e9e, mais dans la langue historique d\u00e9termin\u00e9e et particuli\u00e8re qui exprime un moment de l\u2019histoire. Selon la formule\u00a0de Diderot, \u00ab\u00a0la langue d\u2019un peuple donne son vocabulaire, et le vocabulaire est une table assez fid\u00e8le de toutes les connaissances de ce peuple<a href=\"#_ftn12\"><sup>[10]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<em>.<\/em><\/p><p>Les expressions les plus diverses, celles qui circulent dans une \u00e9poque d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 travers des genres m\u00eame les plus \u00e9loign\u00e9s entre eux, font \u00ab\u00a0entrevoir l\u2019\u00e9tat des opinions dominantes\u00a0\u00bb de cette \u00e9poque. Ainsi, les v\u00e9rit\u00e9s de la philosophie, les d\u00e9couvertes des sciences, la beaut\u00e9 des arts, l\u2019intelligence des techniques sont-elles \u00ab\u00a0entr\u2019expressives\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn13\"><sup>[11]<\/sup><\/a>. Une \u00ab grammaire g\u00e9n\u00e9rale raisonn\u00e9e \u00bb<a href=\"#_ftn14\"><sup>[12]<\/sup><\/a>, selon la d\u00e9finition de Diderot, devient alors la cl\u00e9 pour comprendre les sens de la totalit\u00e9 d\u2019une culture \u00e0 travers une r\u00e9flexion sur la singularit\u00e9 des mots et la multiplicit\u00e9 de leurs r\u00e9f\u00e9rents\u00a0: une \u00ab\u00a0grammaire philosophique\u00a0\u00bb, enfin, selon la d\u00e9finition de Naigeon<a href=\"#_ftn15\"><sup>***<\/sup><\/a>.<\/p><p>Et Diderot, devenu historien de la philosophie apr\u00e8s la crise de 1752 et l\u2019abandon des abb\u00e9s \u00ab\u00a0philosophes\u00a0\u00bb, devient aussi grammairien-philosophe dans la perspective de transmettre les mots de la langue \u00e0 la premi\u00e8re personne comme auteur des articles de grammaire qui restituent \u00ab\u00a0l\u2019acception des termes<a href=\"#_ftn16\"><sup>[13]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb con\u00e7ue selon cette pluralit\u00e9 de rapports entre les mots et les r\u00e9f\u00e9rents : \u00ab une \u00e9tude des mots<a href=\"#_ftn17\"><sup>[14]<\/sup><\/a> \u00bb qui rel\u00e8ve les \u00e9l\u00e9ments expressifs \u00ab\u00a0des lumi\u00e8res et de l\u2019exactitude [mais aussi] de l\u2019ind\u00e9cision<a href=\"#_ftn18\"><sup>[15]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb d\u2019une culture.<\/p><p>Sans oublier le jeu des renvois entre les mots qui ajoute \u00e0 l\u2019\u00e9criture plate du dictionnaire une lecture dynamique capable de mobiliser la critique, multiplier les points de vue, agiter les mati\u00e8res, \u00e9tendre les significations, contracter les concepts, identifier les lacunes, corriger les malentendus, saisir la \u00ab\u00a0ramification d\u2019une pens\u00e9e<a href=\"#_ftn19\"><sup>[16]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb, interroger la tradition et, surtout, se projeter vers le futur afin de \u00ab\u00a0changer la fa\u00e7on commune de penser<a href=\"#_ftn20\"><sup>[17]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Strat\u00e9gie de la communication, bien s\u00fbr, m\u00e9thode prudente de d\u00e9placement des mat\u00e9riaux du <em>Dictionnaire<\/em> et tactique circonspecte de d\u00e9paysement de ses censeurs, les renvois sont en effet des agents de d\u00e9stabilisation, des antidotes insinuants contre les pr\u00e9jug\u00e9s, des instruments philosophiques et des tropes rh\u00e9toriques d\u2019\u00e9lection qui, par les jeux de l\u2019ironie et de la simulation, par les encha\u00eenements cach\u00e9s des id\u00e9es, permettent de \u00ab\u00a0d\u00e9duire tacitement les cons\u00e9quences les plus fortes et [\u2026] de renverser ainsi l\u2019\u00e9difice de fange et de dissiper le vain amas de poussi\u00e8re\u00a0\u00bb des erreurs et des pr\u00e9jug\u00e9s. Et de tisser les fils de th\u00e9ories subversives\u00a0: une v\u00e9rit\u00e9 se dit ici \u00ab\u00a0secr\u00e8tement, et sans \u00e9clat [\u2026]. C\u2019est l\u2019art de d\u00e9duire tacitement les cons\u00e9quences les plus fortes<a href=\"#_ftn21\"><sup>[18]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/p><p>Diderot philosophe pratique souvent cet art\u00a0\u00ab tacite \u00bb dans le corps de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die <\/em>et souvent, au sein des articles anonymes consacr\u00e9s \u00e0 la d\u00e9finition des mots communs \u2013 en g\u00e9n\u00e9ral, donc, des articles portant le d\u00e9signant \u00ab grammaire \u00bb<a href=\"#_ftn22\"><em><sup>***<\/sup><\/em><\/a><sup>*<\/sup> \u2013, il tisse les trames cach\u00e9es de sa philosophie naturaliste et ath\u00e9e, d\u00e9passant le formel des d\u00e9finitions par la recherche \u00ab\u00a0de la chose d\u00e9sign\u00e9e par le mot\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn23\"><sup>[19]<\/sup><\/a>. Comme dans l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v15-1548-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">SPINOSISTE, (<em>Gram<\/em>.)<\/a><a href=\"#_ftn24\"><sup>*****<\/sup><\/a>, qui succ\u00e8de aux longues pages ennuyeuses de l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v15-1547-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">SPINOSA, <span style=\"font-variant: small-caps;\">philosophie de<\/span>, (<em>Hist. de la philos.<\/em>)<\/a> dont Yvon pourrait \u00eatre l\u2019auteur (hypoth\u00e8se de Jacques Proust) et r\u00e9dig\u00e9 sous l\u2019enseigne de l\u2019article homonyme du <em>Dictionnaire historique et critique<\/em> de Bayle. Dans cet article de grammaire, con\u00e7u pour ajuster le sens de la langue d\u2019un peuple \u00e0 l\u2019actualit\u00e9, l\u2019encyclop\u00e9diste Diderot ne parle plus du syst\u00e8me de Spinoza, mais des spinosistes de son temps, les \u00ab spinosistes modernes \u00bb<a href=\"#_ftn25\"><sup>[20]<\/sup><\/a>, qu\u2019il d\u00e9finit comme les th\u00e9oriciens d\u2019un spinozisme renouvel\u00e9 dans une version vigoureusement mat\u00e9rialiste fond\u00e9e sur la notion de mati\u00e8re sensible, celle qu\u2019il insinue lui-m\u00eame en philosophe par fragments dans le corps entier de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> dans des articles presque secrets, mais particuli\u00e8rement int\u00e9ressants pour la construction de la th\u00e9orie comme <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-167-0\/\">*FORTUIT, (Gramm.)<\/a><a href=\"#_ftn26\"><sup>[21]<\/sup><\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2094-0\/\">IMMUABLE, (<em>Gram<\/em>.)<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2105-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">*IMPARFAIT, (<em>Gramm<\/em>.)<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2124-0\/\">*IMP\u00c9RISSABLE, (<em>Gram. &amp; Philosoph<\/em>.)<\/a>, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2119-0\/\">*IMPERCEPTIBLE, (<em>Gramm<\/em>.)<\/a><a href=\"#_ftn27\"><sup>[22]<\/sup><\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2679-0\/\">*INVARIABLE, (<em>Gramm<\/em>.)<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v11-197-0\/\">NATURALISTE<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v11-263-0\/\">N\u00c9ANT, RIEN, ou N\u00c9GATION, (<em>M\u00e9taphys<\/em>.)<\/a>. Dans l\u2019article NATURALISTE\u00a0<a href=\"#_ftn28\"><sup>******<\/sup><\/a>, il pr\u00e9sente en effet cette nouvelle acception du spinozisme comme un ath\u00e9isme mat\u00e9rialiste li\u00e9 \u00e0 une th\u00e9orie immanentiste de la nature qui, ayant abandonn\u00e9 le m\u00e9canisme cart\u00e9sien pour un naturalisme vitaliste, \u00e9limine la question de la cr\u00e9ation divine et de l\u2019immat\u00e9rialit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me, tout l\u2019univers se donnant dans l\u2019immanence des transformations dynamiques de la mati\u00e8re sensible.<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>On donne encore le nom de naturalistes \u2013 \u00e9crit-il \u2013 \u00a0\u00e0 ceux qui n\u2019admettent point de Dieu, mais qui croient qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une substance mat\u00e9rielle, rev\u00eatue de diverses qualit\u00e9s qui lui sont aussi essentielles que la longueur, la largeur, la profondeur, &amp; en cons\u00e9quence desquelles tout s\u2019ex\u00e9cute n\u00e9cessairement dans la nature comme nous le voyons; naturaliste en ce sens est synonyme \u00e0 <em>ath\u00e9e<\/em>, <em>spinosiste<\/em>, <em>mat\u00e9rialiste<\/em><a href=\"#_ftn29\"><sup>[23]<\/sup><\/a><em>.<\/em><\/p><\/blockquote><p>Une version in\u00e9dite de la philosophie de Spinoza, devenue mat\u00e9rialisme, naturalisme et ath\u00e9isme<a href=\"#_ftn30\"><sup>[24]<\/sup><\/a>, comme si elle avait \u00e9t\u00e9 saisie, au fil du temps, dans un jeu de r\u00e9fractions philosophiques instables et fluides, au point de l\u2019inscrire, au-del\u00e0 de ses \u00e9l\u00e9ments strictement doxographiques, dans cette nouvelle philosophie \u00e9clectique que Diderot, \u00e9diteur de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, d\u00e9fendait dans l\u2019article qui lui \u00e9tait d\u00e9di\u00e9.<\/p><p>C\u2019\u00e9tait l\u00e0, en effet, son id\u00e9e de l\u2019histoire de la philosophie, profond\u00e9ment diff\u00e9rente de l\u2019interpr\u00e9tation rationaliste de D\u2019Alembert : une histoire de la philosophie qui, en \u00e9vitant \u00ab\u00a0les ombres inconstantes des syst\u00e8mes\u00a0\u00bb, cherche \u00e0 tirer des p\u00e9rip\u00e9ties de l\u2019histoire de la pens\u00e9e une sorte de protocole exp\u00e9rimental de l\u2019exercice de la raison pure et des devoirs de la raison pratique pour souligner le r\u00e9gime commun de la rationalit\u00e9 philosophique et les imp\u00e9ratifs g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019action \u00e9clair\u00e9e du philosophe. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette perspective que Diderot historien de la philosophie n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 \u00e9voquer la philosophie de Spinoza, en citant dans divers articles ses continuit\u00e9s avec d\u2019autres philosophies, en particulier celles les plus proches du mat\u00e9rialisme comme, par exemple, <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v1-3194-0\/\">ASIATIQUES. Philosophie des <em>Asiatiques<\/em> en g\u00e9n\u00e9ral<\/a><a href=\"#_ftn31\"><sup>[25]<\/sup><\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v3-708-0\/\">CHINOIS, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Philosophie des<\/span>)<\/a><a href=\"#_ftn32\"><sup>[26]<\/sup><\/a> ; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-946-0\/\">HOBBISME, <em>ou<\/em> <span style=\"font-variant: small-caps;\">Philoso[p]hie d\u2019Hobbes<\/span>, (<em>Hist. de la Philos. anc. &amp; moderne<\/em>.)<\/a><a href=\"#_ftn33\"><sup>[27]<\/sup><\/a>. Ou, plus particuli\u00e8rement, la philosophie de la Renaissance de Giordano Bruno dans l\u2019article <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2759-0\/\">JORDANUS BRUNUS, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Philosophie de<\/span>, (<em>Hist. de la Philos<\/em>.)<\/a> dans lequel le nom de Spinoza appara\u00eet enfin sans les \u00e9pith\u00e8tes de condamnation. C\u2019est un article tr\u00e8s particulier et tr\u00e8s \u00ab Diderot \u00bb. Si dans la premi\u00e8re partie Diderot suit la doxographie \u00e9rudite de Brucker tout en l\u2019inclinant dans un sens plus nettement naturaliste \u2013 la totalit\u00e9 de la nature est une pl\u00e9nitude infinie et \u00e9ternelle et une identit\u00e9 radicale des \u00eatres dans le flux perp\u00e9tuel des formes et des causes ; la dur\u00e9e n\u2019est qu\u2019un instant infini, l\u2019\u00e2me est l\u2019\u00e9nergie du corps \u2013, il prend ensuite la parole en premi\u00e8re personne dans la seconde partie, r\u00e9sumant vigoureusement les principes de la philosophie brunienne comme une sorte de prolepse de l\u2019ontologie de Spinoza : l\u2019infinit\u00e9 de Dieu, la n\u00e9cessit\u00e9 de sa volont\u00e9, l\u2019\u00e9ternit\u00e9 du monde, et l\u2019unit\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 de la substance \u00e9ternelle. Enfin, Spinoza avant Spinoza, \u00e0 qui il reste bien peu ou rien de nouveau \u00e0 ajouter, comme le d\u00e9clare Diderot, admirateur du philosophe de Nola r\u00e9sumant de mani\u00e8re frappante sa philosophie de la totalit\u00e9 et de l\u2019unit\u00e9 de la substance dans l\u2019expression spinoziste \u00ab la nature, c\u2019est Dieu \u00bb<a href=\"#_ftn34\"><sup>[28]<\/sup><\/a>.<\/p><p>Du reste, ce sont l\u00e0 les id\u00e9es d\u2019un ath\u00e9isme naturaliste qui s\u2019\u00e9taient progressivement d\u00e9finies \u00e9galement dans l\u2019\u0153uvre de Diderot philosophe \u00e0 partir des \u00ab questions futiles \u00bb des <em>Pens\u00e9es sur l\u2019Interpr\u00e9tation de la nature<\/em>, en r\u00e9alit\u00e9 des questions tr\u00e8s s\u00e9rieuses d\u2019une philosophie qui, nourrie par les nouvelles lectures de m\u00e9decine, de chimie et d\u2019histoire naturelle et par de nouvelles r\u00e9flexions sur les sciences de la vie, en arrivait \u00e0 d\u00e9noncer les obscurit\u00e9s de la religion et \u00e0 offrir les hypoth\u00e8ses de travail du philosophe mat\u00e9rialiste et les id\u00e9es-forces du naturaliste et du physicien exp\u00e9rimental : la sensibilit\u00e9 universelle de la mati\u00e8re, l\u2019unit\u00e9 organique des \u00eatres vivants, la totalit\u00e9 intimement dynamique de la cha\u00eene n\u00e9cessaire de tous les \u00eatres naturels, l\u2019unit\u00e9 d\u2019int\u00e9gration de l\u2019homme dans la profonde continuit\u00e9 de la nature, une unit\u00e9 recherch\u00e9e et pressentie plus que rationnellement d\u00e9montr\u00e9e. Des id\u00e9es qui s\u2019imposeront ensuite dans les trois dialogues imaginaires du <em>R\u00eave de d\u2019Alembert<\/em><a href=\"#_ftn35\"><sup><strong>[29]<\/strong><\/sup><\/a> comme une sorte de n\u00e9o-spinozisme naturaliste sans nom propre et sans syst\u00e8me\u00a0: une hypoth\u00e8se philosophique audacieuse mais f\u00e9conde d\u2019un univers \u00e9ternel sans cr\u00e9ateur, sans principe, sans ordre et sans fins, et d\u2019une cha\u00eene d\u2019\u00eatres naturels diff\u00e9rents mais faits tous de la m\u00eame mati\u00e8re sensible, organis\u00e9e de mani\u00e8re diff\u00e9rente\u00a0; une hypoth\u00e8se scientifique radicale qui r\u00e9sout dans l\u2019immanence tous les processus de la nature, r\u00e9solvant ainsi \u00e9galement les difficult\u00e9s du spiritualisme et de la th\u00e9ologie cr\u00e9ationniste\u00a0; une vision passionn\u00e9e de l\u2019\u00e9volution incessante d\u2019un univers lucr\u00e9tien en perp\u00e9tuelle m\u00e9tamorphose qui soustrait toute la nature \u00e0 l\u2019ordre de l\u2019Omnipotent pour la confier au hasard, en vertu d\u2019un simple calcul des probabilit\u00e9s. Diderot en avait parl\u00e9 avec sa faconde habituelle et son air inspir\u00e9 lors d\u2019un apr\u00e8s-midi du jeudi chez le baron d\u2019Holbach, et l\u2019abb\u00e9 Galiani en \u00e9tait rest\u00e9 profond\u00e9ment impressionn\u00e9. \u00ab Ah, Philosophe, comment ?<sup> <a href=\"#_ftn36\">[30]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb.<\/p><p>Mais c\u2019\u00e9tait l\u00e0, au fond, le r\u00e9sultat de toute la recherche philosophique de Diderot, auteur et acteur d\u2019une pens\u00e9e originale, transgressive et exub\u00e9rante, parfois m\u00eame paradoxale, qui avait une longue histoire, puisait \u00e0 de nombreuses sources et se reconnaissait dans de nombreuses g\u00e9n\u00e9alogies, parfois m\u00eame oppos\u00e9es, les Anciens et les Modernes, les th\u00e9istes et les ath\u00e9es, D\u00e9mocrite et Spinoza. Du reste, pour Diderot, le \u00ab\u00a0Philosophe\u00a0\u00bb de ses contemporains, la philosophie elle-m\u00eame \u00e9tait un savoir \u00ab\u00a0paradoxal\u00a0\u00bb\u00a0: contr\u00f4l\u00e9e par un usage sobre de la raison \u2013 le <em>vedremo <\/em>des sceptiques, l\u2019<em>attendez<\/em> d\u2019\u00c9picure, la balance de Montaigne \u2013, et soutenue par le courage de \u00ab\u00a0descendre au fond du puits\u00a0\u00bb de la v\u00e9rit\u00e9 avec D\u00e9mocrite, elle \u00e9tait anim\u00e9e par l\u2019ambition passionn\u00e9e de saisir le lien secret entre les id\u00e9es et de retrouver la profonde unit\u00e9 de la nature dans sa continuit\u00e9 cach\u00e9e. Car, comme l\u2019affirme Diderot, obs\u00e9d\u00e9 par l\u2019id\u00e9e de totalit\u00e9, \u00ab\u00a0l\u2019ind\u00e9pendance absolue d\u2019un seul fait est incompatible avec l\u2019id\u00e9e du tout\u00a0; et sans l\u2019id\u00e9e du tout, plus de philosophie<a href=\"#_ftn37\"><sup>[31]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/p><p><a href=\"#_ftnref1\">*<\/a> Pour rendre hommage \u00e0 Marie Leca-Tsiomis, j\u2019ai ins\u00e9r\u00e9 ici et l\u00e0 des notes o\u00f9 je rappelle certaines de ses le\u00e7ons de m\u00e9thode et de contenu sur l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> que j\u2019ai trouv\u00e9es en lisant ses livres et ses articles, que j\u2019ai apprises en \u00e9coutant ses conf\u00e9rences et que j\u2019ai approfondies avec elle lors de nos conversations amicales. J\u2019ai toujours appr\u00e9ci\u00e9 la richesse de ses interrogations savantes, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de son exercice critique, l\u2019originalit\u00e9 de ses \u00e9tudes et le charme de son \u00e9criture. Merci, Marie.<\/p><h5>NOTES<\/h5><p><a href=\"#_ftnref2\">[1]<\/a> Cette histoire \u00ab\u00a0encyclop\u00e9dique\u00a0\u00bb de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, sensible aux p\u00e9rip\u00e9ties de l\u2019esprit philosophique, attentive au statut \u00e9pist\u00e9mologique des diff\u00e9rentes sciences et \u00e0 l\u2019\u00e9tat des diff\u00e9rentes arts, \u00e9merge comme une sorte de trame conceptuelle de l\u2019\u0153uvre dans sa d\u00e9finition et sa constitution diff\u00e9rentielle\u00a0: une sorte d\u2019itin\u00e9raire, accident\u00e9 et tortueux mais non fortuit, \u00e0 travers les divers syst\u00e8mes d\u2019int\u00e9gration des savoirs que Diderot et D\u2019Alembert parcourent dans la perspective de maintenir la multiplicit\u00e9 des connaissances dans l\u2019unit\u00e9 articul\u00e9e et flexible de la raison humaine. L\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> vit ainsi l\u2019histoire dense d\u2019un \u00ab grand livre \u00bb (<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0641) o\u00f9 s\u2019inscrivent les raisons solides des projets r\u00e9alis\u00e9s ainsi que les am\u00e8res d\u00e9sillusions des r\u00e9sultats manqu\u00e9s. Selon la belle d\u00e9finition Marie Leca-Tsiomis, l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> fut vraiment \u00ab\u00a0dans tous les sens du mot une exp\u00e9rience\u00a0\u00bb (<em>\u00c9crire l\u2019Encyclop\u00e9die. Diderot : de l\u2019usage des dictionnaires \u00e0 la grammaire philosophique<\/em>, Oxford, Voltaire Foundation, <em>SVEC<\/em> 375, 1999, r\u00e9\u00e9dition 2008, p.\u00a0341). Je me permet de renvoyer \u00e0 mes \u00e9tudes sur la philosophie de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, en particulier <em>L\u2019arbre et le labyrinthe. Descartes selon l\u2019ordre des Lumi\u00e8res<\/em>, Paris, Champion, 2008 et \u00ab Spinoza nell\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. Tra Yvon, Condillac e Diderot \u00bb, <em>Giornale critico della filosofia italiana<\/em>, CII, 2, 2023, p.\u00a0221-249.<\/p><p><a href=\"#_ftnref3\">[2]<\/a> Note marginale : la lettre E me passionne depuis le moment o\u00f9 j\u2019ai lu le <em>De E apud Delphos <\/em>de Plutarque ! D\u00e9couvrir dans l<em>\u2019Encyclop\u00e9die <\/em>ce tr\u00e9sor \u00e0 la lettre E a \u00e9t\u00e9 pour moi une grande joie.<\/p><p><a href=\"#_ftnref4\">**<\/a> Marie le souligne avec ampleur dans son livre <em>Diderot. Choix d\u2019articles de l\u2019Encyclop\u00e9die<\/em>, Paris, \u00c9ditions du Comit\u00e9 des Travaux Historiques et Scientifiques, 2001.<\/p><p><a href=\"#_ftnref5\">[3]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0649a.<\/p><p><a href=\"#_ftnref6\">[4]<\/a> J. Starobinski, \u00ab\u00a0L\u2019arbre du savoir et ses m\u00e9tamorphoses\u00a0\u00bb, <em>Essais et notes sur l\u2019Encyclop\u00e9die de Diderot et d\u2019Alembert<\/em>, A. Calzolari, S. Delassus (\u00e9ds), Fontanellato (PR), Franco Maria Ricci editore, 1979, p.\u00a0304.<\/p><p><a href=\"#_ftnref7\">[5]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0637\u00a0: \u00ab La connaissance de la langue est le fondement de toutes ces esp\u00e9rances\u00a0; elles resteront incertaines, si la langue n\u2019est pas fix\u00e9e et transmise \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 dans toute sa perfection\u00a0; et cet objet est le premier de ceux dont il convenait \u00e0 des encyclop\u00e9distes de s\u2019occuper profond\u00e9ment. Nous nous en sommes aper\u00e7us trop tard\u00a0; et cette inadvertance a jet\u00e9 de l\u2019imperfection sur tout notre ouvrage. Le c\u00f4t\u00e9 de la langue est rest\u00e9 faible \u00bb.<\/p><p><a href=\"#_ftnref8\">[6]<\/a> Voir la Note sur le d\u00e9signant de l\u2019article r\u00e9dig\u00e9e par le collectif <em>ENCCRE<\/em>.<\/p><p><a href=\"#_ftnref9\">[7]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0642.<\/p><p><a href=\"#_ftnref10\">[8]<\/a> Dans l\u2019article *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, la critique \u00e0 la th\u00e9orie des synonymes de l\u2019abb\u00e9 Girard est explicite, t. V, p. 640a.<\/p><p><a href=\"#_ftnref11\">[9]<\/a> Marie Leca-Tsiomis, <em>\u00c9crire l\u2019Encyclop\u00e9die<\/em>, ouv. cit., p.\u00a0253.<\/p><p><a href=\"#_ftnref12\">[10]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0637a.<\/p><p><a href=\"#_ftnref13\">[11]<\/a> Y. Belaval, \u00ab\u00a0Diderot et l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>\u00a0\u00bb, <em>Revue Internationale de Philosophie<\/em>, 148-149, 1984, p.\u00a0109 (repris dans <em>\u00c9tudes sur Diderot<\/em>, Paris, PUF, 2003, p. 104).<\/p><p><a href=\"#_ftnref14\">[12]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0640.<\/p><p><a href=\"#_ftnref15\">***<\/a> Marie a \u00e9clairci admirablement cette d\u00e9finition dans son livre <em>\u00c9crire l\u2019Encyclop\u00e9die, ouv. <\/em>cit., p.\u00a0283-291.<\/p><p><a href=\"#_ftnref16\">[13]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0639. Voir sur ce sujet les articles fondamentaux de Marie Leca-Tsiomis, \u00ab Langue et grammaire dans l\u2019Encyclop\u00e9die \u00bb, <em>L&rsquo;Encyclop\u00e9die ou la cr\u00e9ation des disciplines<\/em>, M. Groult (\u00e9d.), Paris, CNRS Editions, 2003, p.\u00a0203-214 et \u00ab Dictionnaires, d\u00e9finitions, philosophie \u00bb, <em>Archives de Philosophie<\/em> 78, 2015, p.\u00a0417-432.<\/p><p><a href=\"#_ftnref17\">[14]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0635a.<\/p><p><a href=\"#_ftnref18\">[15]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, <em>Ibid<\/em>.<\/p><p><a href=\"#_ftnref19\">[16]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0638. \u00ab\u00a0C\u2019est presque toujours la derni\u00e8re id\u00e9e importante qu\u2019on rencontre. C\u2019est une pens\u00e9e unique qui se d\u00e9veloppe, qui s\u2019\u00e9tend et se ramifie, en se nourrissant de toutes les autres qui s\u2019en rapprochent comme d\u2019elles-m\u00eames\u00a0\u00bb.<\/p><p><a href=\"#_ftnref20\">[17]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0642a.<\/p><p><a href=\"#_ftnref21\">[18]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, <em>Ibid<\/em>.<\/p><p><a href=\"#_ftnref22\">****<\/a> Marie a ouvert ce champ d\u2019\u00e9tudes. Avec un savoir tr\u00e8s fin mis \u00e0 disposition d\u2019une recherche ardue et passionnante, elle est arriv\u00e9e \u00e0 attribuer \u00e0 Diderot des articles anonymes et anodins qui, lus en continuit\u00e9, finissent par tisser la trame de son naturalisme vitaliste et ath\u00e9e. Par exemple: <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-1272-0\/\">HUMAIN, (<em>Gram<\/em>.)<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2094-0\/\">IMMUABLE, (<em>Gram<\/em>.)<\/a> (que l&rsquo;on peut rapprocher de l&rsquo;article *IMP\u00c9RISSABLE, (Gram.<em>\u00a0&amp; Philosoph<\/em>.)) ; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2460-0\/\">ININTELLIGIBLE, (<em>Gramm<\/em>.)<\/a> ; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2270-0\/\">INCORRUPTIBLE, (<em>Gram<\/em>.)<\/a> ; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2759-0\/\">JORDANUS BRUNUS, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Philosophie de<\/span>, (<em>Hist. de la Philos<\/em>.)<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v11-68-0\/\">NAITRE, (<em>Gram<\/em>.)<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v11-197-0\/\">NATURALISTE<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v11-263-0\/\">N\u00c9ANT, RIEN, ou N\u00c9GATION, (<em>M\u00e9taphys<\/em>.)<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v11-263-0\/\">SYNCR\u00c9TISTES, H\u00c9NOTIQUES, <em>ou<\/em> CONCILIATEURS, (<em>Hist. de la Philos<\/em>.)\u00a0<\/a>; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v15-1548-0\/\">SPINOSISTE, (<em>Gram<\/em>.)<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v15-1563-0\/\">SPIRITUALIT\u00c9, (<em>Gramm<\/em>.)<\/a>\u00a0; et beaucoup d\u2019autres. Voir les articles dans lesquels Marie expose les r\u00e9sultats de ses recherches, en particulier\u00a0: <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/rde\/6810\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab\u00a0L\u2019<em>Encyclop\u00e9die <\/em>et Diderot\u00a0: vers de nouvelles attributions d\u2019articles\u00a0\u00bb,\u00a0<em>RDE <\/em>55, 2020, p.\u00a0119-133<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/rde\/6989\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab\u00a0L\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> et Diderot\u00a0: d\u00e9couvertes\u00a0! \u00bb, <em>RDE<\/em> 56, 2021, p.\u00a05-26<\/a>.<\/p><p><a href=\"#_ftnref23\">[19]<\/a> *<a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v5-1249-0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ENCYCLOP\u00c9DIE<em>, <\/em>(<em>Philosoph.<\/em>)<\/a>, t.\u00a0V, p.\u00a0635 : \u00ab Un vocabulaire universel est un ouvrage dans lequel on se propose de fixer la signification des termes d\u2019une langue, en d\u00e9finissant ceux qui peuvent \u00eatre d\u00e9finis, par une \u00e9num\u00e9ration courte, exacte, claire &amp; pr\u00e9cise, ou des qualit\u00e9s ou des id\u00e9es qu&rsquo;on y attache. Il n\u2019y a de bonnes d\u00e9finitions que celles qui rassemblent les attributs essentiels de la chose d\u00e9sign\u00e9e par le mot \u00bb.<\/p><p><a href=\"#_ftnref24\">*****<\/a> Merci \u00e0 Marie pour avoir confirm\u00e9 l\u2019attribution \u00e0 Diderot de cet article, attribution fondamentale pour toute recherche sur Spinosa au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p><p><a href=\"#_ftnref25\">[20]<\/a> <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v15-1548-0\/\">SPINOSISTE, (<em>Gram<\/em>.)<\/a>, t. XV, p. 474 : \u00ab Le principe g\u00e9n\u00e9ral de ceux-ci [des spinosistes modernes], c\u2019est que la matiere est sensible, ce qu\u2019ils d\u00e9montrent par le d\u00e9veloppement de l\u2019\u0153uf, corps inerte, qui par le seul instrument de la chaleur gradu\u00e9e passe \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00eatre sentant &amp; vivant, &amp; par l\u2019accroissement de tout animal qui dans son principe n\u2019est qu\u2019un point, &amp; qui par l\u2019assimilation nutritive des plantes, en un mot, de toutes les substances qui servent \u00e0 la nutrition, devient un grand corps sentant &amp; vivant dans un grand espace. De-l\u00e0 ils concluent qu\u2019il n\u2019y a que de la mati\u00e8re, &amp; qu\u2019elle suffit pour tout expliquer ; du reste ils suivent l\u2019ancien spinosisme dans toutes ses cons\u00e9quences \u00bb.<\/p><p><a href=\"#_ftnref26\">[21]<\/a> Rien de fortuit dans la nature, \u00e9crit Diderot \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-16\">*FORTUIT, (Gramm.)<\/a>, r\u00e9fl\u00e9chissant sur l\u2019encha\u00eenement des faits naturels que seule l\u2019ignorance peut nier. \u00ab\u00a0Nous disons d\u2019un \u00e9v\u00e9nement qu\u2019il est fortuit, lorsque la cause nous en est inconnue\u00a0\u00bb (t.\u00a0VII, p.\u00a0204). C\u2019est un article de grammaire de quelques lignes, mais c\u2019est un article dense de cette philosophie de la cause que D\u2019Alembert rend explicite \u00e0 l\u2019ouverture de <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v7-167-1\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"font-variant: small-caps;\">Fortuit<\/span>, (<em>M\u00e9taphys<\/em>.)<\/a> publi\u00e9 juste apr\u00e8s les quelques lignes de Diderot. Dans cet article, D\u2019Alembert th\u00e9orise avec force l\u2019id\u00e9e de la connexion n\u00e9cessaire des \u00eatres naturels fond\u00e9e sur la causalit\u00e9. \u00ab\u00a0Tout \u00e9tant li\u00e9 dans la nature, les \u00e9v\u00e9nements d\u00e9pendent les uns des autres\u00a0; la cha\u00eene qui les unit est souvent imperceptible, mais n\u2019en est pas moins r\u00e9elle\u00a0\u00bb (t.\u00a0VII, p.\u00a0204).<\/p><p><a href=\"#_ftnref27\">[22]<\/a> <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2119-0\/\">IMPERCEPTIBLE, (<em>Gramm<\/em>.)<\/a>, t.\u00a0VIII, p.\u00a0589 : \u00ab\u00a0Qui sait o\u00f9 s\u2019arr\u00eate le progr\u00e8s de la nature organis\u00e9e &amp; vivante? Qui sait quelle est l\u2019\u00e9tendue de l\u2019\u00e9chelle selon laquelle l\u2019organisation se simplifie? Qui sait o\u00f9 aboutit le dernier terme de cette simplicit\u00e9, o\u00f9 l\u2019\u00e9tat de nature vivante cesse, &amp; celui de nature brute commence ?\u00a0\u00bb.<\/p><p><a href=\"#_ftnref28\">******<\/a> Merci encore \u00e0 Marie pour l\u2019attribution \u00e0 Diderot de cet article si important pour la d\u00e9finition de sa philosophie.<\/p><p><a href=\"#_ftnref29\">[23]<\/a> <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v11-197-0\/\">NATURALISTE<\/a>, t.\u00a0XI, p.\u00a039.<\/p><p><a href=\"#_ftnref30\">[24]<\/a> Voir, \u00e0 ce propos, le beau livre de Pierre-Fran\u00e7ois Moreau, <em>Spinoza et le spinozisme<\/em>, Paris, PUF, 2019.<\/p><p><a href=\"#_ftnref31\">[25]<\/a> <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v1-3194-0\/\">ASIATIQUES. Philosophie des <em>Asiatiques<\/em> en g\u00e9n\u00e9ral<\/a> : \u00ab Spinosa n\u2019a pas port\u00e9 l\u2019absurdit\u00e9 [des syst\u00e8mes de l\u2019identit\u00e9] si loin ; l\u2019id\u00e9e abstraite qu\u2019il donne du premier principe n\u2019est, \u00e0 proprement parler, que l\u2019id\u00e9e de l\u2019espace, qu\u2019il a rev\u00eatu de mouvement, afin d\u2019y joindre ensuite les autres propri\u00e9t\u00e9s de la mati\u00e8re \u00bb (t.\u00a0I, p.\u00a0754).<\/p><p><a href=\"#_ftnref32\">[26]<\/a> <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v3-708-0\/\">CHINOIS, (<span style=\"font-variant: small-caps;\">Philosophie des<\/span>)<\/a>\u00a0: \u00ab Il faut convenir que ces expressions qui ont rendu l\u2019ouvrage de Spinosa si longtemps inintelligible parmi nous, n\u2019auraient gu\u00e8re arr\u00eat\u00e9 les Chinois il y a six ou sept cents ans : la langue effrayante de notre ath\u00e9e moderne est pr\u00e9cis\u00e9ment celle qu\u2019ils parlaient dans leurs \u00e9coles \u00bb (t.\u00a0III, p.\u00a0346).<\/p><p><a href=\"#_ftnref33\">[27]<\/a> <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-946-0\/\">HOBBISME, <em>ou<\/em> <span style=\"font-variant: small-caps;\">Philosohie d\u2019Hobbes<\/span>, (<em>Hist. de la Philos. anc. &amp; moderne<\/em>.)<\/a>: \u00ab S\u2019il [Hobbes] ne fut pas ath\u00e9e, il faut avouer que son dieu diff\u00e8re peu de celui de Spinosa \u00bb (t.\u00a0VIII, p.\u00a0241).<\/p><p><a href=\"#_ftnref34\">[28]<\/a> <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v8-2759-0\/\">JORDANUS BRUNUS, <span style=\"font-variant: small-caps;\">Philosophie de<\/span>, (<em>Hist. de la Philos<\/em>.)<\/a>\u00a0: \u00ab Si l\u2019on rassemble ce qu\u2019il [Jordan Brun (sic)] a r\u00e9pandu dans ses ouvrages sur la nature de Dieu, il restera peu de chose \u00e0 Spinosa qui lui appartienne en propre. Selon Jordan Brun, l\u2019essence divine est infinie. La volont\u00e9 de Dieu, c\u2019est la n\u00e9cessit\u00e9 m\u00eame. La n\u00e9cessit\u00e9 &amp; la libert\u00e9 ne sont qu\u2019un. Suivre en agissant la n\u00e9cessit\u00e9 de la nature, non-seulement c\u2019est \u00eatre libre, mais ce serait cesser de l\u2019\u00eatre que d\u2019agir autrement. Il est mieux d\u2019\u00eatre que de ne pas \u00eatre, d\u2019agir que de ne pas faire : le monde est donc \u00e9ternel ; il est un ; il n\u2019y a qu\u2019une substance \u00bb (t.\u00a0VIII, p.\u00a0883).<\/p><p><a href=\"#_ftnref35\">[29]<\/a> \u00ab J\u2019avoue \u2013 Diderot fait dire \u00e0 d\u2019Alembert dans le c\u00e9l\u00e8bre <em>R\u00eave de d\u2019Alembert<\/em> \u2013 qu\u2019un \u00catre qui existe quelque part et qui ne correspond \u00e0 aucun point de l\u2019espace\u00a0; un \u00catre qui est in\u00e9tendu et qui occupe de l\u2019\u00e9tendue ; qui est tout entier sous chaque partie de cette \u00e9tendue\u00a0; qui diff\u00e8re essentiellement de la mati\u00e8re et qui lui est uni ; qui la suit et qui la meut sans se mouvoir\u00a0; qui agit sur elle et qui en subit toutes les vicissitudes\u00a0; un \u00eatre dont je n\u2019ai pas la moindre id\u00e9e\u00a0; un \u00catre d\u2019une nature aussi contraddictoire est difficile \u00e0 admettre\u00a0\u00bb (<em>\u0152uvres compl\u00e8tes de Diderot<\/em>, DPV, vol. XVII, Paris, Hermann 1987, p.\u00a089).<\/p><p><a href=\"#_ftnref36\">[30]<\/a> <em>M\u00e9moires in\u00e9dits de l\u2019abb\u00e9 Morellet, [\u2026] par M. L\u00e9montay<\/em>, Paris, Baudouin Fr\u00e8res 1822, t.\u00a0I, p.\u00a0136.<\/p><p><a href=\"#_ftnref37\">[31]<\/a> Diderot, <em>Pens\u00e9es sur l\u2019Interpr\u00e9tation de la nature<\/em>, XI (<em>\u0152uvres compl\u00e8tes de Diderot,<\/em> DPV, vol. III, 1981, p. 35).<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 La connoissance de la langue est le fondement de toutes ces grandes esp\u00e9rances\u00a0; elles resteront incertaines, si la langue [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":885,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"ppma_author":[24],"class_list":["post-884","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"authors":[{"term_id":24,"user_id":18,"is_guest":0,"slug":"maria-franca-spallanzani","display_name":"Maria Franca Spallanzani","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/22849098a26f189919d1771911b6e1bd19a9726937013a99c93848ce45a62929?s=96&d=mm&r=g","first_name":"","last_name":"","user_url":"","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/884","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=884"}],"version-history":[{"count":35,"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/884\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2497,"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/884\/revisions\/2497"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/885"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=884"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=884"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}