{"id":482,"date":"2025-03-03T15:17:30","date_gmt":"2025-03-03T14:17:30","guid":{"rendered":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/?p=482"},"modified":"2025-05-08T02:29:13","modified_gmt":"2025-05-08T00:29:13","slug":"le-dernier-logogriphe-de-dalembert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mots-de-diderot.fr\/?p=482","title":{"rendered":"Le dernier logogriphe de D\u2019Alembert"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"482\" class=\"elementor elementor-482\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-b1d5635 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"b1d5635\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-554e913 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"554e913\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>La veille de sa mort, n\u2019entendant pas parler les personnes qui \u00e9taient dans sa chambre, il s\u2019est plaint de ce silence, et a dit\u00a0: h\u00e9 bien, puisque vous ne voulez pas parler, lisez-moi quelque chose du <em>Mercure<\/em>, et il a devin\u00e9 la charade et le logogriphe. Le sieur Pankouke triomphe de voir que son journal soit le dernier ouvrage qu\u2019ait go\u00fbt\u00e9 le philosophe mourant.<\/p><p>(<em>M\u00e9moires secrets<\/em>, 6 novembre 1783.)<\/p><\/blockquote><p>Cette belle sc\u00e8ne fait \u00e9cho \u00e0 une autre lecture c\u00e9l\u00e8bre du <em>Mercure<\/em>, celle de Rousseau d\u00e9couvrant, sur la route de Vincennes, le sujet du prix propos\u00e9 par l\u2019Acad\u00e9mie de Dijon. L\u00e0, la naissance d\u2019un philosophe\u00a0; ici, la mort d\u2019un autre philosophe. Au-del\u00e0 de cette sym\u00e9trie, les enjeux de l\u2019anecdote n\u2019\u00e9chappent \u00e0 personne\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Ce qui rend l\u2019imp\u00e9nitence finale du secr\u00e9taire de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise tr\u00e8s remarquable, c\u2019est qu\u2019il a conserv\u00e9 sa t\u00eate jusqu\u2019au dernier instant. (<em>loc. cit.<\/em>)<\/p><\/blockquote><p>Mais voici une question qu\u2019on ne s\u2019est pas pos\u00e9e\u00a0: quelle charade\u00a0? quel logogriphe\u00a0? Quels furent exactement les deux objets des derniers efforts d\u2019une des grands esprits du si\u00e8cle\u00a0? \u00c0 quoi a-t-il pens\u00e9 au moment de mourir\u00a0? Quels furent ses <em>ultima verba<\/em>\u00a0? Quel fut son \u00ab\u00a0mehr Licht\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0<em>?<\/em> Avant de r\u00e9pondre \u00e0 cette question, rappelons la place de la charade et du logogryphe dans la culture du si\u00e8cle des Lumi\u00e8res.<\/p><p>Les jeux ont tr\u00e8s t\u00f4t eu leur place dans la presse p\u00e9riodique fran\u00e7aise\u00a0: mots crois\u00e9s, probl\u00e8mes d\u2019\u00e9checs et sudoku avaient alors leurs trois \u00e9quivalents\u00a0: l\u2019\u00e9nigme, le logogryphe et la charade. On trouve des \u00e9nigmes d\u00e8s 1679 dans le <em>Mercure galant<\/em>. Le principe est non seulement de divertir le lecteur mais de le fid\u00e9liser, puisque le \u00ab\u00a0mot\u00a0\u00bb est toujours fourni dans la livraison suivante. L\u2019\u00e9nigme propose une double cons\u00e9cration du lecteur\u00a0: comme auteur\u00a0et comme d\u00e9chiffreur (il envoie alors au journal une explication en vers).<\/p><p>Le logogryphe (ou logogriphe) appara\u00eet un peu plus tard, dans le <em>Mercure galant<\/em> de Dufresny en avril 1713. Contrairement \u00e0 l\u2019\u00e9nigme, qui est aussi vieille que la litt\u00e9rature et qui occupait les salons avant que le <em>Mercure<\/em> ne s\u2019en empar\u00e2t, le logogryphe est un genre \u00e9crit et strictement journalistique. Voyons ce que dit l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p><a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v9-1838-0\/\">LOGOGRIPHE, s. m. (Litt\u00e9r.)<\/a> espece de symbole ou d\u2019\u00e9nigme consistant principalement dans un mot qui en contient plusieurs autres, &amp; qu\u2019on propose \u00e0 deviner, comme, par exemple, dans le mot <em>Rome<\/em> on trouve les mots <em>orme<\/em>, <em>or<\/em>, <em>r\u00e9<\/em>, note de musique, <em>mer<\/em>, voyez Enigme. Ce mot est form\u00e9 de \u03bb\u03bf\u03b3\u03bf\u03c2, <em>discours<\/em>, &amp; de \u03b3\u03c1\u03b9\u03c6\u03bf\u03c2, <em>\u00e9nigme<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire <em>\u00e9nigme sur un mot.<\/em> [\u2026] Il tient le milieu entre le <em>rebus<\/em> &amp; l\u2019\u00e9nigme proprement dite. <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p><\/blockquote><p>L\u2019\u00e9nigme porte sur la chose\u00a0; le logogriphe sur le mot, qu\u2019il d\u00e9compose. Le <em>Dictionnaire de l\u2019Acad\u00e9mie<\/em> avait \u00e9t\u00e9 plus bref et plus s\u00e9v\u00e8re, \u00e0 partir de la troisi\u00e8me \u00e9dition de 1740\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Logogriphe : sorte d\u2019\u00e9nigme qui consiste \u00e0 prendre en diff\u00e9rents sens les diff\u00e9rentes parties d\u2019un mot. Les logogriphes ne valent pas la peine qu\u2019on prend \u00e0 les deviner.<\/p><\/blockquote><p>La charade est plus tardive. On en cherche en vain la d\u00e9finition dans l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. La premi\u00e8re mention du mot en fran\u00e7ais se trouve dans le <em>Dictionnaire de litt\u00e9rature<\/em> de Sabatier de Castres, en 1770\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>On fait une Charade, en donnant un mot \u00e0 deviner de la mani\u00e8re qui suit : On en divise les syllabes ; on dit ce que la premi\u00e8re, la seconde, &amp;c. signifient ; &amp; ensuite on indique \u00e0-peu-pr\u00e8s ce qu\u2019est le tout.<\/p><\/blockquote><p>Le natif de Castres propose une origine occitane\u00a0: \u00ab\u00a0Ce mot vient de l\u2019idiome languedocien [<em>charrado<\/em>], et signifie, dans son origine, un discours propre \u00e0 tuer le temps\u00a0\u00bb..<\/p><p>En 1775, la <em>Correspondance litt\u00e9raire secr\u00e8te<\/em> de Metra donne une d\u00e9finition qui, sans \u00eatre absolument limpide, compl\u00e8te celle de Sabatier\u00a0: \u00ab\u00a0Une charade est une sorte de logogryphe impromptu dont le mot divis\u00e9 doit, sans d\u00e9composition, fournir mati\u00e8re \u00e0 plusieurs petites \u00e9nigmes\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Sans d\u00e9composition\u00a0\u00bb\u00a0: c\u2019est-\u00e0-dire sans anagramme. L\u2019unit\u00e9 de base est la syllabe, pas la lettre. Le principe n\u2019est pas nouveau\u00a0puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une sorte r\u00e9bus avec des mots au lieu de dessins. La charade un genre oral qui s\u2019inscrit dans une tradition comique. Ainsi Louis Fuzelier en 1732 dans une de ses parodies d\u2019op\u00e9ra\u00a0: \u00ab\u00a0Es-tu fat\u00a0? Es-tu veau\u00a0? Es-tu rat\u00a0? Es-tu favorable\u00a0Au sort qui m\u2019accable ?\u00a0\u00bb<\/p><p>Ce que d\u00e9crit Sabatier est une mode toute r\u00e9cente \u00e0 Paris. L\u2019ann\u00e9e 1770 est l\u2019ann\u00e9e de la charade, comme 1757 avait \u00e9t\u00e9 celle des pantins. Le <em>Mercure de France<\/em> d\u2019avril 1770 parle d\u00e9j\u00e0 de \u00ab\u00a0gu\u00e9rir la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019une contagion qui renaissait parmi nous sous le nom de Calembour et de Charade\u00a0\u00bb. Le 15 juillet de la m\u00eame ann\u00e9e, la <em>Correspondance <\/em><em>litt\u00e9raire <\/em>de Grimm propose un \u00ab\u00a0logogryphe en charade\u00a0\u00bb du chevalier de Boufflers, composition passablement obsc\u00e8ne qu\u2019elle rapproche des calembours du marquis de Bi\u00e8vre\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Vous avez, Madame, la premi\u00e8re partie\u00a0; j\u2019ai la seconde.<\/p><p>Si vous n\u2019aviez pas la premi\u00e8re, je n\u2019aurais pas la seconde.<\/p><p>Si vous saviez \u00e0 quel point j\u2019ai la seconde, vous m\u2019accorderiez le tout.<\/p><p>Si vous m\u2019accordiez le tout, vous ne pourriez me refuser la premi\u00e8re partie.<\/p><p>Si j\u2019avais la premi\u00e8re, je ne cesserais d\u2019avoir la seconde, et je n\u2019aurais plus rien \u00e0 d\u00e9sirer.<\/p><\/blockquote><p>La <em>Correspondance<\/em> donne d\u2019autres exemples, souvent apocryphes et antidat\u00e9s. Mais la presse reste silencieuse pendant dix ans, jusqu\u2019\u00e0 une lettre adress\u00e9e au <em>Mercure de France<\/em>, en f\u00e9vrier 1782\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Je viens vous exhorter, non seulement \u00e0 ne point ralentir votre z\u00e8le pour l\u2019honneur du logogryphe et de l\u2019\u00e9nigme, mais de les accompagner de temps en temps d\u2019une esp\u00e8ce de d\u00e9finitions, vulgairement nomm\u00e9es <em>Charades<\/em>, genre d\u2019amusement qu\u2019on a toujours accueilli dans la meilleure compagnie. [\u2026] C\u2019est [au public] de juger si ce genre d\u2019amusement ne m\u00e9rite pas autant qu\u2019un autre de trouver place dans un journal tel que le v\u00f4tre. Sign\u00e9, le comte de P***.<\/p><\/blockquote><p>\u00c0 partir du 25 janvier 1783, sans supplanter le logogryphe, la charade devient une rubrique r\u00e9guli\u00e8re dans le <em>Mercure<\/em>\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Mon premier est une voyelle,<\/p><p>Mon second prouve la douleur,<\/p><p>Et mon tout d\u00e9chire le c\u0153ur<\/p><p>D\u2019un v\u00e9ritable amant \u00e9loign\u00e9 de sa belle<\/p><p>(Par M. de Ch\u00e2teaugiron, capitaine au r\u00e9giment de Normandie)<\/p><\/blockquote><p>Toujours en 1783, Louis-S\u00e9bastien Mercier \u00e9voque cette nouvelle mode\u00a0: \u00ab\u00a0La charade occupe les esprits de la capitale. On n\u2019entend plus que mon premier, mon second et mon tout. Les femmes prononcent ce nom tout avec une gr\u00e2ce particuli\u00e8re\u00a0\u00bb (<em>Tableau de Paris<\/em>, vol. VI, chap.\u00a0525 \u00ab\u00a0Charades\u00a0\u00bb)<\/p><p>Revenons \u00e0 l\u2019ultime charade de D\u2019Alembert. Le math\u00e9maticien \u00e9tant mort le 29 octobre 1783, le dernier <em>Mercure<\/em> (alors hebdomadaire) qu\u2019il a lui a lu est donc celui du 25 octobre. La banalit\u00e9 de la charade de \u00ab\u00a0M. Juhel, \u00e0 Mayenne\u00a0\u00bb\u00a0n\u2019a pas d\u00fb l\u2019\u00e9gayer\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Plus d\u2019un n\u00e9gociant en faisant mon premier,<\/p><p>Pour aller \u00e0 mon tout se trace mon dernier<\/p><\/blockquote><p>Mais le logogryphe, propos\u00e9 par \u00ab\u00a0Mlle Bri\u2026 l\u2019a\u00een\u00e9e, de Saint Dizier\u00a0\u00bb, l\u2019aura r\u00e9confort\u00e9\u00a0:<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>L O G O G R Y P H E.<\/p><p>J\u2019ai plus d\u2019un p\u00e8re \u00e0 qui je dois mon existence,<\/p><p>Et j\u2019ai pour m\u00e8re la Science\u00a0;<\/p><p>J\u2019embrasse tout par mon savoir.<\/p><p>Qui me conna\u00eet sait quel est mon pouvoir\u00a0;<\/p><p>Plus d\u2019un Savant me ch\u00e9rit, me caresse\u00a0;<\/p><p>Je charme son ennui, je calme sa tristesse\u00a0;<\/p><p>Et sur mon tout si l\u2019on jette un coup d\u2019\u0153il,<\/p><p>On admire mon noble orgueil.<\/p><p>Sur trois fois quatre pi\u00e9s j\u2019avance, je recule\u2026<\/p><p>On trouve aussit\u00f4t dans mon sein<\/p><p>Un descendant de l\u2019invincible Hercule\u00a0;<\/p><p>La demeure du Sage, o\u00f9 son heureux destin<\/p><p>Le conduit dans une autre vie\u00a0;<\/p><p>Une Nymphe qui fut ch\u00e9rie<\/p><p>Du plus puissant de tous les Dieux\u00a0;<\/p><p>Un ornement \u00e0 de beaux yeux\u00a0;<\/p><p>Un point principal de la terre\u00a0;<\/p><p>Ce H\u00e9ros, ce fils vertueux,<\/p><p>Qui sur son dos porta son p\u00e8re\u00a0;<\/p><p>Un compagnon du forgeron Vulcain\u00a0;<\/p><p>Un membre utile au genre humain\u00a0;<\/p><p>Trois fleuves\u00a0; une montagne aux Muses consacr\u00e9es\u00a0;<\/p><p>Deux volatils, dont l\u2019un est femelle rus\u00e9e\u00a0;<\/p><p>Un arbre, trois Cit\u00e9s\u00a0; bref une docte s\u0153ur.<\/p><p>Peut-\u00eatre sous tes yeux suis-je, mon cher Lecteur.<\/p><\/blockquote><p>La r\u00e9ponse est dans le num\u00e9ro suivant, celui du samedi 1<sup>er<\/sup> novembre, paru alors que D\u2019Alembert reposait d\u00e9j\u00e0 au cimeti\u00e8re des Porcherons.<\/p><blockquote style=\"font-style: normal; font-size: 16px;\"><p>Le mot de la Charade est <em>Banqueroute\u00a0<\/em>; celui du Logogryphe est <em>Encyclop\u00e9die<\/em>, o\u00f9 l\u2019on trouve <em>\u0152dipe<\/em>, <em>Ciel<\/em>, <em>Io<\/em>, <em>cil<\/em>, <em>Pole<\/em>, <em>\u00c9n\u00e9e<\/em>, <em>Cyclope<\/em>, <em>pied<\/em>, <em>Pen\u00e9e<\/em>, <em>P\u00f4<\/em>, <em>Nil<\/em>, <em>Pinde<\/em>, <em>pic<\/em>, <em>Pie<\/em>, <em>pin<\/em>, <em>Lyon<\/em>, <em>Di\u00e8pe<\/em>, <em>D\u00f4le<\/em>, <em>Clio.<\/em><\/p><\/blockquote><p>\u00ab\u00a0Encyclop\u00e9die\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0: tel a donc, nous l\u2019esp\u00e9rons, \u00e9t\u00e9 la derni\u00e8re exclamation de D\u2019Alembert.<\/p><p>Jean-Fran\u00e7ois Lyotard, dans <em>Discours, Figure<\/em>, dit \u00e0 propos de la mode du r\u00e9bus au xix<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qu\u2019elle \u00ab\u00a0correspondait, dans le grand public, aux recherches de Mallarm\u00e9, Freud ou C\u00e9zanne pour l\u2019avant-garde\u00a0: ici et l\u00e0 jeux de d\u00e9construction des espaces linguistiques et plastique\u00a0; \u00e9branlement des ordres institu\u00e9s dans les uns ou les autres, des \u00e9critures\u00a0\u00bb. Sans faire de la charade et du logogryphe une avant-garde po\u00e9tique, on peut voir dans la fr\u00e9n\u00e9sie du jeu de mot une mise en cause des r\u00e8gles des salons philosophiques. Contestation tr\u00e8s diff\u00e9rente du refus rousseauiste de la sociabilit\u00e9 salonni\u00e8re, puisqu\u2019il s\u2019agit au contraire d\u2019exacerber la nature de ces salons\u00a0: la pseudo-spontan\u00e9it\u00e9, la virtuosit\u00e9 du langage, l\u2019esprit de repartie, la frivolit\u00e9. On peut faire l\u2019hypoth\u00e8se que les jeux du <em>Mercure<\/em> construisent un espace qui est \u00e0 la fois une imitation et une d\u00e9gradation du salon mondain. Un salon \u00e0 port\u00e9e d\u2019un abonnement.<\/p><p>Ce statut social et intellectuel ambigu de la charade et du logogryphe enrichit les derniers moments du \u00ab\u00a0philosophe mourant\u00a0\u00bb, qui d\u00e9\u00e7oit non seulement les attentes de l\u2019\u00c9glise, mais aussi celles de ses silencieux amis qu\u2019animait un peu trop l\u2019esprit de s\u00e9rieux.<\/p><p>(Solution des charades\u00a0: compassion, alarme, banqueroute)<\/p><h5>NOTES<\/h5><p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Pour une \u00e9tude plus compl\u00e8te de cet article issu de la cinqui\u00e8me \u00e9dition de la <em>Cyclop\u00e6dia<\/em> de Chambers, dont il n\u2019est pas exclu que Diderot ait \u00ab\u00a0lui-m\u00eame retravaill\u00e9 le texte fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, voir le <a href=\"https:\/\/enccre.academie-sciences.fr\/encyclopedie\/article\/v9-1838-0\/\">\u00ab\u00a0Dossier critique\u00a0\u00bb \u00e9tabli par Timoth\u00e9e L\u00e9chot pour <em>ENCCRE<\/em><\/a>.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La veille de sa mort, n\u2019entendant pas parler les personnes qui \u00e9taient dans sa chambre, il s\u2019est plaint de ce 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